MasukZoélineTrois semaines. Trois petites semaines pour préparer nos esprits, nos corps et nos auras à l'épreuve la plus monumentale de notre existence.Dès le lendemain de la traduction de la formule, le manoir d'OldMoon entra dans une sorte d'effervescence feutrée. Alors que la meute gérait les retombées logistiques du sommet, Daniella et Félix commençaient à quadriller le sanctuaire intérieur pour s'assurer qu'aucune interférence extérieure ou magique ne vienne perturber la résonance du rituel. Mais le plus gros du travail se jouait à huis clos, entre Charly et moi.Si nous devions affronter ensemble la déferlante d'émotions et de mémoires des quinze Alphas du continent, notre lien d'Âme Sœur devait devenir absolument étanche.— Respire, Zoé..., me chuchota la voix grave de Charly.Nous étions assis en tailleur au centre de notre chambre, les portes-fenêtres ouvertes sur le parc où la brise du soir faisait frémir les rideaux de soie et me permettait de me donner cet air qui me manquait
ZoélineAprès la parenthèse mouvementée de la veille, le réveil au manoir d'OldMoon se fit sous le signe d'une gravité retrouvée. Les délégations des différentes meutes avaient repris la route au petit matin, le parchemin d'allégeance scellé par le sang de leurs Alphas soigneusement mis en sécurité dans nos archives sécurisées. Chris avait raccompagné Olivia et la meute du Lys Blanc jusqu'aux portes du territoire, les yeux encore brillants d'une promesse de retrouvailles très proches.Mais pour Charly et moi, la trêve politique s'achevait ici.Dès 9h, je poussai les lourdes portes en fer forgé du laboratoire fortifié. L'odeur d'encre, de parchemin ancien et de résine magique m'accueillit immédiatement. Félix, les cheveux en pétard et ses lunettes d'érudit glissées sur le bout de son nez, était déjà attablé devant une montagne de grimoires. À ses côtés, Daniella vérifiait la stabilité du dôme de protection d'argent qui entourait toujours la sphère des Lycans Originels.— Enfin te voilà
ZoélineLe calme était enfin revenu sur les jardins suspendus du manoir, emportant avec lui les derniers éclats de la honte de l'Alpha Tyler. Plus personne n'osait élever la voix, et le respect qui entourait désormais Charly et moi était devenu presque religieux. Pourtant, loin de l'agitation des buffets et des discussions stratégiques des Alphas, mon regard restait obstinément rivé sur le grand chêne centenaire, à l'écart des tonnelles de fleurs.Là-bas, le temps semblait s'être arrêté pour mon petit frère.Chris et Olivia formaient un tableau d'une pureté saisissante. Le soleil de fin d'après-midi traversait le feuillage, projetant des cercles de lumière dorée sur la robe blanche de la jeune louve et sur la veste de costume de Chris, qu'il avait déjà déboutonnée pour être plus à l'aise. Ils étaient assis l'un en face de l'autre sur le banc de pierre, leurs genoux se frôlant à peine. Mon frère, d'ordinaire si exubérant, si prompt à faire des blagues ou à gesticuler, était d'une immob
ZoélineLe temps parut suspendre son vol dans le grand hall. L’arôme sauvage du choc de mon frère — un mélange d'ozone et de terre battue — balaya instantanément les effluves de peur laissées par l’Alpha Tyler. Autour de la table, la tension politique venait de se heurter de plein fouet à la magie la plus sacrée de notre peuple : le lien d'Âme Sœur.Le regard de Chris était littéralement ancré dans celui de la jeune louve aux yeux noisette. Derrière elle, l'Alpha de la meute du Lys Blanc, un homme au port altier et aux tempes grisonnantes nommé Arthur, se redressa immédiatement. En sentant les phéromones de mon frère saturer l'espace, ses yeux s'illuminèrent d'une lueur protectrice, presque défensive. Il recula légèrement sa chaise, plaçant sa silhouette massive entre Chris et sa protégée.« Zoé... c'est elle », me parvint à nouveau la voix mentale de mon frère, tremblante, un appel à l'aide teinté d'une panique enfantine. À dix-huit ans, il venait de trouver sa moitié en plein milieu
ZoélineLes deux semaines de préparation étaient passées à la vitesse d'une flèche de feu. Le manoir d'OldMoon s'était transformé en une véritable forteresse protocolaire. Sous la direction de Liam, la garde rapprochée avait été doublée, tandis qu'Harper et Lisa – mes bras droit en tant que femme de Bêta et de Gamma – supervisaient l'intendance pour accueillir les délégations de plus d'une quinzaine de meutes. L'atmosphère était lourde, presque électrique. Chaque loup présent sur notre territoire ressentait l'imminence d'un tournant historique.Dans notre chambre, je lissais les plis de ma longue robe en soie violette profonde, une couleur royale qui contrastait avec le teint légèrement hâlé de ma peau. Mes longs cheveux auburn retombaient en boucles lourdes sur mes épaules frêles. Devant le miroir, je pris une grande inspiration. Au fond de mon esprit, Amy battait doucement de la queue, son pelage blanc et auburn vibrant d'une assurance tranquille. « Nous sommes prêtes, Zoé », sembla
ZoélineLa nuit était tombée sur le manoir, enveloppant notre chambre d’une pénombre apaisante. Seul le crépitement du feu dans la cheminée projetait des ombres dansantes sur les murs de pierre. Malgré la fatigue résiduelle de mon entraînement avec Félix et Daniella, le sommeil refusait de venir. Les mots se bousculaient dans ma tête, s’entrechoquant au rythme des battements de mon cœur.Des enfants.L’image de la petite Léa s'endormant sur les genoux de Caleb et l'éclat de bonheur pur dans les yeux de Lisa me hantaient. Dans le monde des loups, la lignée est tout. Un Alpha se doit de donner un héritier à sa meute, un sang fort capable de reprendre le flambeau. Mais moi ? Qu’étais-je capable de transmettre ? Je n’avais pas de loup jusqu’à il y a 3 mois, pas de capacité lupine. Et maintenant j’étais un cas unique. J'abritais une louve puissante et rare et les esprits de trois créatures de légende qui menaçaient de faire trembler les murs à la moindre de mes sautes d’humeur. Qu’adviendr
ZoélineGardant la tête baissée, j’attendu une réaction de l’Alpha devant moi, mais rien. Je levai la tête pour l’observer : Il me fixait. Je ne saurais dire si c’était de la convoitise, de la curiosité ou s’il était prêt à ne faire qu’une bouchée de moi. Ce regard insistant me fit légèrement recul
ZoélineMalgré les deux portières que j'avais entendu, un seul homme discuter avec papa. Cela faisait déjà 5 min qu'ils parlaient ensemble et la curiosité me rongeait. Qui pouvait bien être cette personne pour que papa me dise de rester dans ma chambre. En toute logique cela ne pouvait être qu'un a
CharlyIl était trop tard pour se présenter chez l'Alpha de la meute du Clair de Lune, alors pour passer la soirée, Liam et moi sommes allés dans un bar. Cela nous permettrait de jauger l'ambiance de la meute et voir ce qu'il se disait.Elle a table derrière nous, deux hommes discutaient de l'aveni
ZoélinePlusieurs années ont passées, j'ai obtenu mon bac et même une licence en histoire, tout en continuant à m’effacer de la vie sociale de la meute.J’étais devenue une passionnée pour les traditions, cultures et les langues anciennes et oubliées de tous, j'avais réussi à prendre contact avec p







