LOGINUn week-end sauvage à Nice n’aurait dû signifier rien. Une escapade insensée. Un homme qu’elle n’avait jamais prévu de revoir. Cinq ans plus tard, Aurore Laurent vivait enfin son rêve : stage en cardiologie à Lyon, sous la houlette du brillant et impitoyable Dr Nicolas Duval. L’homme qui lui avait pris sa virginité. Au début, il ne semblait pas la reconnaître. Ou peut-être savourait-il simplement le moment où il pourrait la coincer et murmurer : — Je t’ai cherchée. Mais ce n’était pas qu’une aventure d’un soir. Aurore cachait un fils de trois ans, avec les yeux de Nicolas, et une seconde vie sous les lumières stroboscopiques : elle dansait sous un faux nom pour payer les factures et tenir les créanciers à distance. Elle ne s’attendait jamais à ce qu’il entre dans le club. Ni à ce qu’il réclame une danse privée de la femme qu’il ne devait pas reconnaître. Quand la vérité éclate, Nicolas ne se contente pas de se mettre en colère. Il riposte. Il dépose une demande de garde, alors qu’il avait juré ne jamais vouloir d’enfants. Mais ses yeux sombres racontaient une autre histoire. Il ne voulait pas seulement son fils. Il la voulait elle. Contrôlée. Liée à lui comme autrefois. À présent, Aurore doit protéger son autonomie, sa carrière et son enfant. Et Nicolas doit affronter la peur qui le hante : désirer quelque chose qu’il ne peut contrôler… avant de tout perdre. Certains secrets détruisent. Certains amours explosent. Jusqu’où ira-t-elle pour son fils ? Jusqu’où devra-t-il se briser pour réclamer la famille qu’il n’avait jamais voulue… jusqu’à maintenant ?
View MoreAURORE
Tu te moques de moi.
Le couloir s’inclina légèrement, et pendant une seconde, je ne savais plus si c’était le bâtiment ou mon pouls qui déconnait.
Et pourtant, il se tourna complètement et descendit le couloir de l’hôpital vers nous, comme si c’était juste un mardi ordinaire et non le moment où mon passé venait de pénétrer mon présent avec un badge autour du cou.
Ses cheveux étaient plus foncés maintenant, presque noirs, un peu plus longs, tombant dans un désordre calculé qui aurait dû paraître ridicule et qui, étonnamment, ne l’était pas.
Mon regard tomba avant que je ne puisse le retenir.
Mon estomac se noua.
Une main glissa dans sa poche de pantalon, paresseuse, familière.
Quand il arriva devant notre petit demi-cercle, son sourire s’élargit, facile et maîtrisé, comme s’il n’avait jamais coûté quoi que ce soit à personne.
— Bonjour, répondirent en chœur les autres.
— Tu vois ? souffla Megan en me donnant un coup de coude plus appuyé dans les côtes. Elle vibrait presque.
Canon n’était pas le mot.
Ma gorge refusa de fonctionner.
Je n’aurais jamais pensé le revoir.
— Veuillez entrer dans ce bureau un instant, dit-il, sa voix roulante, veloutée, enveloppée de cet accent australien injustement sexy.
Bien sûr qu’il avait un accent.
Nous le suivîmes dans un petit bureau, une boîte blanche aux lumières trop vives et à l’acier inoxydable trop présent.
Nous nous regroupâmes vaguement, et je restai tout au fond, essayant de me fondre dans le mur.
— Je m’appelle Nicolas Duval, dit-il en s’adossant au bord du bureau. Merci d’avoir postulé pour ce stage. Je me réjouis de passer cette année avec vous tous.
Nicolas.
— Bonjour, je suis Megan, intervint Megan, avançant comme si elle attendait ce moment depuis toujours. Elle tendit la main, les yeux brillants. — J’ai hâte de vous connaître.
Son sourire était si éclatant qu’il en devenait presque offensant.
