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Chapitre 5 : Le Piège Doré

Author: Déesse
last update Last Updated: 2025-12-02 21:20:59

Reine

Quelque chose a changé. Quelque chose de profond, de déstabilisant. Gabriel ne me regarde plus avec cette haine glacée qui me transperçait. Son mépris a fondu, laissant place à autre chose, une attention brûlante, presque insoutenable. Il ne me lance plus de piques, mais des regards qui me déshabillent lentement, posément. Il ne me provoque plus, il m’encercle.

Et le pire, c’est que mon corps, mon âme traîtresse, répond à ce changement. Là où je devrais me sentir en danger, je me sens… vivante. Electrifiée.

Ce matin, alors que je descendais l’escalier, il était en bas, m’attendant. Il ne m’a rien dit. Il a juste tendu la main, paume ouverte, pour me donner la clé USB que j’avais laissée sur la table du salon la veille. Un simple geste. Mais nos doigts se sont effleurés, et l’étincelle a été si violente que j’ai cru qu’il devait l’entendre crépiter dans l’air.

— Merci, ai-je murmuré, la voix étranglée.

— Je fais attention à toi, maintenant, a-t-il répondu, sa voix un velours rugueux qui m’a parcourue comme une onde de choc.

Pourquoi ? La question tourne en boucle dans ma tête, obsédante. Pourquoi ce revirement ? Est-ce une nouvelle stratégie pour me déstabiliser ? Un jeu pervers pour mieux me briser ? Ou… est-ce que c’est réel ? Est-ce que cette attraction que je sens grandir entre nous, ce champ magnétique impossible à ignorer, est mutuelle ?

La culpabilité me ronge. Richard est si heureux. Il pose sur nous son regard bienveillant, son sourire satisfait.

— Je suis content de vous voir si bien vous entendre, enfin, a-t-il dit hier soir, en nous observant, Gabriel et moi, alors que nous débarrassions la table dans un silence lourd de non-dits.

Ses mots m’ont transpercée comme une lame. Si seulement il savait. Si seulement il pouvait voir le chaos qui règne en moi. Son fils n’est plus mon ennemi. Il est devenu une tentation. Une tentation à laquelle je pense en me réveillant, dont je rêve la nuit, et dont je surprends le parfum dans la maison même quand il n’est pas là.

Ce soir, Richard a organisé un dîner en ville. Une soirée pour « ses deux êtres les plus chers », a-t-il dit. Le restaurant est chic, l’ambiance feutrée. Je suis assise en face de Gabriel. Il porte une chemise sombre qui accentue la pâleur de sa peau et l’intensité de son regard. Il ne me quitte pas des yeux. Même quand il parle à son père, son attention est ancrée sur moi, pesante, enveloppante.

Sous la table, j’ai l’impression folle que l’espace entre nous est chargé d’électricité statique. Je croise son pied par accident. Au lieu de le retirer, il laisse le contact se prolonger, une pression chaude et ferme contre ma cheville. Je sursaute, ma fourchette tombant avec un bruit cristallin sur mon assiette.

— Tout va bien, ma chérie ? s’enquiert Richard, inquiet.

— Oui, oui, je… la fourchette a glissé.

Je lève les yeux. Gabriel me regarde, un sourire imperceptible aux lèvres. Il sait. Il sait que ce simple contact m’a réduite à l’état de nerfs à vif. C’est un jeu pour lui. Un jeu cruel. Alors pourquoi mon cœur bat-il à tout rompre ? Pourquoi mon sang chante-t-il dans mes veines ?

Plus tard, je me réfugie aux toilettes, les mains tremblantes. Je m’accroche au lavabo, essayant de retrouver mon souffle. La femme dans le miroir a les joues roses, les yeux brillants d’une fièvre coupable. Elle n’a pas l’air d’une épouse épanouie. Elle a l’air d’une amante en attente.

— Qu’est-ce que tu fais, Reine ? je me murmure à moi-même. Il se joue de toi. C’est une manipulation. Une vengeance.

Mais une petite voix, têtue et sombre, me chuchote autre chose. Et s’il était sincère ? Et si cette tension entre nous était trop forte, même pour lui ? Et si, contre toute attente, ce qui naissait n’était pas de la haine, mais du désir ? Un désir pur, sauvage, et interdit.

Quand je sors, il m’attend dans le couloir sombre, adossé au mur, les bras croisés. Il a quitté la table, lui aussi. Nous sommes seuls.

— Tu fuis encore, constate-t-il, répétant ses mots comme une litanie.

— Laisse-moi tranquille, Gabriel.

Ma voix manque de conviction. Elle est une prière, une supplique.

— Je ne peux pas.

Il se pousse du mur et s’approche, réduisant l’espace entre nous à rien. Je suis coincée entre lui et la porte des toilettes. Je sens la chaleur de son corps, son parfum envoûtant.

— Pourquoi ? Pourquoi tu fais ça ? je souffle, le regard plongé dans le sien, cherchant une réponse, une preuve de sa duplicité.

Il lève une main et effleure ma joue du bout des doigts. C’est un contact dévastateur. Un contact qui promet tout et menace tout.

— Tu le sais pourquoi, Reine. Tu le sens, tout comme moi.

Sa voix est un murmure rauque, confidentiel. Ses yeux parcourent mon visage, puis se posent sur mes lèvres. Le monde se réduit à ce couloir, à son souffle sur ma peau, à l’attraction irrésistible qui nous aspire l’un vers l’autre.

— Nous ne pouvons pas, je tente de protester, mais c’est un dernier baroud d’honneur.

— Nous le pouvons, et nous allons le faire. C’est déjà commencé.

Il se penche, ses lèvres si près des miennes que je peux presque les sentir. Je devrais le repousser. Crier. Fuir. Mais je suis pétrifiée, paralysée par un désir si puissant qu’il balaye toute morale, toute raison. Je suis sur le point de céder. De fermer les yeux et de me laisser emporter par le courant.

Le bruit d’une porte qui s’ouvre plus loin dans le couloir nous sépare brusquement. Il recule d’un pas, son regard toujours braqué sur moi, brillant d’un triomphe sombre.

— À bientôt, Reine, murmure-t-il avant de tourner les talons et de disparaître dans l’obscurité.

Je reste là, tremblante, le cœur battant à tout rompre, la joue encore brûlante de son toucher. Je suis perdue. Et la partie la plus terrifiante, c’est que je ne suis plus sûre de vouloir être sauvée. Richard nous voit si bien nous entendre. Si seulement il savait que cette entente naissante est le prélude de la plus grande des trahisons.

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