LOGINRésumé
Tous les cent ans, sous la lune écarlate, les humains offrent un sacrifice à l'Ordre des Sang-Dragons , une jeune femme pure, destinée à apaiser la soif du Prince vampire qui règne sur les terres de Val-Sang. Cette fois, c'est moi. Maëlys. Abandonnée par mon village, livrée pieds et poings liés sur l'autel de pierre, j'attends la mort avec pour seule armure ma haine et ma peur.MaisIl porte son propre poignet à sa bouche et mord. Deux points écarlates perlent sur sa peau de marbre, et il me tend son bras avec une expression solennelle. — Bois, Maëlys. Accepte mon essence comme j'ai accepté la tienne. Partage mon passé, mes douleurs, mes joies. Deviens une partie de moi comme je suis devenu une partie de toi. J'hésite une fraction de seconde. Boire du sang humain , du sang de vampire , c'est franchir une ligne définitive. C'est m'engager plus loin encore dans ce monde de ténèbres et de lumière. Mais en suis-je encore à une ligne près ? Je prends son poignet entre mes mains et je pose mes lèvres sur les deux points de ponction. Le goût est... indescriptible. Puissant, riche, complexe, comme un vin millésimé distillé à partir d'étoiles et de ténèbres. Le sang de Draven coule sur ma langue, et avec lui vient un torrent d'images, de sensations, de souvenirs qui ne sont pas les miens. J
Puis il commence à bouger. Chaque coup de reins est une déclaration de possession, un acte de revendication, une promesse d'éternité. Son rythme est lent d'abord, profond, puissant, comme s'il voulait graver chaque seconde dans sa mémoire. Puis il accélère, emporté par une frénésie qui n'obéit plus qu'à l'instinct, et je m'accroche à lui comme à une bouée dans la tempête. Mes jambes s'enroulent autour de sa taille. Mes bras se nouent autour de son cou. Mes ongles labourent son dos de marbre. Et ma bouche s'ouvre sur des gémissements que je ne retiens plus, des cris que je ne contrôle plus, des supplications qui montent vers le ciel écarlate. — Draven... Oh, Dieux... Draven... — Regarde-moi. J'ouvre les yeux et je plonge dans les siens. Le rouge de ses prunelles est incandescent, deux soleils pourpres dans la nuit noire, et je me noie dedans. Il sourit , un sourire dan
Maëlys Quatre nuits ont passé depuis la découverte de la chambre secrète. Quatre nuits à étudier le grimoire, à déchiffrer les fresques, à écouter Draven m'expliquer les implications de la prophétie. Quatre nuits à sentir le poids du choix qui m'attend, inéluctable comme le couperet d'une guillotine suspendu au-dessus de ma tête. Et ce soir, la lune de sang se lève à nouveau. Je la vois par la fenêtre de la chambre, énorme et écarlate à l'horizon, comme un œil vengeur qui fixe la terre. La même lune que celle de mon sacrifice. La même qui éclairait la clairière où j'ai vu Draven pour la première fois. Mais ce soir, elle ne m'évoque plus la peur ou la mort. Elle m'évoque autre chose. Quelque chose de plus sombre, de plus primal, de plus brûlant. Draven est différent sous la lune de sang. Je l'ai remarqué les jours précédents, à mesure que l'astre montait dans le ciel et se teintait d'écarlate. Ses yeu
La bibliothèque est vide, baignée d'une pénombre poussiéreuse. Les grandes fenêtres en ogive sont voilées par des tentures de velours noir, et seuls quelques rais de lumière grise se faufilent entre les plis du tissu pour éclairer les rayonnages chargés de livres. L'odeur du vieux papier et du cuir emplit l'air, mêlée à celle de la cire et de l'encens. C'est ici que Draven m'a enseigné l'histoire de son peuple, assise sur ses genoux, ses doigts traçant des motifs distraits sur ma cuisse. C'est ici que j'ai appris à connaître l'homme derrière le monstre. Et c'est ici, si Séréna dit vrai, que se cache le secret qu'il ne veut pas me révéler. Troisième étagère, quatrième rangée. Je compte les bibliothèques en partant de la porte, mes doigts effleurant les dos de cuir usés. La troisième étagère est plus petite que les autres, coincée entre deux colonnes de pierre, ses livres couverts de poussière comme si personne ne les avait touchés depuis des siècle
Sa main se lève, et je vois ses ongles s'allonger, se transformer en griffes acérées qui brillent d'un éclat métallique. Mon cœur s'emballe, mais je ne recule pas. J'ai appris une chose depuis que je suis à Val-Sang : face aux prédateurs, il ne faut jamais montrer sa peur. — Vous n'oserez pas, dis-je en soutenant son regard. Pas ici. Pas ce soir. Draven vous a entendue. Toute la cour vous a entendue. Si vous me faites du mal, il vous tuera. — Il a dit qu'il tuerait quiconque lèverait la main sur vous. Il n'a pas parlé des griffes. Sa main s'abat vers mon visage, et je ferme les yeux en me préparant à la douleur. Mais elle ne vient pas. Quand je rouvre les yeux, Draven est là, entre Séréna et moi, sa main serrée autour du poignet de la Duchesse comme un étau de marbre. Ses yeux noirs brûlent d'une fureur rouge qui transforme son visage en masque démoniaque, et l'air autour de lui vibre d'une puissance qui fait trembler les pierres de
Et puis Draven s'arrête au centre de la piste, sous le plus grand des chandeliers flottants, et me bascule en arrière dans ses bras. Ma tête renverse en arrière, ma gorge exposée, mes seins pointant vers la voûte sombre. Et sous les yeux de toute la cour, il se penche et m'embrasse. Ce n'est pas un baiser de salon. Ce n'est pas un baiser chaste ou discret ou protocolaire. C'est un baiser profond, possessif, dévastateur, sa langue glacée qui force mes lèvres, qui caresse la mienne, qui me boit comme si j'étais la source de toute vie. Sa main sur ma taille me plaque contre lui, ses doigts s'enfoncent dans ma chair, et je gémis dans sa bouche sans pouvoir m'en empêcher. La valse continue autour de nous, les couples tourbillonnent, mais plus personne ne regarde la musique. Tous les yeux sont fixés sur nous, sur ce baiser qui dure et qui dit tout ce que les mots ne peuvent pas exprimer. Je suis à lui. Il est à moi. Et le monde entier peut bien s'effond
ColeElle s'exécute sans un mot, les jambes flageolantes, et s'agenouille sur la fourrure devant la cheminée. Je m'agenouille derrière elle, mes genoux de chaque côté de ses hanches, mon torse pressé contre son dos nu. Ma bouche descend sur sa nuque, y dépose une traînée de baisers brûlants, et je
Cole Elle secoue la tête, les joues écarlates, les yeux brillants d'une colère mêlée d'humiliation.— Non. Non, c'est... c'est humiliant. Vous ne pouvez pas me faire ça. Vous n'avez pas le droit de me transformer en spectacle, en chose qu'on exhibe.— Nous ne te transformons en rien, intervient Ma
ColeL'aube est à peine levée, une lueur grise et sale qui filtre à travers les carreaux crasseux de la cabane, et je sais déjà que c'est aujourd'hui. Je le sais dans chaque fibre de mon corps, dans chaque battement de mon cœur, dans cette tension qui habite mes muscles depuis des heures et qui ne
MaddoxJe laisse mes doigts glisser le long de ses bras, effleurer la peau tendre de l'intérieur de ses poignets, remonter jusqu'à ses épaules. Un mouvement lent, continu, hypnotique. Elle frissonne sous mes caresses. Sa chair de poule se hérisse sur son avant-b







