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AURORE
Tu te moques de moi.
Le couloir s’inclina légèrement, et pendant une seconde, je ne savais plus si c’était le bâtiment ou mon pouls qui déconnait.
Et pourtant, il se tourna complètement et descendit le couloir de l’hôpital vers nous, comme si c’était juste un mardi ordinaire et non le moment où mon passé venait de pénétrer mon présent avec un badge autour du cou.
Ses cheveux étaient plus foncés maintenant, presque noirs, un peu plus longs, tombant dans un désordre calculé qui aurait dû paraître ridicule et qui, étonnamment, ne l’était pas.
Mon regard tomba avant que je ne puisse le retenir.
Mon estomac se noua.
Une main glissa dans sa poche de pantalon, paresseuse, familière.
Quand il arriva devant notre petit demi-cercle, son sourire s’élargit, facile et maîtrisé, comme s’il n’avait jamais coûté quoi que ce soit à personne.
— Bonjour, répondirent en chœur les autres.
— Tu vois ? souffla Megan en me donnant un coup de coude plus appuyé dans les côtes. Elle vibrait presque.
Canon n’était pas le mot.
Ma gorge refusa de fonctionner.
Je n’aurais jamais pensé le revoir.
— Veuillez entrer dans ce bureau un instant, dit-il, sa voix roulante, veloutée, enveloppée de cet accent australien injustement sexy.
Bien sûr qu’il avait un accent.
Nous le suivîmes dans un petit bureau, une boîte blanche aux lumières trop vives et à l’acier inoxydable trop présent.
Nous nous regroupâmes vaguement, et je restai tout au fond, essayant de me fondre dans le mur.
— Je m’appelle Nicolas Duval, dit-il en s’adossant au bord du bureau. Merci d’avoir postulé pour ce stage. Je me réjouis de passer cette année avec vous tous.
Nicolas.
— Bonjour, je suis Megan, intervint Megan, avançant comme si elle attendait ce moment depuis toujours. Elle tendit la main, les yeux brillants. — J’ai hâte de vous connaître.
Son sourire était si éclatant qu’il en devenait presque offensant.
Un éclat d’amusement traversa son visage avant qu’il ne le chasse, redevenant professionnel.
— Je suis Sacha, dit le grand à côté.
— Je suis Axel.
— Je suis Maëlle.
— Je suis Gabriel. C’est un honneur de vous rencontrer, déclara-t-il, tout gonflé, comme devant un auditoire royal.
Puis ce fut mon tour.
Je me détachai de l’arrière du groupe et avançai.
Mon cœur s’arrêta, puis repartit avec une telle violence que j’en perdis presque l’équilibre.
— Bonjour, je suis Aurore, réussis-je à articuler.
Il fronça légèrement les sourcils, sans jamais quitter mon visage. — Aurore, répéta-t-il, comme pour goûter le mot, s’assurer qu’il était bien réel.
Je tendis la main.
Je manquai presque de respirer à voix haute.
Puis il secoua à peine la tête, comme pour se remettre en marche, et sa poignée devint brève et professionnelle.
Menteur.
Nos yeux restèrent liés, son pouce effleura mes articulations avant de lâcher.
Je baissai le regard, les joues en feu.
— Dr Duval, vous avez un appel, annonça une infirmière à l’encadrement de la porte.
Il jeta un œil, puis revint vers nous.
Il offrit au groupe un sourire désolé avant de s’éloigner dans le couloir, les épaules détendues, comme s’il n’avait pas mis mon système nerveux en feu.
— Je vais aux toilettes, lâchai-je, reculant déjà.
Personne ne me regarda vraiment.
Je tournai dans la direction opposée à la sienne et descendis le couloir.
Je sortis mon téléphone et appelai Chloé.
— Oh mon Dieu, ma voix étranglée, — tu ne devineras jamais pour qui je fais mon stage.
— Hein ?
— Dr Nice.
Un silence.
— Attends. Tu viens de dire Dr Nice ?
— Je suis sérieuse, Chloé. Je n’y crois pas.
— T’es sûre que c’est lui ?
— C’est lui, crachai-je. Même visage, même voix, même… tout.
— Purée. Elle rit, moitié choquée, moitié ravie. — Wow. Je t’avais dit de mettre la jupe aujourd’hui.
Je baissai les yeux sur mon pantalon informe et mon haut terne.
— Et tu vas faire quoi ?
Je fermai les yeux, m’adossant au mur froid.