Un éclat d’amusement traversa son visage avant qu’il ne le chasse, redevenant professionnel.
— Je suis Sacha, dit le grand à côté.
— Je suis Axel.
— Je suis Maëlle.
— Je suis Gabriel. C’est un honneur de vous rencontrer, déclara-t-il, tout gonflé, comme devant un auditoire royal.
Puis ce fut mon tour.
Je me détachai de l’arrière du groupe et avançai.
Mon cœur s’arrêta, puis repartit avec une telle violence que j’en perdis presque l’équilibre.
— Bonjour, je suis Aurore, réussis-je à articuler.
Il fronça légèrement les sourcils, sans jamais quitter mon visage. — Aurore, répéta-t-il, comme pour goûter le mot, s’assurer qu’il était bien réel.
Je tendis la main.
Je manquai presque de respirer à voix haute.
Puis il secoua à peine la tête, comme pour se remettre en marche, et sa poignée devint brève et professionnelle.
Menteur.
Nos yeux restèrent liés, son pouce effleura mes articulations avant de lâcher.
Je baissai le regard, les joues en feu.
— Dr Duval, vous avez un appel, annonça une infirmière à l’encadrement de la porte.
Il jeta un œil, puis revint vers nous.
Il offrit au groupe un sourire désolé avant de s’éloigner dans le couloir, les épaules détendues, comme s’il n’avait pas mis mon système nerveux en feu.
— Je vais aux toilettes, lâchai-je, reculant déjà.
Personne ne me regarda vraiment.
Je tournai dans la direction opposée à la sienne et descendis le couloir.
Je sortis mon téléphone et appelai Chloé.
— Oh mon Dieu, ma voix étranglée, — tu ne devineras jamais pour qui je fais mon stage.
— Hein ?
— Dr Nice.
Un silence.
— Attends. Tu viens de dire Dr Nice ?
— Je suis sérieuse, Chloé. Je n’y crois pas.
— T’es sûre que c’est lui ?
— C’est lui, crachai-je. Même visage, même voix, même… tout.
— Purée. Elle rit, moitié choquée, moitié ravie. — Wow. Je t’avais dit de mettre la jupe aujourd’hui.
Je baissai les yeux sur mon pantalon informe et mon haut terne.
— Et tu vas faire quoi ?
Je fermai les yeux, m’adossant au mur froid.
— Où es-tu maintenant ?
— Dans la cour.
— Bon, retourne à l’intérieur. Peu importe. Vas-y. Fais comme si de rien n’était.
— Oui… Je suppose.
— Je t’achète du vin ? demanda-t-elle, connaissant déjà la réponse.
— Prends une caisse.
Elle rit doucement. — Allez, bisous.
— Oui, bisous.
Je raccrochai, fixant mon reflet dans l’écran sombre une seconde, puis remis le téléphone dans ma poche et respirai profondément.
Dans moins de dix minutes, il faudrait que je retourne dans cette pièce, que je le regarde dans les yeux et que je fasse comme si Nice n’avait jamais existé.
Et dans moins de dix minutes… il faudrait que je rentre.
Quelque part derrière moi, la porte de la cour s’ouvrit en grinçant.
