로그인Il baisse la tête. Ses épaules tremblent.— Comment tu as fait ? demande-t-il finalement. Comment tu m'as sorti de là ?— Je t'ai tenu la main. Comme tu as tenu la mienne tant de fois. Comme tu tiens la mienne depuis le premier jour.Il relève la tête. Ses yeux rencontrent les miens. Et lentement, très lentement, un sourire se forme sur ses lèvres , fragile, tremblant, mais réel.— Merci, Althéa. Merci de ne pas m'avoir abandonné.— Je ne t'abandonnerai jamais. Je te l'ai dit. Où que tu ailles, je te suivrai. Dans quelque obscurité que tu tombes, je viendrai te chercher.Je me penche vers lui et pose mes lèvres sur son front. Un baiser doux, tendre, plein de tout l'amour que je n'arrive pas toujours à exprimer avec des mots.Autour de nous, les autres émergent de leurs propres souvenirs.K
Un silence glacé accueille ses paroles.— On reste ensemble, dis-je. Comme avant. On se tient les coudes. On ne se lâche pas.Je m'avance dans la pièce.Les fresques sur les murs commencent à s'animer. Les personnages peints se mettent en mouvement — d'abord lentement, puis plus vite, comme s'ils prenaient vie. Les scènes deviennent plus réelles, plus présentes. Les couleurs deviennent plus vives, plus intenses, presque aveuglantes.Et soudain, je ne suis plus dans la pièce.Je suis dans la forêt. La nuit. Les arbres brûlent autour de moi, leurs troncs centenaires se tordant dans les flammes comme des corps suppliciés. Des cris déchirent l'air — des cris de douleur, de peur, de mort. Des cris d'hommes, de femmes, d'enfants.Je reconnais cet endroit.Pas parce que j'y suis allée — parce que Duncan me l'a d&eacut
Je regarde mes mains.Elles sont en lambeaux. Les bandages sont complètement détruits, arrachés. La peau est déchirée, les chairs à vif. Des dizaines d'éclats de verre sont incrustés dans mes paumes, dans mes doigts, dans mes poignets. Le sang coule sans s'arrêter, formant des flaques rouges à mes pieds.Mais je ne sens pas la douleur.Ou plutôt, je la sens, mais elle ne me paralyse pas. Elle ne me contrôle pas. Elle est là, présente, réelle — mais elle est mienne. Je la choisis. Je l'accepte.Elle me rappelle que je suis vivante.Que je suis humaine.Que ce combat est réel, et non une illusion de plus.Duncan s'approche de moi. Il déchire un nouveau morceau de sa chemise — il n'en reste plus grand-chose maintenant, juste assez pour couvrir son torse musclé. Il prend mes mains dans les si
Puis un autre encore.Mes mains sont en lambeaux maintenant. Les bandages sont déchirés, arrachés. La peau est ouverte, les chairs à vif. Des éclats de verre sont incrustés dans mes paumes, dans mes doigts, dans mes poignets. Le sang coule librement, chaud et rouge, éclaboussant les miroirs autour de moi.Mais je continue de frapper.Encore et encore.Chaque miroir brisé libère un peu de l'emprise de la Cabale. Chaque surface réfléchissante détruite affaiblit l'illusion. Chaque éclat de verre qui tombe est une petite victoire.— Althéa !La voix de Duncan perce le brouillard de ma rage.Il a brisé son propre miroir, s'est libéré de son illusion. Je ne sais pas ce qu'il a vu , ses parents mourant dans l'incendie, probablement, encore et encore , mais il a réussi à s'en extraire. Son vi
La question me frappe comme un coup de poing dans l'estomac. Le sourire de Sarah n'a pas changé , il est toujours doux, aimant. Mais ses yeux... ses yeux sont devenus accusateurs.— Pourquoi tu ne m'as pas sauvée, Althéa ? Pourquoi tu as choisi de me laisser mourir ?— Ce n'est pas vrai. Je n'ai pas choisi. J'ai essayé de te sauver. J'ai fait tout ce que je pouvais.— Ce n'était pas assez. Tu n'as jamais été assez.Je recule d'un pas. Mes mains tremblent. Mes yeux s'embuent de larmes.— Ce n'est pas réel, dis-je à voix haute, autant pour moi que pour les autres. Ce n'est qu'une illusion. Un piège de la Cabale.— Une illusion ? répète le reflet de Sarah. Elle lève ses mains, les tourne vers moi. Elles sont couvertes de sang. Du sang frais, rouge, qui dégouline entre ses doigts. Est-ce que ma mort était une illusion ? Est-ce que le sang sur tes mains est une illusion ?Je baisse les yeux vers mes propres mains. Elles sont propres. Bandées par Duncan, les blessures de l'étage précédent d
Les étages défilent, chacun avec son piège, son épreuve, son cauchemar. Des illusions qui nous montrent nos proches en train de mourir. Des créatures qui prennent l'apparence de nos êtres chers pour mieux nous frapper. Des pièges mécaniques , lames, pics, chutes de pierres. Des pièges magiques , sorts de confusion, de terreur, de désespoir.Nous survivons à tous.Mais chacun nous coûte quelque chose. De l'énergie. Du sang. De la santé mentale.Marcus a une entaille profonde au bras, infligée par une créature qui ressemblait à son frère mort. Elena boite légèrement, sa cheville tordue lors d'une chute évitée de justesse. Thorne est plus pâle que jamais, sa régénération de vampire mise à rude épreuve par les sorts qui ont ciblé spécifiquement sa n
AlthéaJe me lève. Je quitte la caverne du cœur. Je retourne vers la source, vers la grande caverne, vers mon destin.---Ils arrivent.Je les sens avant de les voir. Leurs odeurs, familières et étrangères à la fois. Leur colère, leur frustration, leur détermination. Kael avance le premier, ses mus
AlthéaJe donne ma peur. Je donne ma colère. Je donne ma haine. Je donne mes doutes, mes faiblesses, mes trahisons. Je donne tout ce qui m'alourdit, tout ce qui m'empêche d'être moi.La flamme les prend, les dévore, les digère.Et en retour, elle me donne.La force. La clarté. La vision.Je vois la
AlthéaLa fissure se resserre.Les parois grattent ma peau nue, laissent des écorchures sur mes flancs, mes épaules, mes cuisses. L'obscurité est totale, mais je la sens vibrer, vivante, chargée de cette énergie tellurique qui imprègne chaque parcelle de la montagne. Elara avance devant moi, fantôm
AlthéaLa première Gardienne recule. Toutes reculent. Leur lumière vacille, comme des flammes dans le vent.— Nous avons veillé si longtemps. Nous sommes fatiguées. La source nous a gardées en vie, mais elle nous a aussi vidées. Nous ne sommes plus que des ombres de ce que nous fûmes. Toi, tu es vi







