หน้าหลัก / Romance / Un Noël parfait / Chapitre 3 - L’Architecture du silence 1

แชร์

Chapitre 3 - L’Architecture du silence 1

ผู้เขียน: Darkness
last update ปรับปรุงล่าสุด: 2025-12-03 22:15:01

Jonas

La chaleur du feu me brûle le visage, mais l’intérieur de ma poitrine est un bloc de glace. Je suis assis sur le tapis usé, trop grand, trop raide, dans cette maison qui sent le lilas et le bois sec. Le gamin : Noé , est blotti contre mon côté, pas par affection, mais par curiosité pure. Il me montre un caillou qu’il a trouvé dans le jardin, « un caillou de lave, monsieur, regarde ses trous ». Sa voix est un petit flux continu, assuré, rêveur.

Je murmure une approbation, mais mes yeux ne quittent pas Élise.

Elle est debout dans l’encadrement de la porte, immobile comme une biche surprise sur une route. Ses bras sont croisés, une main serrant le coude opposé si fort que les jointures sont blanches. Elle ne me regarde pas, elle fixe un point derrière moi, sur le mur. Son profil est toujours aussi net, aussi pur, mais creusé par les années. Une fine cicatrice, nouvelle, barre son sourcil droit. J’ai une envie violente, soudaine, de poser mon doigt dessus, de lui demander comment. De savoir tout ce que j’ai manqué.

Et en même temps, une colère sourde gronde en moi. Elle est partie. Sans un mot. Un matin, le lit vide, l’appartement vidé de sa moitié. Plus de trace. Plus d’explication. Sept ans de silence. Et maintenant, ceci. Cet enfant.

Mes yeux reviennent à Noé. Il a levé la tête vers moi, son caillou oublié dans sa paume. Il plisse les yeux, exactement comme je le fais quand je réfléchis. Pas comme sa mère. Comme moi.

— Pourquoi tu as les yeux tristes ? il demande, sans préambule.

Le souffle me manque. Élise fait un mouvement imperceptible, un resserrement des épaules.

— Je ne les ai pas tristes, je dis, la voix rauque.

— Si. Comme maman, parfois. Quand elle regarde la photo dans le salon, celle qu’elle a retournée.

Le silence qui suit est électrique. Je vois le visage d’Élise se décomposer, une seconde, avant qu’elle ne le recompose en un masque lisse. Mais j’ai vu. La photo. Retournée. Mon cœur cogne contre mes côtes, une pulsation sourde et chaude. Preuve. Soupçon. Poison.

— Noé, viens, il est l’heure du bain, dit-elle, et sa voix est douce mais tendue comme un fil à couper le beurre.

— Mais il est tôt ! Et le monsieur…

— Maintenant.

Elle ne crie pas. Elle n’a jamais crié. C’est cette fermeté basse, définitive, qui est bien pire. Noé baisse la tête, rassemble son trésor de cailloux. Il me jette un dernier regard, mi-excusant, mi-conspirateur.

— À tout à l’heure, monsieur.

— À tout à l’heure, Noé.

Son nom, dans ma bouche, a un goût étrange. Familier. Interdit. Je le regarde disparaître dans le couloir, sa petite main glissant sur la rampe de l’escalier.

Nous sommes seuls.

Le crépitement du feu est le seul son. Elle ne bouge toujours pas. Moi non plus. L’attraction est une force physique, un aimant tordu entre nos deux corps immobiles. C’est malsain. C’est nécessaire. C’est tout ce que j’ai ressenti il y a sept ans, amplifié par la trahison, par l’absence, par cet enfant qui est là-haut et dont chaque geste me crie une vérité qu’elle refuse.

— Tu ne m’avais pas dit que tu avais un fils, je finis par dire. Ma voix est trop basse, trop grave.

— Tu ne m’as pas laissé le temps.

— Sept ans, Élise. Sept ans, c’est tout le temps du monde.

Elle ferme les yeux. Un long moment. Quand elle les rouvre, ils brillent d’une lueur humide qu’elle ne laissera pas tomber. Je la connais.

— Pourquoi es-tu revenu ici ? Je pensais que tu étais parti pour de bon. À Paris, ou ailleurs.

— Ma mère est malade. Je suis là pour Noël. Et toi ? Pourquoi maintenant ?

— La maison. Il fallait que je m’en occupe. Que je la vide.

— Seule ?

Le sous-entendu est laid. Je le regrette aussitôt. Mais c’est trop tard. Elle se redresse, les bras tombant le long de son corps. Elle a un vieux sweat-shirt trop large, un jean usé. Elle n’a jamais été aussi belle. Dévastée. Réelle.

