LOGINLe voyant vert de la console s’était éteint et la cage venait de nous rappeler à l’ordre, coupant net l'élan charnel qui nous poussait l'un vers l'autre.
Inaya recula d’un pas sec.
Le masque de défi arrogant qu’elle portait depuis son réveil se fissura une fraction de seconde, laissant place à une panique instinctive, presque sauvage. Ses yeux clairs fixèrent l’appareil qui continuait de hurler dans les douze mètres carrés du bunker.
— Qu’est-ce que c’est ? Un signal extérieur ? demanda-t-elle.
Sa voix, d'ordinaire si tranchante et provocatrice, venait de dérailler légèrement. C’était le premier signe de faiblesse que je percevais chez elle, et il fit écho à une étrange secousse au fond de ma propre poitrine.
— Non, grognai-je en me détournant d'elle à contrecœur, le corps encore tendu par la frustration de l'avoir frôlée d'aussi près.
Je m'avançai vers la console. La pièce tangua sous mes pieds, un reste de fièvre et de faiblesse que je balayai d’un revers de manche pour me concentrer sur l'écran LCD. Les lignes de code défilaient en boucle sous la lumière , jetant des reflets sanglants sur nos peaux moites.
« ERREUR 404 : PRESSION VENTILATION NÉGATIVE. FILTRES SATURÉS. »
— Les décombres de l’usine, analysai-je tout haut, ma voix n'étant qu'un grondement râpeux et lourd. Les blocs de béton ont fini par obstruer la prise d’air extérieure. Les ventilateurs forcent surchauffant système
Derrière moi , je n'avais pas besoin de me retourner pour deviner sa proximité ; sa chaleur corporelle et l'odeur entêtante de son parfum magnétique flottaient déjà jusqu'à moi. Elle croisa les bras sur son débardeur noir froissé, qui moulait parfaitement la courbe de ses seins. Je remarquai le mouvement rapide, presque frénétique, de sa cage thoracique. Elle n’était pas en acier.
Elle était terrifiée à l’idée d’être enterrée vivante avec l'homme qu'elle jurait de haïr.
— Traduis en français , Sterling, murmura-t-elle, faisant un pas de plus.
Ses yeux cherchaient les miens, ancrés dans l'écran, pour y trouver une réponse qu’elle n’avait pas. La fierté du cartel s'effaçait derrière une détresse terriblement charnelle.
— En français ? Je me tournai brusquement vers elle, réduisant l'espace entre nous pour ancrer mon regard possessif dans le sien. Si on ne relance pas manuellement la pompe de surpression pour dégager le conduit, les ventilateurs vont griller. Et dans moins d’une heure, on aura consommé le peu d'oxygène qui reste ici. Chaque souffle , nous rapproche du néant.
À ces mots, ses épaules s'affaissèrent imperceptiblement. La fille du parrain, habituée à commander ou à fuir en voiture de luxe, venait de réaliser l'absolue et brutale impuissance de notre situation. Ses doigts fins se mirent à trembler légèrement autour du boîtier noir qu'elle serrait contre sa poitrine comme un bouclier inutile, soulignant malgré elle la courbe tendue de sa taille.
— On va mourir étouffés ici… souffla-t-elle, les yeux fixés sur le sol en béton, sa voix brisée perdant toute superbe. Mon père a gagné.
Voir cette étincelle de fureur s'éteindre chez elle me causa un choc plus violent que la douleur qui me lançait dans l'épaule gauche. Je ne voulais pas d'une proie brisée par la peur, soumise au désespoir. Je voulais la frivole vibrante, celle qui me tenait tête, celle dont la résistance attisait un désir sombre et incontrôlable en moi.
Je fis le pas restant, brisant définitivement la distance de sécurité. Mes hanches vinrent presque presser les siennes, la bloquant contre le rebord métallique de la console. Je saisis sa main tremblante. Sa peau était glacée, contrastant avec la mienne, brûlante de fièvre et d’une tension d'une tout autre nature.
— Regarde-moi, Inaya, ordonnai-je d'une voix basse, un murmure rauque chargé d'une autorité absolue qui la fit frissonner. Regarde-moi.
Elle leva les yeux, ses cils sombres palpitant sous la lueur rouge qui donnait à ses lèvres entrouvertes une teinte provocante, presque pécheresse.
— Je ne suis pas resté en vie après les tirs de Marcus pour crever à cause d'un filtre à air, repris-je, mes doigts se resserrant fermement, possessivement sur les siens pour lui injecter ma propre rage de survivre. Je ne peux pas réinitialiser le clapet hydraulique seul. Il faut actionner le levier de secours au fond du sas tout en maintenant la commande de la console active. Ma main valide est bloquée sur le clavier. Il me faut tes bras. Il me faut ton corps contre le mien. Il me faut ta force, Inaya.