— Où es-tu maintenant ?
— Dans la cour.
— Bon, retourne à l’intérieur. Peu importe. Vas-y. Fais comme si de rien n’était.
— Oui… Je suppose.
— Je t’achète du vin ? demanda-t-elle, connaissant déjà la réponse.
— Prends une caisse.
Elle rit doucement. — Allez, bisous.
— Oui, bisous.
Je raccrochai, fixant mon reflet dans l’écran sombre une seconde, puis remis le téléphone dans ma poche et respirai profondément.
Dans moins de dix minutes, il faudrait que je retourne dans cette pièce, que je le regarde dans les yeux et que je fasse comme si Nice n’avait jamais existé.
Et dans moins de dix minutes… il faudrait que je rentre.
Quelque part derrière moi, la porte de la cour s’ouvrit en grinçant.
AUROREIl est plus de neuf heures quand je frappe à la porte de Nicolas.J'ai attendu qu'Alexis soit couché avant de venir. S'il avait su que je venais sans lui, il aurait eu des ennuis. Nicolas ouvre la porte en caleçon, rien d'autre. Il me sourit.Je ne lui avais pas dit que je viendrais, mais je suis presque sûre qu'il est content que je l'aie fait. Mon regard se pose sur son torse large et musclé et ses abdos sculptés.Mon cœur fait un bond. Il est tout simplement parfait.– Mademoiselle Laurent , murmure-t-il en s'avançant et en prenant mon visage entre ses mains. Ses yeux fixent les miens tandis qu'il se penche et m'embrasse. Il est tout en succion et en domination.Je souris contre ses lèvres tandis que ses hanches se pressent contre les miennes, et je sens mon sexe se contracter sous l'effet de son corps musclé. Il me saisit la main et me tire brutalement dans la maison, claquant la porte derrière nous. Il traverse la cuisine et me fait asseoir sur le comptoir. Il écarte mes j
AURORE— Non ! crie-t-elle en retour.— Ça suffit, grogne Nicolas. Va chercher Alexis, Aurore. On s’en va. Je ne supporte plus ces conneries.— Non, dis-je calmement, mes yeux rivés sur ceux de Diana.Le silence tombe dans la pièce.— Je ne bouge pas.Diana plisse les yeux et relève le menton, défiant.Je croise les bras et esquisse un sourire en coin. — Tu me comprends mal, Diana. Je suis beaucoup de choses, mais faible, ce n’est pas l’une d’elles.— Comment oses-tu ? C’est la maison de mon fils !Je souris, sarcastique. — Oh, je l’ose. C’est le temps en famille d’Alexis, et je resterai avec mon fils tant qu’il est ici. Si ça ne te plaît pas, tant pis pour toi.Nos regards se verrouillent.— Tu n’es pas obligée de m’aimer, Diana, dis-je calmement. Mais, en tant que grand-mère de mon fils, je vais faire de mon mieux pour t’apprécier… même si tu rends ça de plus en plus difficile.Je jette un coup d’œil à Coralie qui sourit en coin.— Maintenant, si tu pouvais limiter ton théâtre, je s
AUROREPlus tard dans l’après-midi, nous pénétrons dans la maison de Coralie et Bastien pour le dîner d’anniversaire de Jordana. La journée a été agréable. Nous avons déjeuné dehors, puis sommes retournés chez Nicolas cet après-midi. J’ai fait une sieste sur le canapé pendant qu’ils faisaient du skateboard sur la route. J’ai déjà perdu cette bataille.Nicolas m’a embrassée trois fois aujourd’hui. Une fois dans la cabine d’essayage, une fois dans le parking après le déjeuner, quand Alexis est monté dans la voiture, et une fois dans sa cuisine à la maison.Ce dernier baiser était le meilleur de tous, et il a dû se cacher un moment dans le garde-manger jusqu’à ce que… disons, son excitation se calme.J’ai l’impression de glisser sur une pente raide qui me ramène vers lui, et peu importe à quel point je tente de m’accrocher aux rochers sous mes pieds, je ne peux arrêter la gravité qui me tire vers le bas.Il est magnifique—tout chez Nicolas est magnifique, et je ne comprends pas comment,
