MasukUn silence glacé accueille ses paroles.— On reste ensemble, dis-je. Comme avant. On se tient les coudes. On ne se lâche pas.Je m'avance dans la pièce.Les fresques sur les murs commencent à s'animer. Les personnages peints se mettent en mouvement — d'abord lentement, puis plus vite, comme s'ils prenaient vie. Les scènes deviennent plus réelles, plus présentes. Les couleurs deviennent plus vives, plus intenses, presque aveuglantes.Et soudain, je ne suis plus dans la pièce.Je suis dans la forêt. La nuit. Les arbres brûlent autour de moi, leurs troncs centenaires se tordant dans les flammes comme des corps suppliciés. Des cris déchirent l'air — des cris de douleur, de peur, de mort. Des cris d'hommes, de femmes, d'enfants.Je reconnais cet endroit.Pas parce que j'y suis allée — parce que Duncan me l'a d&eacut
Je regarde mes mains.Elles sont en lambeaux. Les bandages sont complètement détruits, arrachés. La peau est déchirée, les chairs à vif. Des dizaines d'éclats de verre sont incrustés dans mes paumes, dans mes doigts, dans mes poignets. Le sang coule sans s'arrêter, formant des flaques rouges à mes pieds.Mais je ne sens pas la douleur.Ou plutôt, je la sens, mais elle ne me paralyse pas. Elle ne me contrôle pas. Elle est là, présente, réelle — mais elle est mienne. Je la choisis. Je l'accepte.Elle me rappelle que je suis vivante.Que je suis humaine.Que ce combat est réel, et non une illusion de plus.Duncan s'approche de moi. Il déchire un nouveau morceau de sa chemise — il n'en reste plus grand-chose maintenant, juste assez pour couvrir son torse musclé. Il prend mes mains dans les si
Puis un autre encore.Mes mains sont en lambeaux maintenant. Les bandages sont déchirés, arrachés. La peau est ouverte, les chairs à vif. Des éclats de verre sont incrustés dans mes paumes, dans mes doigts, dans mes poignets. Le sang coule librement, chaud et rouge, éclaboussant les miroirs autour de moi.Mais je continue de frapper.Encore et encore.Chaque miroir brisé libère un peu de l'emprise de la Cabale. Chaque surface réfléchissante détruite affaiblit l'illusion. Chaque éclat de verre qui tombe est une petite victoire.— Althéa !La voix de Duncan perce le brouillard de ma rage.Il a brisé son propre miroir, s'est libéré de son illusion. Je ne sais pas ce qu'il a vu , ses parents mourant dans l'incendie, probablement, encore et encore , mais il a réussi à s'en extraire. Son vi
La question me frappe comme un coup de poing dans l'estomac. Le sourire de Sarah n'a pas changé , il est toujours doux, aimant. Mais ses yeux... ses yeux sont devenus accusateurs.— Pourquoi tu ne m'as pas sauvée, Althéa ? Pourquoi tu as choisi de me laisser mourir ?— Ce n'est pas vrai. Je n'ai pas choisi. J'ai essayé de te sauver. J'ai fait tout ce que je pouvais.— Ce n'était pas assez. Tu n'as jamais été assez.Je recule d'un pas. Mes mains tremblent. Mes yeux s'embuent de larmes.— Ce n'est pas réel, dis-je à voix haute, autant pour moi que pour les autres. Ce n'est qu'une illusion. Un piège de la Cabale.— Une illusion ? répète le reflet de Sarah. Elle lève ses mains, les tourne vers moi. Elles sont couvertes de sang. Du sang frais, rouge, qui dégouline entre ses doigts. Est-ce que ma mort était une illusion ? Est-ce que le sang sur tes mains est une illusion ?Je baisse les yeux vers mes propres mains. Elles sont propres. Bandées par Duncan, les blessures de l'étage précédent d
Les étages défilent, chacun avec son piège, son épreuve, son cauchemar. Des illusions qui nous montrent nos proches en train de mourir. Des créatures qui prennent l'apparence de nos êtres chers pour mieux nous frapper. Des pièges mécaniques , lames, pics, chutes de pierres. Des pièges magiques , sorts de confusion, de terreur, de désespoir.Nous survivons à tous.Mais chacun nous coûte quelque chose. De l'énergie. Du sang. De la santé mentale.Marcus a une entaille profonde au bras, infligée par une créature qui ressemblait à son frère mort. Elena boite légèrement, sa cheville tordue lors d'une chute évitée de justesse. Thorne est plus pâle que jamais, sa régénération de vampire mise à rude épreuve par les sorts qui ont ciblé spécifiquement sa n
Du moins en apparence.Mais je sens quelque chose. Une présence diffuse, omniprésente, qui imprègne chaque atome de ce lieu. Le bâtiment lui-même est conscient. Il nous observe. Il nous évalue. Il attend.— Il n'y a pas d'autre chemin, dis-je enfin. Les escaliers sont bloqués. Pas physiquement — magiquement. Ils n'existent plus dans notre dimension. La Cabale a remodelé ce bâtiment pour qu'il n'y ait qu'une seule voie. Leur voie.— L'ascenseur, dit Serena. Sa voix est calme, mais je perçois la tension sous-jacente.— L'ascenseur.Kael grogne, un son profond qui vient de sa poitrine de loup.— Je déteste les espaces confinés. Je déteste ne pas pouvoir me battre, ne pas pouvoir courir, ne pas pouvoir fuir.— Moi aussi, dis-je en posant une main sur son bras. Mais on n'a pas le choix. C'est leur territ
Une marée de cauchemar.Des milliers. Dix milliers, peut-être.— TENEZ VOS POSITIONS ! je crie.Ma voix porte, amplifiée par la source.— NE RECULEZ PAS ! TENEZ BON !La bataille commence.Le chaos s'installe
Le silence tombe.— Je ne vais pas vous mentir. Ce qui vient est terrifiant. La Cabale existe depuis avant l'humanité. Elle a vaincu des dieux, des démons, des forces que nous ne pouvons même pas imaginer. Si nous nous battons, beaucoup d'entre nous
Une lumière argentée, aveuglante, qui monte vers le ciel comme un pilier, qui emplit toute la vallée, qui réveille la montagne. Je tombe à genoux, je crie, je pleure, je frappe la barrière invisible qui m'empêche d'aller vers elle.La lumière dure longtemps. Une minute. Une heure. Une éternité.Pui
AlthéaSoudain, un coup de feu. Lorenzo crie. Je tourne la tête, une fraction de seconde. Il est à genoux, une main serrée sur son épaule, le sang coulant entre ses doigts. Son arme a glissé sur le sol.Lykos en profite. Sa morsure se referme sur ma patte avant. La douleur est aveuglante, brûlante.