Le contact de nos mains, brutes et serrées l'une contre l'autre, sembla agir comme un électrochoc. Je vis une vague de chaleur remonter le long de son cou, colorant ses joues, et cette vulnérabilité farouche et sexy que j'aimais tant reprit instantanément le dessus. Ses yeux s'enflammèrent à nouveau, non plus de terreur, mais d'un défi brûlant qui répondait au mien. Elle déglutit difficilement, redressa fièrement le menton, son corps se tendant contre le mien dans une promiscuité qui faisait grimper la température bien plus vite que la panne de ventilation.
Elle retira lentement, presque lâchement, sa main de la mienne, bien que ses yeux restassent ancrés dans les miens, refusant de rompre le fil invisible qui nous liait.
—Tu peux me donner tes ordres, Sterling, dit-elle, sa voix retrouvant enfin son timbre féroce, mais teintée d'une vibration nouvelle, plus troublante. Mais ne t'habitue pas à me toucher ainsi.
Un sourire sombre, carnassier et soulagé étira mes lèvres. Le monstre était de retour, et l'envie de la dominer dans ce sas étroit me brûlait les sangs.
— Suis-moi dans le sas. On va voir ce que tu as dans le ventre.
Mes chères lectrices, la tension monte d'un cran ! Entre le manque d'oxygène et cette lueur rouge d'urgence, le danger devient le catalyseur parfait d'une attraction brute et inévitable. Inaya montre enfin ses fêlures humaines face à la peur, et c'est précisément cette vulnérabilité qui pousse Kaelen à imposer son emprise. Ils ne peuvent plus fuir la proximité de leurs corps. Préparez-vous, car l'entrée dans l'espace ultra-réduit du sas pour le prochain chapitre s'annonce encore plus brûlante… Merci pour votre soutien et à très vite pour la suite !
POV Inaya— À trois, la poupée, siffla Kaelen à mon oreille.Je n'attendis pas son décompte.Je basculai hors de notre abri en métal et ouvris le feu. La première balle cueillit le garde de gauche en pleine poitrine. L'homme s'effondra dans un fracas lourd, sa lampe balayant le plafond avant d'éclairer ses coéquipiers.La riposte des hommes de Marcus fut immédiate. Une pluie d'acier pilonna notre position. Les impacts de fusil d'assaut faisaient voler des étincelles, projetant une odeur de métal brûlé et de poudre. Un éclat de peinture cuite me balafra la joue. Je ne cillai même pas.Sterling surgit de l'autre côté. Malgré son épaule blessée, son tir était chirurgical. Deux balles, deux silhouettes au sol. Sa carrure imposait le respect, mais les gouttes de sueur froide sur ses tempes ne me trompaient pas. Sa blessure le bouffait de l'intérieur. Et pourtant, entre deux décharges, son regard dérivait sur moi. Ce regard sombre, possessif, qui me rappelait encore la trace de ses mains su
POV Inaya— Si tu tires maintenant, le silencieux ne servira à rien avec l'écho de la tôle, siffla Kaelen à quelques centimètres de mon oreille.Sa main massive vint se plaquer sur mon poignet, bloquant mon index sur la détente. Mon pistolet était braqué droit sur la tempe du garde qui venait de tourner l'angle du conteneur. Le type s'était arrêté à trois mètres de nous, sa torche tactique balayant la boue du chantier naval, ignorant que la mort le fixait à travers le viseur.— Il va nous repérer, murmurai-je sans dévier mon regard d'un millimètre.— Laisse-le faire deux pas de plus, ordonna le mercenaire.Il ne tremblait pas. Son torse chaud collé contre mon dos m'ancrait dans la réalité, malgré la brûlure du vent glacé du port sur mon visage. Le garde fit un pas. Puis un second. Le faisceau blanc de sa lampe accrocha le bout de mes bottes crottées.Avant qu'il n'ait pu ouvrir la bouche ou lever son arme, Kaelen jaillit par-dessus mon épaule.Un mouvement de prédateur, fluide et mor
POV InayaLe silence qui avait succédé à la fureur de nos corps était lourd, presque irréel, scellé par le martèlement régulier de la pluie contre les carreaux fêlés de la chambre 114.Je restai un instant appuyée contre le bois brut de la porte, les jambes engourdies, le souffle encore court. Sterling ne s'était pas écarté immédiatement. Son front reposait contre le mien, sa poitrine massive se soulevant à un rythme puissant contre mes nichons zébrés de sueur. L’odeur du soufre, de la poudre et de nos chairs mêlées imprégnait la pièce étroite.— Tu ne trembles plus, la poupée, murmura-t-il, sa voix caverneuse faisant vibrer mon torse.Je relevai le menton, croisant son regard sombre. L’arrogance habituelle du mercenaire avait cédé la place à une lueur d’une gravité absolue.— J’ai laissé mes tremblements dans le couloir de l’entrepôt, Sterling.Un rictus imperceptible étira le coin de ses lèvres sanglantes. Il se recula lentement, rompant le contact. Un frisson de froid m’assaillit
