LOGINChloé
Le lendemain, Matthias insiste pour qu'on se revoit. "Pour discuter de la fondation", dit-il. Mais dans sa voix, j'entends autre chose. Du désir. De l'impatience. De la faim.
Raphaël est invité aussi. Nous devons dîner tous les trois. Chez Matthias. Pour "faire semblant d'être une famille", dit-il encore.
Je sais que c'est un prétexte. Je sais que c'est dangereux. Mais j'y vais quand même
Je soupire. Je regarde Raphaël. Ses yeux clairs, pleins d'espoir, brillants comme un ciel d'été. Je regarde Matthias. Sa douleur à peine cachée derrière le masque de contrôle. Sa peur de perdre. Sa jalousie qu'il tente désespérément de contenir.--- Je choisis Raphaël.Les mots tombent dans le silence comme des pierres dans l'eau.Matthias blêmit. Son visage perd toute couleur. Raphaël sourit, mais avec retenue, comme s'il n'osait pas y croire.--- Pour l'instant, je précise très vite. Pour la colocation forcée. Pour le travail. Pour voir. Rien n'est décidé. Rien n'est joué. Je ne choisis pas un mari, je choisis un toit. Mais pour vivre au quotidien, pour être proche de la fondation, pour pouvoir travailler sereinement sans perdre deux heures par jour dans les transports... c'est plus logique.Matthias hoc
Les verres se vident. Je ressers. La bouteille descend. On s'en fout.--- On peut pas la partager, dit Raphaël.--- Je sais.--- Mais on peut pas la perdre non plus.--- Je sais pas.Il se lève brusquement. Il pose son verre d'un geste un peu trop brusque. Le liquide tressaute, manque de déborder. Sa veste est sur le dossier du canapé. Il l'enfile machinalement, les gestes saccadés.--- Je vais rentrer.--- Reste.Il s'arrête. Se retourne. Me regarde.--- Il est tard. Les transports sont finis. Il est plus de deux heures du matin. Et on a encore des choses à se dire, je crois. Des choses importantes.Il hésite. Je vois le combat dans ses yeux. La méfiance d'une vie, l'habitude de me considérer comme l'ennemi, le rival, celui qui a tout eu pendant que lui n'avait rien. Mais derrière cette méfiance, je vois autre chose. De la curiosit&e
Elle se pose sur l'épaule de Raphaël.La chaleur de sa peau à travers le tissu fin de sa chemise. La douceur du coton. La fermeté du muscle en dessous. Et immédiatement, sa main qui monte pour soutenir mon poignet, par réflexe, par tendresse, par amour. Ses doigts autour de mon poignet, doux, protecteurs.En même temps, mon autre main, dans mon déséquilibre, frôle la cuisse de Matthias.Juste un effleurement. À peine une seconde. Mais je sens la chaleur à travers le tissu du pantalon. La puissance du muscle en dessous. Le frémissement imperceptible de sa peau sous mes doigts. L'électricité qui jaillit de ce simple contact, comme si tout le désir refoulé de dix ans passait par ce point de contact minuscule.Deux contacts. Deux électricités différentes. Raphaël, doux, soutenant, protecteur. Matthias, brûlant, &ea
ChloéMinuit passé. Les aiguilles de l'horloge murale tournent lentement, comme si le tempslui-même hésitait à avancer. Dehors, Paris scintille de mille feux, indifférent à ce qui se joue dans ce penthouse du seizième arrondissement. Indifférent à nos vies qui basculent.Nous sommes chez Matthias, dans son salon aux lignes épurées, et l'atmosphère est si chargée d'électricité que je sens presque des étincelles sur ma peau. Chaque regard, chaque silence, chaque respiration pèse des tonnes.Matthias est dans son fauteuil en cuir noir, jambes croisées, verre de whisky à la main. La lumière tamisée dessine des ombres sur son visage, accentue ses traits, sa mâchoire carrée, ses pommettes hautes. Il est l'image même du contrôle, du pouvoir, de la maîtrise. Mais ses doigts t
ChloéLe lendemain matin, mon téléphone sonne à huit heures. Maître Delcourt. Sa voix est grave, pressée.--- Mademoiselle Chloé, pouvez-vous venir à mon étude ce matin ? Ainsi que Matthias et Raphaël. J'ai une découverte importante à vous communiquer. Une clause du testament que j'avais oubliée.Mon sang se glace.--- Quoi ? Quelle clause ?--- Je préfère vous le dire à tous les trois ensemble. Soyez là à dix heures.Il raccroche. Je regarde Matthias et Raphaël, endormis de chaque côté de moi. Leurs visages paisibles, leurs corps nus sous les draps. La beauté de ce moment contraste avec l'angoisse qui monte.Je les réveille doucement. Je leur dis. Leurs visages se ferment.--- On y va, dit Matthias.Nous arrivons chez Maî
Je prends une douche. Je me change. Une robe simple, noire, qui tombe juste au-dessus du genou. Pas de bijoux, pas de maquillage excessif. Juste moi. Ils méritent la vérité, pas un masque.Je prends ma voiture. Je roule vers le penthouse de Matthias. La nuit tombe sur Paris, les lumières s'allument, la ville devient magique. Je n'y prête pas attention. Je pense à eux. À ce qui m'attend.Devant l'immeuble, je respire un grand coup. Je sonne. La porte s'ouvre.L'ascenseur monte. Les portes s'ouvrent sur le hall. Matthias est là, debout, immobile. Raphaël est derrière lui, dans le salon. Ils m'attendaient.--- Entre, dit Matthias.J'avance. Mes talons claquent sur le marbre. Je traverse le hall, j'entre dans le salon. Raphaël est près de la fenêtre. Il me regarde avec ses yeux clairs, si doux, si tristes.--- Assieds-toi, dit Matthias.Je m
ReineL’aube point, lente et inexorable, striant l’obscurité de lames gris perle. Elle ne chasse rien. Elle éclaire. Elle révèle.Chaque détail de la chambre émerge du noir : le contour de l’armoire, le reflet pâle sur le miroir, la courbe de l’épaule de Richard contre moi. Son bras est toujours lo
DAMONVingt-sept heures de silence.Le nombre tourne dans ma tête, une horloge interne détraquée. Vingt-sept heures où la machinerie parfaite de mon existence grince, imperceptiblement. Je bois le thé vert de Sophie , celui qui coûte trente euros les cent grammes , en imaginant le goût amer du café
Damon Je n’attends pas. Je saisis le col de son débardeur noir et je tire. Le tissu se déchire. Ses seins sont à nu, lourds, pâles. Ses tétons sont durs sous mes paumes. Elle n’a pas le temps de protester. Ses mains sont déjà sur ma chemise, les boutons explosent. Sa bouche s’écrase sur mon torse,
Écoute, il faut bien que quelqu'un assume. Le monde est plein de gens ternes, et puis il y a moi, Damon. La nature m'a fait une faveur si évidente que ce serait presque un crime de ne pas la partager. J'ai actuellement cinq muses , bon, d'accord, cinq copines et franchement, c'est un service que je