— Je suis toujours seule, Jonas.

Ces mots, prononcés sans pitié, sans appel, me frappent en plein sternum. Je me lève. Je ne peux pas rester assis. L’espace entre nous se réduit, chargé de toute l’histoire non dite, de toutes les nuits où j’ai rêvé de ça, de son goût, de sa peau sous mes paumes.

— Pourquoi es-tu partie ?

Elle secoue la tête, un mouvement infime.

— Je ne peux pas.

— Tu me le dois.

— Je ne te dois rien. Tu n’as aucune idée…

Elle s’interrompt, serre les mâchoires. Ses yeux parcourent mon visage, comme si elle cherchait des traces de quelque chose. De quelqu’un d’autre.

— Tu es avec quelqu’un ? elle demande soudain, et la question est un couteau.

Je pourrais mentir. Je devrais. Mais je ne peux pas. Pas sous ce regard.

— Oui. Je… je vais me marier. Au printemps.

Le choc passe sur ses traits, rapide, brutal, avant d’être enseveli sous une froideur de glace. Elle hoche la tête, comme si elle venait de recevoir une confirmation attendue.

— Félicitations.

Ce mot est le plus froid que j’aie jamais entendu. Elle tourne les talons, se dirige vers la cuisine.

— Il va se faire tard. La neige a dû cesser. Tu devrais…

Je la suis. Je n’ai pas le choix. Mon corps obéit à une loi plus ancienne, plus forte. Dans la cuisine étroite, elle se tient près de l’évier, les mains posées sur le rebord, regardant par la fenêtre la nuit noire et le manteau blanc infini.

อ่านหนังสือเล่มนี้ต่อได้ฟรี
สแกนรหัสเพื่อดาวน์โหลดแอป

บทล่าสุด

  • Un Noël parfait    Chapitre 16 – L’Écho 1

    JonasLa nuit est une longue agonie d’anticipation. Le studio sent le froid, le vieux bois et le café brûlé. Je ne peux rien avaler. Mes pensées sont une meule qui tourne, broyant chaque scénario, chaque mot possible. Il est mon fils. Il n’est pas mon fils. Les deux phrases battent contre mon crâne en alternance, impitoyables. Chacune apporte son propre vertige, son propre désastre.Mais il n’y a plus de chemin de retour. L’image d’Élise, debout dans le parc, forteresse vivante, et celle de Noé, riant sans savoir, ont scellé mon choix. Je ne peux plus être ce fantôme en observation. Je dois être l’homme qui affronte.Je me présente devant leur porte à dix heures précises. Trop tôt pour être courtois, trop tard pour fuir. Le jour est gris, lourd de neige à venir. Je lève la main. Mon poing, fermé, hésite une seconde au-dessus du bois peint avant de frapper. Le son est terriblement concret.Des pas légers à l’intérieur. Un frottement. Puis le silence. Elle est de l’autre côté. Elle rega

  • Un Noël parfait    Chapitre 15 – L’Offrande

    JonasLe matin arrive, cinglant et brutal. La neige a cessé, laissant un monde immaculé, aveuglant de blancheur. Une pureté mensongère. Rien n’est pur en moi. Je n’ai pas dormi. Les murs du studio m’ont observé toute la nuit, témoins silencieux de mon naufrage intérieur.La décision de cette nuit, prise dans le ventre noir de la campagne, n’a pas vacillé. Elle s’est durcie, froide et tranchante comme un glaçon dans la poitrine. Je dois savoir. Mais je ne peux plus foncer, arme au poing. Les mots d’hier soir avec Sophie résonnent encore, blessants dans leur justesse : je fracasse tout. Je dois approcher autrement. Offrir, avant d’exiger.Je passe la matinée dans une agitation stérile. Je marche dans la ville engourdie, bois des cafés trop noirs qui brûlent mon estomac vide. Mon esprit tourne en rond autour d’une seule idée, d’un seul besoin : les voir. Elle, et lui. Pas pour parler. Pas encore. Pour… être là. Exister à leur périphérie. Témoigner, par ma seule présence silencieuse, de m