AUROREJe hoche la tête en décrochant. – Bonjour, Thomas.– Salut, Auri. Comment ça va ?Je souris. – Ça va. Ta mère va bien ? Je jette un coup d’œil à Nicolas, qui écoute attentivement.– Elle va… Elle manque de temps, dit-il après un silence.Mon visage tombe. – Oh non… je suis tellement désolée. Je souffle.– Elle demande à te voir, toi et Alexis.Je souffle un coup et lève les yeux vers Nicolas. – Oui, bien sûr. Je peux venir à Lille le week-end prochain, je réponds.Nicolas fronce les sourcils.– Papa ! j’ai fini ! crie Alexis.Nicolas fait passer le nouveau pantalon à travers le rideau sans même regarder Alexis. Ses yeux sont rivés sur moi.– Ce serait parfait, Thomas soupire, soulagé.– Vous pouvez arranger pour que nous la voyions samedi, si ça vous va.Je réfléchis un instant. – On pourrait prendre l’avion vendredi soir.– Merci, Auri, répond-il. Ce sera vraiment bien de vous voir.Nicolas me regarde comme un faucon. – Oui, ce le sera. Je souris, essayant de paraître naturell
AURORE– Papa est là ! s’exclame Alexis, tout excité, depuis sa place à la fenêtre.– D’accord, je réponds, le cœur partant en vrille. Mon Dieu, qu’est-ce qui va se passer aujourd’hui ?On va faire du shopping pour de nouveaux vêtements pour Alexis. Il a eu une poussée de croissance et rien ne lui va. Ensuite, on déjeunera avant d’aller chez les Pierce ce soir pour un dîner de famille pour l’anniversaire de Jordana.Une journée entière avec lui. Surcharge Nicolas Duval. Et une journée entière à faire semblant de ne pas le vouloir. Alors que je sais très bien que je ne devrais pas…C’est officiel. C’est un véritable dieu du sexe. J’ai senti ses lèvres sur les miennes pendant des heures après m’être couchée hier soir, et c’était après avoir passé une heure devant le miroir à sourire bêtement à mon reflet.J’y ai réfléchi toute la nuit. Je vois trois choix possibles : soit je me jette désespérément dans ses bras, je déclare un amour éternel et deviens sa paillasson pour la vie. Soit je
AURORE– Ils t’ont convaincue que c’était une bonne idée. Juste porter ça pour ce service, et tout irait bien. C’est comme ça que ces clubs fonctionnent. Ils te poussent petit à petit. Sans même t’en rendre compte, tes limites sont repoussées de plus en plus loin. Et comme tous tes collègues le font, ça devient la norme.Mon estomac se noue. Il a raison, ils ont repoussé mes limites, et je ne m’en étais même pas rendu compte. J’avais juré que je ne ferais jamais la moitié de ce qu’ils m’ont fait faire.– Tu y vas pour les femmes, Nicolas. Tu sais ce que ça fait d’être jugé par toi alors que tu y allais pour le sexe ?Il secoue la tête et pose ses mains sur mon visage. – J’ai annulé mon abonnement avant le procès. Je savais à quel point j’étais un hypocrite, mais je devais faire ce que j’ai fait pour protéger Alexis. Il se penche et m’embrasse doucement sur les lèvres. – Et je sais que tu ne le vois pas comme ça, mais je pensais aussi te protéger, toi, murmure-t-il en cherchant mes yeu
AURORE— Pourquoi ? murmurai-je.— Je n’ai pas le droit de sortir avec des internes.Ses yeux descendirent vers mes lèvres tandis que ses hanches me plaquaient contre la machine à laver. Il poussa légèrement vers l’avant et je crus prendre feu sur place.— Personne n’a besoin de savoir ce qui se pa
NICOLASJ’étais assis à mon bureau, faisant tourner un stylo entre mes doigts.Six heures du matin.Et j’étais déjà à l’hôpital.Aucun intérêt de rester au lit de toute façon. Je n’avais pas réussi à dormir.Je m’étais masturbé trois fois la nuit dernière… et pourtant je n’arrivais toujours pas à
AUROREJe me tenais dans le couloir, devant la salle d’opération. Megan et Scott étaient déjà habillés en tenue stérile, tandis que le reste d’entre nous attendait l’arrivée du Dr Duval.— Hé, on devrait sortir demain soir pour fêter notre première semaine, dit Axel.Les yeux de Megan s’illuminère
AUROREJe jetai un coup d’œil à ma montre pendant que la caissière enregistrait mon achat. Je mâchai la dernière bouchée de mon sandwich en attendant.J’étais affamée et je n’aurais pas pu attendre une minute de plus. J’avais profité de ma pause déjeuner pour sortir acheter quelque chose.Je n’av







