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004

Author: Man.S
last update publish date: 2026-03-04 00:15:32

Le point positif d’avoir un chauffeur privé, c’est qu’on ne se demandait jamais si c’était le verre de trop.

Comme à son habitude, Connie avait laissé la femme au foyer au placard ce soir-là. Elle était ravissante dans une petite robe verte qui rappelait la couleur de ses yeux et contrastait parfaitement avec ses cheveux cuivrés.

Quant à moi, je portais quelque chose de plus… moi.

Une robe noire Cavalli et une paire de Louboutin, avec la pochette assortie.

« J’ai appelé pour prévenir de notre arrivée. Hors de question que je me mêle à la populace de bas étage. »

Connie leva les yeux au ciel, mais je m’en fichais.

Si elle voulait m’entraîner dans ce genre d’endroit qu’elle qualifiait de branché, c’était la seule condition.

J’avais réservé l’endroit le plus à l’abri possible de la classe moyenne, m’assurant de ne pas être importunée.

Le club était déjà bondé lorsque nous arrivâmes, et deux gros malabars nous escortèrent aussitôt jusqu’à notre table.

L’endroit n’était pas vraiment luxueux. Bien loin des lieux que je fréquentais habituellement.

« Où est-ce que tu m’as traînée, Connie ? » demandai-je, agacée.

« Oh, ne fais pas ta mijorée. C’est une soirée spéciale ! J’avais envie de voir ça de mes propres yeux », répondit-elle, visiblement surexcitée.

Je fis un signe de la main à l’un des serveurs, un petit Barman en costume noir bon marché qui accourut immédiatement.

« Madame Burrows », balbutia-t-il. « C’est un plaisir de vous accueillir dans notre établissement. Que puis-je faire pour vous ? »

Des courbettes. Toujours des courbettes.

« Votre meilleur champagne. Si tant est que vous en ayez un de collection ici. »

Connie me donna un léger coup de coude, m’invitant à me détendre un peu. Mais manifestement, je ne me sentais pas à ma place.

Il hocha la tête et s’exécuta sans discuter. Le champagne arriva peu de temps après.

Et contre toute attente, il n’était pas si mauvais.

En trinquant avec Connie, je balayai la salle du regard. Je n’y avais pas prêté attention jusque-là, mais un détail me frappa soudain. Il n’y avait que des femmes.

Pas un seul homme à l’horizon.

« Ça va commencer ! » hurla-t-elle, excitée.

Je fronçai les sourcils. Qu’est-ce qui allait commencer ? C’était quoi, ce délire ?

Les lumières s’éteignirent brusquement, arrachant un cri collectif à la salle. Dans quoi j’avais accepté de m’embarquer.

Un battement sourd emplit l’espace. La musique monta lentement, vibrante, faisant trembler les verres sur notre table. Je me redressai malgré moi en croisant les jambes.

Un projecteur s’alluma. Puis un autre.

Les silhouettes masculines apparurent sur scène, découpées par la lumière, révélant peu à peu des corps sculptés, maîtrisés, presque irréels. Les cris redoublèrent autour de nous.

Connie, elle, avait déjà perdu toute retenue et tapait dans ses mains avant de mimer d’un geste de la main qu’il faisait chaud tout d’un coup.

« Oh mon Dieu… Kate. Kate, regarde celui-là ! »

Je suivis son regard sans grande conviction… et m’arrêtai net.

D’accord.

Je comprenais l’enthousiasme, effectivement.

L’homme était grand, épaules larges, sourire insolent, le genre parfaitement conscient de son effet. Il bougeait avec une assurance provocante, ses gestes précis, calculés. Et surtout il me regardait.

Pas Connie.

Moi.

Je détournai les yeux, agacée.

« Il joue un rôle », marmonnai-je. « C’est littéralement son travail. »

« Ne sois pas rabat-joie », répliqua Connie en m’attrapant le bras. « Il te mate clairement. »

Je pris une gorgée de champagne, tentant d’ignorer la chaleur qui montait doucement sous ma peau.

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