  • Un Noël parfait    Chapitre 14 – La Lettre au Père Noël

    NoéLe plafond de ma chambre, dans le noir, n’est pas tout à fait noir. Il y a la lueur bleutée de ma veilleuse en forme de lune, et les reflets de la neige qui tombent de l’autre côté de la fenêtre. Ça fait comme un ciel à l’envers, avec des ombres qui bougent toutes seules.Maman vient de sortir. Elle a dit « Je t’aime plus que tout ». Sa voix était bizarre. Elle faisait douce et cassée en même temps, comme quand elle essaie de ne pas pleurer en regardant une photo de grand-père. Elle pense que je ne le vois pas, mais je le vois. Je vois beaucoup de choses.Je me suis tourné vers le mur pour qu’elle ne voit pas mon visage. Parce que moi aussi, j’avais quelque chose dans la gorge, quelque chose de gros et de chaud qui voulait sortir. Une tristesse. Une grosse tristesse qui vient de mon ventre et qui monte jusqu’à mes yeux.C’est à cause du monsieur. Jonas.Quand je l’ai vu dans la grande pièce froide, avec les boîtes, c’était comme si je le connaissais déjà. Pas comme on connaît le b

  • Un Noël parfait    Chapitre 13 – Le Sphinx

    ÉliseLa neige continue de tomber au-dehors, une descente silencieuse et incessante qui isole la maison dans une bulle de ouate blanche. À l’intérieur, il fait chaud, presque trop. L’odeur du dîner , des pâtes au fromage , traîne encore dans la cuisine.Noé ne veut pas dormir.— Maman, raconte encore l’histoire du dragon qui a le hoquet.— Je te l’ai racontée deux fois déjà, mon chéri. Il est l’heure.— Non. J’ai pas sommeil.Il est assis sur son lit, les genoux remontés sous le menton, ses grands yeux sombres fixés sur moi avec une intensité qui n’a rien d’enfantin. Il y a une attente en eux. Une question qui ne vient pas, ou pas encore.— Allez, sous la couette.Il obéit, mais ne se détend pas. Ses doigts tortillent le bord du drap. Le silence n’est troublé que par le crépitement du radiateur.— Maman…— Oui, mon cœur ?— Est-ce que… est-ce que tu connais bien le monsieur ? Celui de l’autre jour. Jonas.Le nom, dans sa bouche, me frappe en plein sternum. Un choc sourd qui se diffuse

  • Un Noël parfait    Chapitre 12 – La Faille

    JonasLa porte se referme derrière moi avec une douceur mortelle. Le son du clic résonne dans la cage d’escalier vide, dans ma tête, dans ma poitrine. Je reste un instant immobile, une main sur la rampe froide, l’autre serrant mon manteau comme une bouée.Je t’aime, Sophie.Si. C’en était un.Ses derniers mots sont des lames tournoyantes dans le ventre de ma culpabilité. Elle a raison. Le mensonge par omission est le pire. J’ai protégé mon chaos, mon doute naissant, au lieu de lui offrir l’honnêteté qui était son dû. J’ai voulu comprendre seul, et dans cette quête égoïste, j’ai tout fracassé.Je descends les marches, lourdes, lentes. L’air de l’immeuble est tiède, renfermé. Dehors, le froid me gifle, un soulagement brutal. Je marche sans but, les mains enfoncées dans les poches, le regard fixé sur le trottoir que la neige ne cesse de redessiner.Je viens de perdre Sophie. La pensée est là, nette et glacée. Je viens de perdre la femme qui m’a offert un havre, une paix que je croyais dé

  • Un Noël parfait    Chapitre 11 – L’Étreinte et l’Écart

    SophieLe silence dans la voiture est un bloc de glace entre nous. Il n’a pas fondu pendant le trajet de cinq minutes, il s’est épaissi, alourdi, jusqu’à devenir une présence physique. Jonas conduit, les mains crispées sur le volant à dix heures dix. Son profil est une falaise fermée. Il n’a pas dit un mot depuis que nous avons quitté la brasserie, après une discussion atrocement polie et vaine avec la serveuse pour régler l’addition.« Une vieille connaissance. » « Bizarre. »Les mots résonnent encore,creux et insultants. Pour elle, cette femme aux yeux de tempête. Pour moi. Pour ce que nous sommes censés être.Je regarde par la vitre. La ville défile, décor de carton-pâte sous son linceul de neige. Tout semble faux, soudain. Les guirlandes clinquantes, les vitrines illuminées, le sapin sur la place… une mise en scène pour une fête à laquelle je ne crois plus.Il se gare devant chez moi , chez nous, devrais-je dire, puisque j’ai passé les derniers mois à aménager cet appartement en p

บทอื่นๆ
สำรวจและอ่านนวนิยายดีๆ ได้ฟรี
เข้าถึงนวนิยายดีๆ จำนวนมากได้ฟรีบนแอป GoodNovel ดาวน์โหลดหนังสือที่คุณชอบและอ่านได้ทุกที่ทุกเวลา
อ่านหนังสือฟรีบนแอป
สแกนรหัสเพื่ออ่านบนแอป
DMCA.com Protection Status