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CHAPITRE 34 : LES LARMES SOUS LA DOUCHE

Autor: Déesse
last update Data de publicação: 2026-07-05 08:30:13

Je pleure sur ma vie. Sur ce qu'elle est devenue. Sur ce que je suis devenue. Je pleure sur la jeune fille de quinze ans qui lisait Verlaine à la bibliothèque et qui croyait que l'amour était un poème. Je pleure sur la femme de trente ans qui lave les tasses et qui sourit pour ne pas hurler. Je pleure sur les années perdues, les rêves sacrifiés, les espoirs piétinés. Je pleure sur ce mariage qui n'en est pas un, sur ce mari qui ne m'aime pas, sur cette sœur qui me hait, sur ces amis qui
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Comentários (1)
goodnovel comment avatar
Neema Said Houssamoudine
on ne réveille pas une personne qui ne dort pas. la souffrance , tu te l'inflige toi même. tu es certaine qui ne t'aime pas et ne t'aimera jamais. pourquoi y rester? la mer est plein de poisson, pas seulement celui que tu as vu ou goûté en premier. la vie est plein de merveilles . ne te reduis
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    Je remonte en voiture. Je ne sais pas où aller. Je ne peux pas retourner à la clinique. Je ne peux pas rentrer. Je réserve une chambre dans un petit hôtel en dehors de la ville, loin de la pension du vieux pêcheur, loin des regards. Je donne un faux nom. Je paie en liquide. Je monte dans une chambre minuscule, avec un lit étroit, une table bancale, une fenêtre qui donne sur un parking désert. Je m'assieds sur le lit. Je regarde le mur. J'attends. Le 4 février est dans dix jours. Dix jours à tenir. Dix jours à garder le secret. Dix jours à réfléchir. Dix jours pendant lesquels je vais appeler Séléna, lui mentir, lui dire que je suis débordé par le travail, que je dois rester en France, que je reviens bientôt. Dix jours à vivre dans un entre-deux, suspendu entre la vérité que je redoute et le mensonge que je connais. Je m'allonge sur le lit. Je ferme les yeux. Je pense à Lya, à sa lumière derrière les rideaux. Je pense à son

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    AdrienLa lettre est arrivée ce matin, glissée sous ma porte par la femme de chambre de la clinique. Une enveloppe blanche, sans adresse d'expéditeur, juste mon prénom écrit à la main. J'ai reconnu l'écriture tout de suite. L'écriture de Lya. Cette écriture fine et régulière, appliquée, presque calligraphiée, qu'elle avait déjà quand elle écrivait des poèmes au lycée. Je l'ai regardée longtemps avant de l'ouvrir. Je tenais le papier comme on tient un objet fragile, comme on tient un oiseau blessé.Puis j'ai lu.— Adrien. Je te convoque à la librairie le vendredi 4 février à 11 heures. Ne préviens pas Séléna. Si tu ne viens pas, je comprendrai. Si tu viens, prépare-toi à entendre des choses très laides.C'est tout. Pas un mot de plus. Pas une explication, pas une excuse, pas une déclaration. Juste une convocation, un avertissement. Et pourtant, ces quelques lignes ont suffi. Elles ont suffi pour que tout ce que je croyais solide vacille.

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    Lya Le matin du 22 janvier, je me lève avant l'aube. La mer est invisible, noyée dans un brouillard épais qui monte du port et glisse dans les rues comme de la fumée. Je fais du café, je le bois debout dans la cuisine, les deux mains serrées autour de la tasse pour y puiser de la chaleur. Je suis calme. Étrangement calme. Comme si les semaines de travail acharné, les nuits sans sommeil, les larmes ravalées, avaient fini par épuiser toutes mes émotions, ne laissant qu'une coquille vide et déterminée. Je m'assieds à mon bureau. J'allume la lampe. Je sors quatre feuilles de papier à lettres, mes plus belles, un papier crème à la fibre longue, acheté chez un papetier de la ville il y a des années et jamais utilisé. Je sors mon stylo-plume, celui que mon père m'a offert pour mes dix-huit ans. Je le remplis d'encre noire. Et j'écris. La première lettre est pour ma mère. Elle est courte, presque administrative. Je la remercie de

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    Je les glisse dans des pochettes plastiques, une par une. Je les numérote, je les date, je les annote. Je crée un index. Un index alphabétique, avec des entrées comme "Menaces", "Manipulation", "Chantage", "Coma simulé", "Adrien", "Lya". Pour que n'importe qui, en ouvrant ce classeur, puisse trouver immédiatement ce qu'il cherche. Quatrième section : LES MENACES. La chemise grise que Séléna a déposée sur mon comptoir, avec les faux documents fabriqués pour détruire Adrien. Les relevés bancaires truqués. Les captures d'écran falsifiées. Les lettres anonymes. J'ajoute une attestation de Maître Kroeg, l'avocate que j'ai engagée il y a une semaine, une femme à la cinquantaine sévère, au tailleur gris, au regard d'acier. Elle a examiné les documents et a rédigé une note certifiant qu'il s'agit de "faux grossiers susceptibles de poursuites pénales pour tentative de chantage et de dénonciation calomnieuse". Cinquième section : TÉMOIGNAGES. Ma m

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    J'ouvre la boîte. Elle est pleine d'enveloppes froissées, de feuilles pliées, de mots griffonnés à la hâte. Je reconnais l'écriture ronde de Séléna, son encre violette, ses paraphes exagérés. Je prends une lettre au hasard. Je lis :"Maman, aujourd'hui Adrien est resté deux heures. Il a tenu ma main. Il a parlé de Lya. Il a parlé de leur dispute. Il est malheureux. Je suis contente. Je reste immobile, je respire à peine, et je savoure sa souffrance comme un fruit mûr. Bientôt, il sera à moi. Bientôt, Lya ne sera plus rien."Je repose la lettre. Ma main tremble, mais ma voix est calme quand je parle.— Tu les as gardées.— Oui. Comme une preuve. Au cas où, un jour, quelqu'un voudrait savoir la vérité. Au cas où, un jour, j'aurais le courage de la dire.Je referme la boîte. Je la range dans mon sac, avec les autres dossiers. Je me lève. Ma mère reste debout près du vaisselier, les bras ballants, le visage creusé par la honte et le

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    LyaLa maison de famille est silencieuse sous le ciel bas de janvier. Les volets sont fermés dans les chambres à l'étage, le jardin est nu, le gravier de l'allée crisse sous mes semelles comme un reproche. Le vent de mer s'est levé, il agite les branches noires du tilleul, il siffle sous la porte du garage, il fait grincer une girouette rouillée quelque part sur le toit. Je m'arrête devant la porte d'entrée. Je n'ai pas la clé. Je n'habite plus ici depuis des années. Mais je sais que ma mère est là. Elle est toujours là.Je sonne. Le carillon résonne dans la maison vide, un son grêle et démodé qui me rappelle mon enfance, les retours de l'école, les goûters dans la cuisine, les cris étouffés de mes parents dans le salon. Une époque où je ne savais rien. Une époque où je croyais que les familles étaient des refuges.Ma mère ouvre la porte. Elle porte une robe d'intérieur à fleurs, un gilet de laine beige, des pantoufles élimées. Ses cheveux gris sont attachés en un chignon lâche. Elle

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