INICIAR SESIÓNChapitre 77
Damien
Nous avons fait l'amour cette nuit. C'était différent. Doux, tremblant. Elle a pleuré dans mes bras après. « Pourquoi est-ce que je t'aime ? » a-t-elle murmuré. Je n'ai pas répondu. Je ne mérite pas de réponse.
Je ne sais pas comment c'est arrivé. Après des heures dans la chambre de ma mère, après le silence et les la
Chapitre 81DamienMon père a tenté de la manipuler. Je l'ai jeté dehors. Le vieux serpent a sifflé : « Tu es comme moi. » Mais non. Je ne veux plus être comme lui. Arielle m'a pris la main. Un geste mince, un monde d'espoir.La chambre d'hôpital sent l'éther et la maladie. Mon père est adossé à ses oreillers, le teint cireux, mais ses yeux, ces mêmes puits de glace, sont plus vivants que jamais. Il n'a pas perdu une seconde. Dès qu'Arielle a franchi le seuil, il a incliné la tête, ce sourire mielleux que je déteste, et il a parlé.— Approchez, ma chère. Vous devez savoir la vérité. Damien vous a enfermée, il vous a traquée, il a causé votre accident. Tout ce qu'il a fait, c'est par amour, mais un amour destructeur. Comme le mien. Il e
Chapitre 80ArielleNous travaillons ensemble pour comprendre le passé. Je le vois affronter son père, ses mensonges. Mon respect renaît, fragile. Mais je garde mes distances, effrayée de replonger. Chaque baiser est un pari.Le bureau de Cornelius est une pièce sombre que je n'aurais jamais pensé explorer avec Damien. Et pourtant, nous y sommes, côte à côte, plongés dans des cartons de documents que lui-même a sortis de l'armoire forte. Il fouille, lit, jette. Ses gestes sont brusques, sa mâchoire serrée. Je l'observe en silence, partagée entre l'envie de l'aider et la peur de m'approcher trop.— Regarde ça, dit-il en me tendant une liasse. Les preuves de l'internement de ma mère. Signées, datées. Tout y est.Je prends les feuilles, je les parcours. Les
Chapitre 79DamienPour la première fois, je me dis que je pourrais la perdre pour de bon, et que je devrais l'accepter. Cette pensée me terrifie. Mais c'est peut-être la seule preuve d'amour véritable que je puisse lui offrir.Je suis dans mon bureau, les coudes sur la table, la tête entre les mains. Arielle est quelque part dans le manoir, silencieuse, et je sais qu'elle m'échappe déjà, même si elle est encore là. Depuis cette nuit, depuis ses mots « On essaie », je sens en elle une distance nouvelle, non plus de la haine, mais une lucidité qui me glace. Elle ne me fuit plus, elle m'observe, elle attend, comme si elle cherchait la faille qui confirmera ses peurs.— Damien.Sa voix me fait sursauter. Elle est entrée sans bruit
Chapitre 78ArielleJe l'aime. C'est une certitude hideuse et belle. Je l'aime, et je sais qu'il m'aime. Mais son amour a failli me tuer. Puis-je construire quelque chose sur ces ruines ? Je n'ai plus aucune boussole.— Arielle.Sa voix me fait sursauter. Il est sur le seuil, une tasse de café à la main.— Je t'ai préparé ton café.— Merci.Il s'assied à côté de moi, à distance prudente.— Je n'ai pas dormi, avoue-t-il. J'avais peur de te brusquer.— Moi non plus.Un silence. Puis je me lance, sans filet.— Je t'aime, Damien.Il relève brusquement la tête.— Quoi ?— Je t'a
Chapitre 77DamienNous avons fait l'amour cette nuit. C'était différent. Doux, tremblant. Elle a pleuré dans mes bras après. « Pourquoi est-ce que je t'aime ? » a-t-elle murmuré. Je n'ai pas répondu. Je ne mérite pas de réponse.Je ne sais pas comment c'est arrivé. Après des heures dans la chambre de ma mère, après le silence et les larmes, elle est venue me rejoindre dans notre chambre. Elle se tenait sur le seuil, fragile, les yeux encore rouges, et je n'ai pas osé bouger. Puis elle s'est approchée, lentement, comme on s'approche d'un animal blessé. Elle a posé sa main sur ma joue, et j'ai fermé les yeux, incapable de retenir le frisson qui me parcourait.— Damien, a-t-elle dit, si bas que j'ai cru rêver.Elle a posé ses lè
Chapitre 76ArielleLe deuil d'Héloïse nous a rapprochés. C'est tordu. Je le hais pour ce qu'il m'a fait, mais je le vois lutter contre ses chaînes. Et je tombe amoureuse de l'homme qui essaie de briser le monstre.Il passe ses journées dans la chambre de sa mère, à trier des cartons, à relire des lettres, à pleurer parfois. Je l'observe de loin, sur le seuil, incapable de partir, incapable de rester indifférente. Il est vêtu simplement, les manches retroussées, les cheveux en désordre, et il n'a plus cette allure de prédateur qui me glaçait. Il a l'air humain, fragile, terriblement vrai. Et moi, je reste, déchirée entre la haine et cette compassion qui me ronge.— Pourquoi tu ne me laisses pas t'aider ? je finis par demander, adossée au chambranle.Il r







