로그인AURORE
Mon Dieu, pourquoi cet homme était-il là, maintenant ?
— Hé, ça va ?
Je me retournai brusquement.
Mon cœur fit un saut traître.
— Je… ça va, bégayai-je.
Il inclina la tête et fit un demi-pas vers moi.
— J’avais juste… besoin d’air. Vraiment.
Ma voix craqua sur le dernier mot.
Alors je me retournai.
— Je devrais retourner là-dedans, marmonnai-je déjà en fuyant. Je ne veux pas… rater quoi que ce soit.
Je ne me retournai pas.
Lorsque je rejoignis le groupe, mon pouls battait toujours la chamade.
Le reste de la matinée se confondit en un flou.
Je revoyais sans cesse notre appel sur le toit. Il n’avait évidemment rien entendu. Dieu merci.
— Pause de dix minutes, les gars, annonça le Dr Duval.
Tout le couloir sembla respirer avec lui.
Je jetai un œil à mon téléphone. Deux heures entières étaient passées sans que je m’en rende compte.
Il s’éloignait déjà vers la salle de repos quand une docteure en blouse blanche se glissa à ses côtés.
— Tu vas à la conférence à Genève ? demanda-t-elle, déjà orientée vers le prochain service.
Je leur tournai le dos mais ne bougeai pas.
— Si je peux m’arranger, oui, répondit Nicolas.
— Ouais, eh bien, essaie de venir et on pourra en profiter pour en faire une semaine complète.
Ma mâchoire se serra.
— Parfait, j’y vais, dit-il.
Une femme passa à côté de nous, seule avec trois jeunes enfants.
Le Dr Duval jeta un coup d’œil et offrit à la femme un bref sourire compatissant avant qu’elle ne disparaisse au coin du couloir avec son chaos.
Puis il se tourna vers son amie.
— Voilà pourquoi les préservatifs sont l’une des plus grandes inventions de l’humanité, dit-il avec légèreté.
— Méritent un prix Nobel, approuva l’autre docteure sans hésiter.
Quelque chose se serra dans ma poitrine.
Eh bien, il détestait manifestement les enfants.
Je commençai à entendre mon propre cœur dans mes oreilles.
— Je vais aux toilettes, murmurai-je à Megan.
— Bien sûr.
Je me tournai et descendis le couloir.
— Aurore ?
Je me retournai et vis Nicolas derrière moi.
— Je peux te parler une minute ?
J’avalai ma nervosité.
— D’accord.
— Ici ? dit-il en ouvrant la porte d’un bureau.
Je le suivis et il referma la porte derrière moi.
— Je… ne m’attendais pas à te voir ici. Tu as l’air… différente, dit-il presque pour lui-même, avant de se racler la gorge.
Je fronçai les sourcils.
— Je suis venue à Lille pour te retrouver. J’ai perdu mon téléphone avec ton numéro le lendemain de ton départ.
Quelle foutaise.
— J’ai pensé à toi, murmura-t-il.
Mes yeux tombèrent au sol.
Je relevai mon regard vers lui.
— Pardon ? dis-je d’un ton plat.
Son visage se ferma. — Nice.
— Quoi à propos de Nice ?
Il plissa les yeux. — Nous nous sommes rencontrés là-bas il y a quelques années.
Je pincai les lèvres. — Vraiment ? Je ne crois pas.
— Tu ne te souviens pas de moi ? Son froncement de sourcils s’accentua.
Je soutins son regard.
— Désolée. Je ne me souviens pas.
Son menton se leva, défiant — ego froissé — et il recula.
— Excuse-moi, dit-il, les yeux fixant les miens comme pour digérer mon mensonge. — Je pensais que tu étais quelqu’un d’autre.
— Qui ? levai mes sourcils.
Je ne pus m’en empêcher.
— Juste… dit-il en s’adossant, faisant semblant de réfléchir, prolongeant le moment. — Cette fille que j’ai rencontrée il y a cinq ans.
Cinq ans.
Je cachai mes mains, priant pour qu’il ne voie pas qu’elles tremblaient.
— Je n’ai jamais vraiment pu l’oublier depuis.
