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Chapitre 3 –Les mensonges du destin

Penulis: IslamDabord
last update Terakhir Diperbarui: 2025-10-29 02:18:49

Je ne me souviens plus exactement de la manière dont j'ai quitté le port ce jour-là.

Je crois que je marche sans voir où j'allais, l'enveloppe serrée dans ma main tremblante, la pluie noyant tout autour de moi.

Les sirènes retenussaient encore au loin, mais je ne distinguais plus rien. Seulement ce vide.

Encore une fois, la mer m'avait arraché quelqu'un.

Arrivée à l'hôtel, je suis resté longtemps debout dans le hall, incapable de parler. Mme Durand m'a demandé ce qui se passait, mais j'ai juste hoché la tête avant de monter dans ma chambre.

Là, j'ai laissé tomber mon manteau trempé, je me suis assis sur le sol, dos contre la porte, et j'ai ouvert l'enveloppe.

Le papier était humide, presque illisible. Pourtant, les mots griffonnés à la haine semblaient encore vibrer :

« …ne pas livrer les matériaux avant inspection… sabotage possible… prévenir Gabriel avant la mise en charge… »

Mon cœur battait à tout rompre.

Sabotage.

Ce mot me glaça.

Si c'était vrai, alors tout ce que j'avais cru pendant ces cinq dernières années… était un mensonge.

Je reste là des heures, incapable de bouger.

Le vent hurlait dehors. Par moments, j'avais l'impression d'entendre la voix de Gabriel, comme un écho lointain, mais ce n'était sûrement que le bruit de la tempête.

Le lendemain matin, les journaux parlaient d'un « incident au port » : un ouvrier blessé, un échafaudage effondré, aucune mention de noyade.

Rien sur Gabriel.

Rien du tout.

Je descendis à la réception, l'estomac noué.

— Mme Durand… vous avez entendu parler d'un accident hier soir ? demandai-je.

Elle leva les yeux de son registre, surprise.

— Oh oui, un chantier endommagé. Ils ont dit qu'un homme était tombé à l'eau, mais qu'il avait été repêché sain et sauf. Quelle frayeur tout de même !

— Il est vivant ?

— Bien sûr, ma chère. Un certain… Gabriel Fournier, je crois ?

Mon cœur manqua un battement.

— Où est-il maintenant ?

— Ils l'ont emmené au dispensaire.

Je ne pris même pas le temps de réfléchir. J'attrapai mon manteau et sortis.

La pluie avait arrêté, mais le ciel restait bas, lourd.

Le dispensaire de Valmère était à l'autre bout du bourg, coincé entre l'église et la poste.

Quand j'y arrivai, on me dit qu'il avait déjà quitté les lieux.

Aucune indication sur l'endroit où il était allé.

Seulement un carnet oublié sur le bureau du médecin, qu'une infirmière me tendit en disant :

— C'est à lui, je crois. Vous le connaissez ?

Je prends le carnet. Il était utilisé, la couverture tachée de sel.

Je le feuilletai nerveusement, sans comprendre d'abord ce que je lisais : des croquis du port, des schémas, des chiffres… et au milieu, une phrase répétée plusieurs fois :

« Ne fais confiance à personne ».

Une peur sourde monta en moi.

Pourquoi aurait-il écrit ça ?

Et surtout… à qui s'adressait-il ?

Je rentrai à l'hôtel en fin de journée, éreintée.

La ville me semblait regarder, silencieuse. Comme si tout le monde savait quelque chose que j'ignorais.

Dans ma chambre, j'étalai les documents sur le lit : la lettre, le carnet, mes souvenirs épars.

Tout formait un puzzle incomplet.

Et au centre de ce puzzle, toujours la même question :

Que s'était-il réellement passé cette nuit-là ?

Je penseai à mon père.

À sa main sur mon épaule, la veille du drame, quand il m'avait dit :

"Ne t'inquiète pas, ma chérie. Demain, tout ira bien."

Et le lendemain, il était mort.

La passerelle s'était efffondrée. Gabriel avait disparu.

Et moi, j'avais vécu cinq ans dans l'ombre de ces deux absences.

Mais s'il disait vrai… alors quelqu'un avait provoqué cette chute.

Et ce quelqu'un a vécu peut-être encore ici, à Valmère.

Je me levai brusquement.

Je devais en avoir le cœur net.

Je pris ma voiture et roulai jusqu'au vieux chantier abandonné.

Les clôtures rouillées, les planches brisées, tout était encore là, figé dans le temps.

Je m'avance, le vent fouettant mes cheveux.

Sous les déclins, je crus voir quelque chose briller.

Je me penchai : une médaille, ternie par le sel.

Celle de mon père.

Je la serrai contre moi, les larmes montantes aux yeux.

Puis, derrière moi, un bruit.

Des pas.

Je me retournerai lentement.

Une silhouette se tenait à l'entrée du chantier.

Grande, immobile, enveloppée dans un manteau sombre.

— Qui est là ?

Pas de réponse.

Je fis un pas en arrière, mais la voix qui s'élève alors me glaça le sang.

— Vous ne devriez pas être ici, mademoiselle Morel.

C'était une voix d'homme, grave, inconnue.

Il s'approche lentement, sans montrer son visage.

— Vous fouillez dans les choses qui ne vous concernent plus.

Je restai figée.

— Qui êtes-vous ?

Il s'arrête à quelques mètres, dans le pénombre.

— Un ami de votre père. Il voulait que certaines choses restent enfouies. Versez votre bien.

Je sens mon cœur s'emballer.

— Qu'est-ce que vous savez de lui ?!

Il eut un léger sourire.

— Plus que vous n'en saurez jamais, Mademoiselle.

Et avant que je puisse réagir, il tourna les serres et disparut dans la brume.

Je reste seule, tremblante, incapable de bouger.

Le vent s'était levé de nouveau, apportant avec lui le fond lointain de la mer.

Je regarde la médaille dans ma main, les lettres gravées dessus :

« Pour que la vérité te guide. »

Un frisson me parcourut.

Je comprends alors que je venais de mettre le pied sur un terrain dangereux.

Gabriel n'était pas revenu par hasard.

Et mon père… avait sans doute une pensée pour me protéger d'une vérité bien plus sombre.

Quand je regagnai ma voiture, la nuit tombait.

Sur le siège passager, le carnet de Gabriel était ouvert à une page que je n'avais pas encore vue.

Une date y était inscrite : le 12 novembre.

C'était demain.

Et en dessous, une phrase unique, écrite en lettres tremblantes :

«À minuit, la mer rendra ce qu'elle a pris.»

Je reste figée, le souffle coupé.

Le 12 novembre.

Cinq ans jour pour jour après la mort de mon père.

Et quelque part, dans l'ombre, Gabriel savait déjà que cette nuit-là… tout recommencerait.

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