LOGINMaëlys Le crépuscule tombe sur Val-Sang comme un manteau de velours pourpre, et avec lui s'éveille une agitation que je n'ai jamais vue dans les couloirs du château. Depuis l'aube, les serviteurs s'affairent dans un silence fébrile, portant des candélabres d'argent chargés de bougies noires, des guirlandes de roses séchées, des tentures de soie écarlate. Les escaliers de pierre résonnent de pas pressés, de murmures étouffés, d'ordres donnés à voix basse. Le grand hall, que j'ai toujours connu sombre et silencieux comme une cathédrale abandonnée, se transforme peu à peu en un palais de fête. Et moi, je suis pétrifiée dans la chambre, assise au bord du lit, les mains crispées sur mes genoux. Les servantes sont venues me chercher il y a une heure. Elles m'ont baignée dans une eau parfumée aux pétales de rose noire et aux essences de myrrhe, m'ont massée avec des huiles tièdes qui sentent le santal et la vanille, ont natté mes cheveux en une
Il s'assoit sur le bord du lit, à quelques centimètres de ma hanche, le matelas s'enfonçant sous son poids. Ses doigts se posent sur ma cheville, glacés, légers, et remontent lentement le long de mon mollet. Ils suivent la courbe de mon genou, la ligne de ma cuisse, avec une lenteur insoutenable. Le geste est paresseux, presque distrait, mais chaque millimètre de peau qu'il touche s'embrase, chaque cellule qu'il effleure s'éveille. — Alors je vais vous montrer ce que vous perdriez en me quittant. Sa main descend de ma cuisse, remonte sur mon ventre, contourne mon nombril en cercles concentriques qui s'élargissent et se resserrent. Elle s'arrête juste sous mes seins, ses doigts écartés sur mes côtes. Ils tracent des motifs complexes sur ma peau, des spirales et des entrelacs, sans jamais toucher les tétons qui pointent douloureusement vers lui, qui semblent le supplier en silence. — Regardez-moi, Maëlys. Regardez-moi dans les yeux.
Maëlys Je ne sais pas ce qui m'a pris. Peut-être un sursaut de fierté, un reste de cette Maëlys sauvage qui a survécu seule dans les bois, qui a défié les garçons et les anciens, qui a craché à la face des prêtres. Peut-être la peur de ce que je deviens entre ses mains, l'ombre de moi-même, une créature de désir qui ne pense plus qu'à ses caresses et à ses baisers, qui attend ses leçons avec impatience, qui s'endort en espérant sentir ses lèvres sur sa gorge. Peut-être simplement l'instinct de survie, celui qui hurle qu'un piège reste un piège, aussi doré soit-il, aussi confortable soit-il, aussi délicieux soit-il. Toujours est-il que ce soir-là, après ma leçon, au lieu de regagner ma chambre comme d'habitude, je me suis enfoncée dans les profondeurs de Val-Sang. Les souterrains sont un labyrinthe de galeries taillées dans la roche vive, des tunnels étroits et sinueux qui s'enfoncent dans les entrailles de la montagne comme les
Sa main arrive au niveau de ma hanche, et ses doigts se glissent sous le tissu de la robe, caressant la peau nue au-dessus de mes sous-vêtements en dentelle. La sensation est électrique , le contraste entre la chaleur de ma peau et la froideur de ses doigts, la légèreté de son toucher, la promesse implicite dans chaque effleurement.— Excellent. Vous apprenez vite. Ensuite, le Marquis de Ténèbres. Trois cents à cinq cents ans. Il siège au conseil du Prince, commande des légions de vampires inférieurs, et peut manipuler l'obscurité comme une arme , la solidifier en lames, la déployer en ailes, l'épaissir en armure. Répétez.— Marquis... de Ténèbres.Ma voix vacille sur la fin, car ses doigts ont trouvé le bord de ma culotte en dentelle et tracent des motifs sur la peau sensible juste au-dessus du tissu. Des cercles, des spirales, des lignes qui descendent sans jamais franchir la barrière du tissu, qui promettent sans jamais donner. Mon bassin remue imp
MaëlysLes jours qui suivent la première morsure sont une lente descente aux enfers. Un enfer délicieux, somptueux, parfumé à l'encens et à la soie, mais un enfer tout de même. Car chaque instant passé en présence de Draven est une torture exquise, et chaque instant passé loin de lui est pire encore.Le Lien s'est renforcé depuis qu'il a goûté mon sang. Je le sens maintenant comme une corde invisible tendue entre nos deux poitrines, une connexion qui vibre à chaque battement de mon cœur, à chaque silence du sien. Je sais où il est dans le château sans avoir besoin de le voir , dans la salle d'armes avec ses gardes, dans la bibliothèque à étudier des grimoires, sur les remparts à contempler la lune. Je sens ses humeurs comme des variations de température sur ma peau : sa colère est un froid polaire qui me glace jusqu'aux os, son amusement une brise tiède qui fait frissonner ma nuque, son désir une vague de chaleur qui pulse au creux de mon ventre et me cou
Je tente de me lever, mais sa main sur ma hanche me maintient fermement en place, un étau de marbre qui ne se serre pas mais qui ne cède pas non plus. Son autre main remonte de ma gorge à ma mâchoire, bascule ma tête sur le côté, exposant la courbe de mon cou dans toute sa vulnérabilité.— Non. Non, Draven. Vous aviez dit que vous ne me prendriez rien sans mon consentement.— Et je tiendrai parole. Je ne vous prendrai pas votre sang. Je vous demande de me l'offrir.— C'est la même chose.— Non. C'est très différent. L'un est un viol, un vol, une violence. L'autre est un don, une offrande, un acte de confiance. Et je veux que vous me donniez cette première fois, Maëlys. Je veux que vous me regardiez dans les yeux et que vous me disiez oui.Je devrais dire non. Je devrais me débattre, le repousser, hurler que je refuse, appeler les gardes même si je sais qu'ils ne m'aideraient pas contre leur Prince. Mais son regard noir plonge dans le
ColeJe n'ai jamais rien entendu d'aussi atroce que le bruit de ses os qui se brisent sous les crocs de Rylan. Le craquement sinistre de ses côtes qui cèdent, le déchirement humide de sa chair qui se fend, le jaillissement de son sang qui éclabousse la neige. Et par-dessus tout
Et c'est là que je lève les yeux vers Maddox. Et que je vois dans ses yeux gris , ces yeux que j'ai appris à connaître, à respecter, à aimer , la même douleur que la mienne. Le même amour. Le même désespoir. Et dans c
Nos mâchoires se referment en même temps. Mes crocs percent la peau délicate de sa gorge, s'enfoncent dans les chairs tendres, trouvent la veine jugulaire. Ceux de Cole s'enfoncent dans sa nuque, percent les muscles et les tendons, atteignent la colonne vertébrale.
Je cours vers elle, mes bottes glissant dans la neige ensanglantée, mon cœur battant à tout rompre dans ma poitrine. Je m'effondre à genoux près de son corps, et je prends son visage glacé entre mes mains tremblantes.Maddox est déjà là. Il a rampé jusqu'à elle malgré sa blessure à