AUROREJe jette un coup d’œil à Nicolas alors qu’il conduit.– Explique-moi exactement ce qu’ils ont dit que ce rendez-vous concernait ? – je fronce les sourcils. – Mot pour mot.– Rien, – il glisse sa main sur ma cuisse. – C’est juste une formalité pour finaliser les changements sur l’acte de naissance d’Alexis.Je fixe la route sous la pluie à travers le pare-brise. – Ah, d’accord.Il pince ma cuisse entre ses doigts. – Ça ne devrait pas prendre longtemps, je pense.C’est un lundi après-midi et nous nous rendons chez le notaire qui m’a appelée la semaine dernière. Après avoir affronté le trafic, nous arrivons et marchons main dans la main jusqu’au bureau, à travers les portes noires élégantes.La réceptionniste lève les yeux de son ordinateur. – Bonjour. – Elle sourit et jette un second regard à Nicolas. – Aurore Laurent ?Je hoche la tête, avalant la boule de nervosité dans ma gorge. Les rendez-vous chez le notaire me rendent toujours nerveuse.– Prenez place, ça ne sera qu’un inst
AUROREIl est 17 h. Je suis en pause thé, le téléphone à la main. J’ai un appel manqué de Coralie, alors je la rappelle.– Salut, Auri.– Bonjour, – je souris. – Comment ça va ? Qu’est-ce qui se passe ?– Eh bien, Bastien vient de me dire que tu ne veux pas venir à Nice. Pourquoi ?Je fronce les sourcils. – Quoi… Nice ? Vous y allez ?– Oui. Les garçons ont un enterrement de vie de garçon et on a pensé qu’on pourrait amener les enfants, puis sortir entre filles le soir.Je fronce encore les sourcils. Merde… je n’ai vraiment pas envie d’y aller.– Oui, je ne suis pas très partante. – je soupire. – Je suis vraiment débordée en ce moment, Coralie. Vous y allez et amusez-vous bien.– Oh… – elle soupire. – Je ne veux pas y aller sans toi. Pourquoi ne pas emmener Chloé ? Elle aurait bien besoin d’un week-end et il y a largement de la place pour elle dans le jet.Je grimace parce que, bon sang, je sais que Chloé a vraiment besoin de souffler. Elle serait tellement excitée.– Oh, on va telle
AUROREJe fixe le rapport de l’angiogramme devant moi. Ça n’a aucun sens. Je suis dans un box avec un homme d’une trentaine d’années qui a été amené aux urgences pour un infarctus suspecté.Il a peur, et il a toutes les raisons de l’être. Son cœur ne fonctionne pas du tout comme il devrait.– Peter, c’est ça ? – je souris avec compassion.Il hoche la tête beaucoup trop vite, comme paniqué, et a du mal à respirer.– Tout va bien. Calmez-vous. – je souris. – Vous êtes entre de bonnes mains maintenant.Je passe en revue les résultats sanguins et les radiographies thoraciques. Puis je reviens sur l’électrocardiogramme et l’angiogramme. Rien ne colle. Je n’ai aucune idée de ce qui se passe ici. Il faut que j’appelle un spécialiste.– Peter, je vais demander un second avis, – je souris.Il hoche la tête. – Il y a un problème ? – fronce-t-il les sourcils.Je tapote son avant-bras. – Rien qu’on ne puisse gérer, ne vous inquiétez pas. Essayez de dormir un peu. Je vais demander à une infirmiè
AUROREMon cœur bat à toute vitesse alors que Nicolas m’embrasse lentement, puis se retire de mon corps et roule à côté de moi sur le lit.– Hmm, – sourit-il, heureux. – Bonjour, Mademoiselle Laurent.Je souris, encore un peu endormie. – Pourquoi tu ne me réveilles pas comme ça tous les matins, Dr Duval ?– Demande à ton fils, – murmure-t-il sèchement. – Je suis sûr qu’il n’a pas envie de voir du porno parental avant l’école.Je glousse.Il est cinq heures du matin et nous avons la chance d’avoir un moment rien que pour nous. Alexis a dormi toute la nuit dans son lit.– Chirurgie aujourd’hui ? – je demande.Il se frotte les yeux, encore ensommeillé. – Oui, toute la journée. – Il se tourne sur le côté et embrasse ma tempe, glissant son bras sous ma tête. – Et toi, Bloss, qu’as‑tu prévu ?– Je suis aux urgences, – je soupire en passant ma jambe par-dessus la sienne.Il fronce les lèvres avec dégoût. Il faut vraiment avoir un profil particulier pour bosser aux urgences. Nicolas et moi n’












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