Mon pouls tonnait dans mes oreilles. — Dr Duval —
— Nicolas, l’interrompit-il en s’inclinant légèrement. — Nous allons passer beaucoup de temps ensemble cette année. Et… nous pourrions apprendre à mieux nous connaître.
Apprendre à mieux… nous connaître ?
Mon pouls s’emballa.
Son regard s’attarda, mais il ne savait pas… pas pour le petit garçon au même sourire qui l’attendait à la maison.
AUROREIl est plus de neuf heures quand je frappe à la porte de Nicolas.J'ai attendu qu'Alexis soit couché avant de venir. S'il avait su que je venais sans lui, il aurait eu des ennuis. Nicolas ouvre la porte en caleçon, rien d'autre. Il me sourit.Je ne lui avais pas dit que je viendrais, mais je suis presque sûre qu'il est content que je l'aie fait. Mon regard se pose sur son torse large et musclé et ses abdos sculptés.Mon cœur fait un bond. Il est tout simplement parfait.– Mademoiselle Laurent , murmure-t-il en s'avançant et en prenant mon visage entre ses mains. Ses yeux fixent les miens tandis qu'il se penche et m'embrasse. Il est tout en succion et en domination.Je souris contre ses lèvres tandis que ses hanches se pressent contre les miennes, et je sens mon sexe se contracter sous l'effet de son corps musclé. Il me saisit la main et me tire brutalement dans la maison, claquant la porte derrière nous. Il traverse la cuisine et me fait asseoir sur le comptoir. Il écarte mes j
AURORE— Non ! crie-t-elle en retour.— Ça suffit, grogne Nicolas. Va chercher Alexis, Aurore. On s’en va. Je ne supporte plus ces conneries.— Non, dis-je calmement, mes yeux rivés sur ceux de Diana.Le silence tombe dans la pièce.— Je ne bouge pas.Diana plisse les yeux et relève le menton, défiant.Je croise les bras et esquisse un sourire en coin. — Tu me comprends mal, Diana. Je suis beaucoup de choses, mais faible, ce n’est pas l’une d’elles.— Comment oses-tu ? C’est la maison de mon fils !Je souris, sarcastique. — Oh, je l’ose. C’est le temps en famille d’Alexis, et je resterai avec mon fils tant qu’il est ici. Si ça ne te plaît pas, tant pis pour toi.Nos regards se verrouillent.— Tu n’es pas obligée de m’aimer, Diana, dis-je calmement. Mais, en tant que grand-mère de mon fils, je vais faire de mon mieux pour t’apprécier… même si tu rends ça de plus en plus difficile.Je jette un coup d’œil à Coralie qui sourit en coin.— Maintenant, si tu pouvais limiter ton théâtre, je s
AUROREPlus tard dans l’après-midi, nous pénétrons dans la maison de Coralie et Bastien pour le dîner d’anniversaire de Jordana. La journée a été agréable. Nous avons déjeuné dehors, puis sommes retournés chez Nicolas cet après-midi. J’ai fait une sieste sur le canapé pendant qu’ils faisaient du skateboard sur la route. J’ai déjà perdu cette bataille.Nicolas m’a embrassée trois fois aujourd’hui. Une fois dans la cabine d’essayage, une fois dans le parking après le déjeuner, quand Alexis est monté dans la voiture, et une fois dans sa cuisine à la maison.Ce dernier baiser était le meilleur de tous, et il a dû se cacher un moment dans le garde-manger jusqu’à ce que… disons, son excitation se calme.J’ai l’impression de glisser sur une pente raide qui me ramène vers lui, et peu importe à quel point je tente de m’accrocher aux rochers sous mes pieds, je ne peux arrêter la gravité qui me tire vers le bas.Il est magnifique—tout chez Nicolas est magnifique, et je ne comprends pas comment,
