LOGINChapitre 34
Damien
Elle a pleuré contre mon torse. Victoire amère.
Je la tenais dans mes bras, agenouillé devant elle comme un pénitent devant sa déesse, comme un chevalier devant sa reine, comme un pécheur devant son absolution, et je sentais ses larmes chaudes traverser le tissu de ma chemise, imprégner ma peau, se mêler à la sueur qui perlait sur mon torse. Elle pleu
Chapitre 57ArielleLa voiture du retour, un tombeau roulant.Nous glissons dans la nuit comme un cercueil sur des rails invisibles, et le silence qui règne dans l'habitacle est plus lourd que tous les mots qu'il pourrait prononcer, plus étouffant que tous les cris qu'il pourrait pousser. Le moteur ronronne doucement, les pneus chuchotent sur l'asphalte mouillé, et autour de nous, la campagne endormie défile dans un flou de ténèbres trouées par la lueur des phares. Je suis assise sur le siège passager, les mains posées sur mes cuisses, le regard perdu dans le paysage invisible, et je respire à peine, je bouge à peine, je vis à peine.Son silence est pire que les cris. S'il hurlait, s'il m'insultait, s'il me menaçait, je pourrais me défendre, je pourrais lui répondre, je pourrais puiser dans ma col
Chapitre 56DamienJe lui ai barré la route.J'ai doublé sa voiture dans un virage serré, les pneus hurlant sur l'asphalte mouillé, le moteur rugissant comme un fauve en chasse, et je me suis placé en travers de la chaussée, lui coupant toute retraite, toute fuite, tout espoir. Elle a freiné brusquement, la berline noire a dérapé sur les graviers du bas-côté, et pendant une fraction de seconde, j'ai revu l'accident, j'ai revu la voiture qui bascule dans le ravin, j'ai revu son corps inerte sur le lit d'hôpital, et mon cœur s'est arrêté, mon souffle s'est bloqué, ma vie tout entière a défilé devant mes yeux. Mais elle s'est arrêtée, elle n'a pas basculé, elle est restée là, immobile, les mains crispées sur le volant, le visage tourné vers moi &agra
Chapitre 55ArielleJe roule, les larmes aux yeux. Libre.La berline noire file sur la route de montagne, avalant les kilomètres dans un grondement sourd de moteur, et je tiens le volant à deux mains, les jointures blanchies par la tension, le regard fixé sur la ligne jaune qui danse dans la lumière des phares. Le paysage défile autour de moi, des sapins noirs qui se découpent sur le ciel d'encre, des rochers gris qui surgissent de l'ombre comme des fantômes, des lacets qui s'enroulent autour de la montagne comme un serpent infini, et je pleure, je pleure sans pouvoir m'arrêter, de grosses larmes chaudes qui roulent sur mes joues et qui brouillent ma vision, qui se mêlent au vent glacé qui s'engouffre par la vitre entrouverte. Je pleure de peur, de soulagement, de tristesse et de joie mêlées, je pleure sur ce que je laisse derrière moi
Chapitre 54DamienElle a disparu. Un trou béant dans ma poitrine.Je me suis réveillé au milieu de la nuit, le bras tendu vers son côté du lit, et je n'ai rencontré que le vide, que la fraîcheur des draps de soie grise abandonnés depuis plusieurs heures déjà. Mon cœur s'est arrêté, littéralement arrêté, une fraction de seconde qui m'a paru une éternité, et puis il est reparti, plus fort, plus vite, tambour de guerre dans ma poitrine. J'ai hurlé son prénom dans le silence de la chambre, j'ai bondi hors du lit, j'ai couru dans les couloirs, dans la bibliothèque, dans l'atelier vide, dans les jardins noyés de brume, et partout, partout, le même silence, la même absence, le même vide.J'ai activé tous les traceurs, le logiciel de co
Chapitre 53ArielleLysandre m'a donné une voiture. Je fuis ce soir.C'est arrivé plus vite que je ne l'aurais cru, plus vite que je ne l'avais prévu, plus vite que tous mes plans de fuite échafaudés dans le silence de la bibliothèque ne l'avaient anticipé. Lysandre Devereux, l'homme au regard de pitié brûlante croisé au gala, l'ennemi juré de Damien, le rival qui veut me prendre à mon mari autant par désir que par vengeance, est devenu mon allié. Il m'a contactée par un message crypté qui est apparu sur mon téléphone comme par miracle, un message qui a échappé à la surveillance de Damien, un message qui disait simplement : « Si tu veux partir, je peux t'aider. Demain soir, minuit, la porte de service derrière les cuisines. Une voiture t'attendra. »&n
Chapitre 52ArielleAu réveil, il avait les yeux rouges.La lumière grise de novembre filtrait à travers les rideaux de soie, dessinant des motifs pâles sur le parquet de la chambre, et je me suis réveillée lentement, émergeant d'un sommeil sans rêves, le corps encore lourd de la confrontation de la veille, l'esprit encore embrumé par les cris et les larmes et les accusations. Je n'avais pas bougé de ma position, recroquevillée au bord du lit, les genoux repliés contre la poitrine, les bras serrés autour de moi comme pour me protéger d'une menace invisible. Et quand j'ai tourné la tête, quand mes yeux ont rencontré les siens, j'ai vu qu'il n'avait pas dormi, qu'il était resté toute la nuit dans la même position, assis contre les oreillers, le regard fixé sur moi, et que ses yeux &