POV InayaLa porte de la chambre 114 se referma dans un claquement sec, coupant les hurlements de la tempête. Dimitri nous avait jetés là avant de fuir avec ses serveurs. L’endroit empestait le tabac froid et le soufre. Une seule ampoule nue oscillait au plafond, projetant des ombres saccadées sur le grand lit au couvre-lit déchiré.L'adrénaline de la fusillade ne retomba pas ; elle se mua instantanément en une électricité sexuelle suffocante. Kaelen fit un pas. Sa stature massive me bloqua contre le panneau de bois de la porte. Sa peau mate était trempée de pluie, ses muscles saillaient, et son regard sombre, ancré dans le mien, brillait d’une faim purement animale.— Tu as passé la nuit à jouer avec le feu, murmura-t-il, sa voix rauque vibrant contre ma tempe.Sa main droite jaillit, se referma sur ma nuque et me cambra vers lui.Je respirai brutalement, le cœur cognant contre mes côtes à m'en briser le torse. L’odeur de la poudre et la chaleur brute de son corps me firent perdre la
POV Kaelen Inaya marchait derrière Dimiti , le pistolet bas, sa silhouette droite trahissant une tension extrême. Elle venait de tuer son premier homme. Je connaissais ce silence-là ; c’était celui qui précédait la prise de conscience.Un fracas métallique retentit au-dessus de nos têtes, brisant l'obscurité. La trappe en fonte venait d’être forcée.— Ils sont déjà là, siffle Dimitri, sa voix montant d’un octave dans le tunnel.— Continue d'avancer, gamin. Garde Inaya derrière toi, ordonnai-je en faisant demi-tour, mon arme levée vers l’ouverture.Je n'attendis pas leur réplique et me plaquai contre le pilier d'angle qui soutenait l'accès à la galerie. Des faisceaux de lampes tactiques percèrent le trou de la trappe, balayant verticalement le puits d'accès. Une silhouette commença sa descente, agile, lourde. Marcus.Il toucha le sol en béton dans un bruit sourd. Avant même qu'il ne pût lever son canon, je pivotai hors de mon abri et pressai la détente. La balle percuta le montant en f
POV InayaClac.Le métal heurta le béton dans un bruit sec. La silhouette noire s'effondra d'un bloc, la tête la première, les yeux grands ouverts et fixes sous la lumière blafarde des néons. Mes oreilles se mirent à siffler instantanément. — Ne t'arrête pas !La voix de Kaelen déchira le sifflement de mes tympans. Avant que je n'aie pu aligner une pensée, sa main valide jaillit, agrippa fermement le col de mon t-shirt noir et me jeta brutalement en arrière.Ratatatata !Une rafale de fusil d'assaut pulvérisa l'angle de briques juste là où ma tête se trouvait une fraction de seconde plus tôt. Une pluie d'éclats de plâtre et de gravats brûlants me cingla le visage, me coupant la joue. Kaelen bascula hors de notre abri précaire. D'un mouvement fluide, il épaula son arme de la seule main droite et pressa la détente à trois reprises. Trois détonations sèches, régulières, professionnelles.Je retins mon souffle en entendant un impact lourd suivi d'un grognement d'agonie à l'autre bout de
POV INAYALe grésillement de la console radio déchire l’obscurité comme un coup de poignard. Le bruit statique remplit les douze mètres carrés de notre prison de béton. Kaelen se fige au-dessus de moi, ses yeux noirs ancrés dans les miens. L’électricité qui vibrait entre nos corps s’évapore pour la
POV INAYALe poids de son corps m'écrase. Dans cette obscurité absolue, mes autres sens s'éveillent, exacerbés par l'adrénaline. Sa cage thoracique se soulève difficilement contre mes côtes, tandis que sa main s'agrippe toujours à mon poignet comme une menotte.— Dégage de là, Sterling. Tout de sui
POV INAYALe vacarme est assourdissant , des dizaines de balles perforent les tôles du hangar dans un sifflement strident. Des éclats de verre et de métal pleuvent autour de nous.Avant même que je n'aie le temps de me jeter au sol, la main puissante de Kaelen Sterling s'abat sur ma nuque. Il me pl
POV INAYAL’odeur de la poussière industrielle et du fer rouillé m’irrite la gorge depuis deux heures, mais je refuse de tousser. Le moindre bruit ici équivaut à un arrêt de mort. Accroupie derrière une carcasse de générateur en métal froid, je serre les doigts autour du boîtier métallique noir que




![LIÉE AU SEIGNEUR DE LA MAFIA[ Livre 1 de la série Entangled]](https://www.goodnovel.com/pcdist/src/assets/images/book/43949cad-default_cover.png)