AUROREJe hoche la tête en décrochant. – Bonjour, Thomas.– Salut, Auri. Comment ça va ?Je souris. – Ça va. Ta mère va bien ? Je jette un coup d’œil à Nicolas, qui écoute attentivement.– Elle va… Elle manque de temps, dit-il après un silence.Mon visage tombe. – Oh non… je suis tellement désolée. Je souffle.– Elle demande à te voir, toi et Alexis.Je souffle un coup et lève les yeux vers Nicolas. – Oui, bien sûr. Je peux venir à Lille le week-end prochain, je réponds.Nicolas fronce les sourcils.– Papa ! j’ai fini ! crie Alexis.Nicolas fait passer le nouveau pantalon à travers le rideau sans même regarder Alexis. Ses yeux sont rivés sur moi.– Ce serait parfait, Thomas soupire, soulagé.– Vous pouvez arranger pour que nous la voyions samedi, si ça vous va.Je réfléchis un instant. – On pourrait prendre l’avion vendredi soir.– Merci, Auri, répond-il. Ce sera vraiment bien de vous voir.Nicolas me regarde comme un faucon. – Oui, ce le sera. Je souris, essayant de paraître naturell
AURORE– Papa est là ! s’exclame Alexis, tout excité, depuis sa place à la fenêtre.– D’accord, je réponds, le cœur partant en vrille. Mon Dieu, qu’est-ce qui va se passer aujourd’hui ?On va faire du shopping pour de nouveaux vêtements pour Alexis. Il a eu une poussée de croissance et rien ne lui va. Ensuite, on déjeunera avant d’aller chez les Pierce ce soir pour un dîner de famille pour l’anniversaire de Jordana.Une journée entière avec lui. Surcharge Nicolas Duval. Et une journée entière à faire semblant de ne pas le vouloir. Alors que je sais très bien que je ne devrais pas…C’est officiel. C’est un véritable dieu du sexe. J’ai senti ses lèvres sur les miennes pendant des heures après m’être couchée hier soir, et c’était après avoir passé une heure devant le miroir à sourire bêtement à mon reflet.J’y ai réfléchi toute la nuit. Je vois trois choix possibles : soit je me jette désespérément dans ses bras, je déclare un amour éternel et deviens sa paillasson pour la vie. Soit je
AURORE– Ils t’ont convaincue que c’était une bonne idée. Juste porter ça pour ce service, et tout irait bien. C’est comme ça que ces clubs fonctionnent. Ils te poussent petit à petit. Sans même t’en rendre compte, tes limites sont repoussées de plus en plus loin. Et comme tous tes collègues le font, ça devient la norme.Mon estomac se noue. Il a raison, ils ont repoussé mes limites, et je ne m’en étais même pas rendu compte. J’avais juré que je ne ferais jamais la moitié de ce qu’ils m’ont fait faire.– Tu y vas pour les femmes, Nicolas. Tu sais ce que ça fait d’être jugé par toi alors que tu y allais pour le sexe ?Il secoue la tête et pose ses mains sur mon visage. – J’ai annulé mon abonnement avant le procès. Je savais à quel point j’étais un hypocrite, mais je devais faire ce que j’ai fait pour protéger Alexis. Il se penche et m’embrasse doucement sur les lèvres. – Et je sais que tu ne le vois pas comme ça, mais je pensais aussi te protéger, toi, murmure-t-il en cherchant mes yeu
AUROREJe suis assise à la table de la cuisine, soufflant dans ma tasse de café, plongée dans mes pensées.— Que vas‑tu faire ? demande Chloé.Je hausse les épaules.— Aller travailler, faire mon boulot… Je marque une pause. Appeler Eliza et supplier pour récupérer mon poste au bar. Continuer comme
AUROREJe me réveille au contact de baisers légers sur ma clavicule, venant de derrière moi. Je souris et tourne la tête lorsqu’il m’embrasse doucement.— Bonjour, Blossom, murmure-t-il d’une voix rauque.— Bonjour, mon cœur, je souris en passant ma main derrière ma tête pour caresser son visage.I
AUROREJe cligne des yeux, choquée. — Tu ne pourrais pas imaginer pire qu’un enfant dans ta vie ? Je pense. Quelle question stupide. Bon, je voulais une réponse, et voilà.Nous sommes foutus.— Bonjour, Aurore, résonne une voix derrière moi.Nicolas et moi nous retournons et voyons Thomas, mon ex-f
NICOLASJe tapote mon stylo en réfléchissant avant d’écrire les mots « Mont Everest ».— Ce n’est pas ça, m’interrompt Aurore par-dessus mon épaule. Je souris en coin.— Tout savoir, hein ? Si, si, c’est ça.Je fais le mot croisé dans le journal et nous sommes sur le point d’atterrir à Lille.— Ess







