تسجيل الدخولRaphaël DelacroixLa porte de la suite claque derrière nous avec un bruit sourd qui résonne dans tout l'étage. Malik et Soren sont restés dans le hall, sur un signe discret de Livio, comprenant que ce qui va se passer maintenant est une affaire entre lui et moi. La limousine nous a ramenés en silence, un silence lourd de tout ce qui n'a pas été dit, de tout ce qui couve depuis des heures. Livio est debout au milieu du salon, son smoking froissé, ses cheveux en bataille, ses yeux d'ambre brillant d'un mélange de défi et d'appréhension. Il sait qu'il a désobéi. Il sait que j'aurais dû le punir. Et il attend, le menton levé, les poings serrés, prêt à encaisser.— Tu as désobéi, dis-je d'une voix glaciale en m'approchant de lui lentement, comme un prédateur qui encerclerait sa proie.— Oui. J'ai désobéi.— Je t'avais dit de rester à la tour. C'était un ordre.— Un ordre stupide. Un ordre dangereux. Tu avais besoin de moi, et je sui
Livio MorettiJe n'aurais pas dû venir. Raphaël me l'avait interdit, formellement, avec cette voix grave et autoritaire qu'il prend quand il veut nous protéger malgré lui. "Restez à la tour. Tous les trois. C'est un ordre." Il avait parlé comme un PDG, comme un maître, comme un amant qui veut épargner ses proches. Et nous avions obéi, la mort dans l'âme, le regardant s'éloigner dans sa limousine, vêtu de ce smoking noir qui le rendait si beau et si vulnérable.Mais je n'ai pas pu rester là, à attendre, à tourner en rond dans la suite en imaginant le pire. J'ai vu son visage quand il est parti, ses mâchoires serrées, ses yeux froids, ce masque d'impassibilité qu'il porte comme une armure. Et j'ai su qu'il allait souffrir, qu'il allait se faire humilier, qu'il allait encaisser les coups sans rien dire, par orgueil, par devoir, par amour pour nous. Alors j'ai désobéi.— Je vais au gala, ai-je annoncé à Malik et Soren.— Raphaël a dit de re
La valse se termine, et je m'écarte de lui, le souffle court, le cœur battant. Il me regarde avec un sourire de triomphe, et je vois dans ses yeux noisette toute la possessivité, toute la manipulation, toute la noirceur qui m'ont détruit pendant sept ans. Et je me hais. Je me hais de l'avoir aimé, de l'avoir cru, de l'avoir épousé. Je me hais d'être là, à danser avec lui, à subir ses humiliations, à me plier à son chantage.— Excusez-moi, dis-je en m'éloignant. Je dois aller aux toilettes.Je traverse la salle de bal, bousculant les serveurs, ignorant les regards. Je m'engouffre dans le couloir, pousse la porte des toilettes, et je m'effondre contre le lavabo. Mon reflet dans le miroir est celui d'un homme vaincu, humilié, brisé. Un homme qui a tout fait pour échapper à son passé, et qui se retrouve à danser avec lui.Mais la porte s'ouvre à la volée, et Livio apparaît. Livio, mon amour, mon sauveur, qui a désobéi à mes ordres, qui s'est infiltré au g
Raphaël DelacroixLe gala de l'hôtel Meurice est un écrin de velours rouge et de cristal. Les lustres monumentaux projettent une lumière dorée qui caresse les épaules nues des femmes et les smokings des hommes. Le champagne coule à flots, les rires fusent, l'orchestre joue une valse langoureuse qui fait tournoyer les couples sur la piste de danse. Tout n'est que luxe, beauté, volupté. Et au milieu de ce décor de conte de fées, je suis le prisonnier d'Alessandro Morelli.Je suis arrivé seul, comme il l'avait exigé. Seul, sans Livio, sans Soren, sans Malik. Seul, vulnérable, offert à ses manipulations. Il m'a accueilli avec un sourire carnassier, une coupe de champagne tendue, un baiser sur la joue qui m'a brûlé comme une marque au fer rouge. Et depuis, je suis à son bras, comme autrefois, quand nous formions ce couple magnifique et factice que tout le monde admirait, que tout le monde enviait, que personne ne savait brisé de l'intérieur.— Tu es
La valse se termine, et je m'écarte de lui, le souffle court, le cœur battant. Il me regarde, les yeux brillants d'un désir malsain, et je sens la nausée monter en moi. — Tu ne verras jamais derrière le masque, Alessandro. Parce que le masque, c'était avant. Aujourd'hui, je suis nu devant toi, et tu ne supportes pas ce que tu vois. — Je supporte tout de toi, Raphaël. Même ta haine. Même ton mépris. Parce que je sais qu'au fond, il reste quelque chose. Une étincelle. Un souvenir. Un amour qui ne demande qu'à renaître. — Il n'y a plus rien, Alessandro. Rien que des cendres. Tu as tout brûlé. Je tourne les talons, je m'éloigne de la piste, je cherche la sortie. Mais il me rattrape, pose une main sur mon bras, me force à me retourner. — Reste, Raphaël. La soirée ne fait que commencer. J'ai tant de choses à te dire, tant de choses à te montrer. — Lâche-moi, Alessandro. Lâche-moi tout de s
Le silence retombe, lourd et tendu. Je vois dans leurs yeux de l'inquiétude, de la colère, de l'amour. Ils veulent me protéger, mais ils savent que ma décision est prise. Ils savent que je suis trop orgueilleux, trop fier, trop têtu pour reculer devant Alessandro. Et ils savent aussi que cette confrontation est inévitable, qu'elle couve depuis des semaines, qu'elle doit avoir lieu tôt ou tard. — Très bien, dit finalement Livio. Vas-y. Affronte-le. Mais promets-moi une chose. — Laquelle ? — Si ça tourne mal, si tu te sens en danger, si tu as besoin de nous, tu nous appelles. N'importe quand. N'importe comment. Et on viendra te chercher. — Promis. Je me prépare dans le silence de la chambre, enfilant un smoking noir, ajustant ma cravate, lissant mes cheveux. Mes gestes sont mécaniques, absents, comme si je me préparais pour une exécution. Peut-être que c'en est une, d'une certaine manière. L'exé
Soren se lève du fauteuil, s'approche du canapé avec des pas lents, presque solennels. Il s'agenouille devant moi, ses yeux gris plongés dans les miens.— Et moi, murmure-t-il, je t'aime depuis le premier jour où je t'ai vu dans cette galerie de Milan. J'avais vingt-cinq ans, tu en avais vingt. Tu
La porte claque derrière lui, et je reste seul dans l'atelier silencieux, le cœur battant à tout rompre, les jambes flageolantes. Les morceaux du chèque déchiré jonchent le sol à mes pieds, comme des confettis sinistres.Je viens de me faire un ennemi mortel. Un ennemi riche, puissant, sans scrupul
Livio MorettiL'atelier est silencieux, baigné dans la lumière pâle de cette fin d'après-midi de novembre. Les toiles inachevées s'entassent contre les murs, les pots de peinture ouverts dégagent leur odeur entêtante de térébenthine et d'huile de lin, et le désordre familier de mon refuge d'artiste
Ses lèvres s'entrouvrent, sa bouche chaude et humide se referme sur mon sexe avec une dévotion presque religieuse. Je retiens un grognement, mes doigts se crispent sur l'accoudoir du canapé. Sa langue explore, caresse, aspire avec une expertise que je ne lui connaissais pas. Il ne me re







