INICIAR SESIÓNMais quelqu'un d'autre est entré.
Quelqu'un qui vit sous ce toit. Quelqu'un qui n'a pas besoin de forcer les serrures parce que les portes lui sont ouvertes. Quelqu'un qui peut circuler dans les couloirs à toute heure du jour et de la nuit sans éveiller les soupçons, parce que sa présence est légitime, naturelle, attendue.
Il défait les attaches délicates de mes chaussures à talons vertigineux, les laisse tomber sur le tapis épais avec un bruit mat et sourd. Ses pouces massent la plante de mes pieds endoloris par toute une nuit de danse, et je gémis de plaisir, un son qui s'échappe de mes lèvres sans que je puisse le retenir. — Continue, murmuré-je, la voix déjà rauque. Ne t'arrête pas. Il continue. Ses mains remontent le long de mes jambes avec une lenteur délibérée, savante, qui me rend folle. Il défait une à une les jarretelles de soie, fait glisser mes bas le long de mes cuisses, dévoilant ma peau nue centimètre par centimètre. Chaque parcelle de peau révélée est une promesse muette. Sa bouche suit le chemin de ses mains, dépose des baisers légers, à peine effleurés, sur mes chevilles, mes mollets, l'intérieur si sensible de mes genoux, le dessus de mes cuisses. Sa barbe naissante râpe doucement ma peau, ajoutant à
Elle lève les yeux vers moi, et dans son regard, je vois passer une ombre fugace. Une inquiétude, une appréhension, presque aussitôt réprimée. Elle sent que quelque chose ne va pas, elle le sent depuis des semaines, depuis des mois peut-être. Mais elle ne pose pas de questions. Elle me fait confiance. Elle me fait aveuglément confiance, et cette confiance me serre le cœur plus que toutes les menaces de mon frère. La valse s'achève dans un dernier tourbillon. Je la reconduis au bord de la piste, où un petit groupe d'invités l'entoure aussitôt, la complimente sur sa robe, sur sa beauté, sur son élégance. Les femmes l'admirent avec une pointe de jalousie rentrée, les hommes la dévorent des yeux avec une convoitise à peine dissimulée. Je m'écarte légèrement, lui laisse savourer son triomphe, son moment de gloire. C'est alors que je le vois. Nathaniel est là, adossé à une colonne de marbre rose, un
Clara Je voudrais tout lui dire. Lui raconter ma conversation avec Nathaniel dans la serre, lui annoncer que le cauchemar est terminé, que le monstre a jeté l'éponge, que nous pouvons enfin respirer sans craindre qu'il ne surgisse de l'ombre. Mais quelque chose me retient. La peur, peut-être, cette vieille compagne qui ne me quitte jamais vraiment. Ou la prudence. Ou cette petite voix intérieure, celle qui ne se tait jamais, qui me murmure que rien n'est jamais simple avec Nathaniel Harrington.Alors je me tais. Je mange ma brioche, je bois mon thé, je souris à ma sœur. Et pour la première fois depuis des mois, je me sens presque en paix.Si seulement je savais. Si seulement je pouvais voir ce qui se trame dans l'ombre, derrière ce sourire de soulagement. Si seulement je pouvais entendre le rire silencieux de Nathaniel, là-bas, dans la serre aux plantes mortes.Mais je ne sais pas. Je ne veux pas savoir. Je
Le silence qui suit est presque comique. Elle ouvre la bouche, la referme, l'ouvre à nouveau comme un poisson hors de l'eau qui cherche désespérément à respirer. Ses yeux s'écarquillent, ses mains se crispent sur le tissu de sa robe.— Quoi ? Qu'est-ce que tu as dit ?— Je renonce. À tout. À Amelia, à la vengeance, à la maison, à l'empire familial, à cette vie qui n'a jamais été la mienne. Je suis fatigué, Clara. Épuisé. Vidé de toute substance. Je n'ai plus la force de lutter contre des moulins à vent, de me battre contre des fantômes, de courir après une femme qui ne m'aimera jamais.— Mais… le chalet… le plan… les freins… tout ce que tu as préparé…— Annulé. Terminé. Oublié. Je ne veux plus en entendre parler. Je ne veux plus y penser. Je veux juste qu'on me laisse tranquille, qu'on me laisse finir ma vie dans un coin, sans faire de bruit, sans déranger personne.Elle me regarde, i
Je pense à ma poupée, sagement allongée dans la cave secrète, sous les draps de soie blanche, ses yeux peints qui fixent le plafond dans l'attente de mon retour. Je pense à Amelia, la vraie, la vivante, la chaude, la réelle, qui dort en ce moment même dans les bras de mon frère, sa tête brune sur son torse, sa main sur son cœur. Je pense à la rage qui me consume, qui me tient éveillé la nuit, qui me donne la force de continuer quand tout le monde voudrait me voir disparaître.Le plan doit être modifié. Accéléré. Précipité. James est maintenant averti , merci, chère Mère , il va renforcer la sécurité, il va se méfier de moi plus encore qu'avant. Il faut frapper plus vite que prévu. Plus fort. Plus intelligemment. Il faut l'attaquer là où il ne m'attend pas, au moment où il croira être en sécurité.Je retourne à mon bureau, allume la petite lampe de cuivre, sors une feuille de papier et commence à écrire d'une écriture serrée, fébrile. D
James se lève lentement, avec cette économie de gestes qui le caractérise. Il fait le tour de son bureau et vient s'agenouiller devant mon fauteuil, ce qu'il n'a pas fait depuis qu'il était enfant. Il prend mes mains glacées dans les siennes, chaudes et fermes, rassurantes comme celles de son père autrefois.— Merci, Mère. Sa voix est douce, presque tendre, une voix que je ne lui connaissais plus. Merci de me l'avoir dit. Je sais ce que cela a dû vous coûter. Je sais que vous l'aimez encore, malgré tout.— Il est mon fils, James. Mon bébé. Je l'ai tenu dans mes bras quand il est né, tout fripé et rouge, et j'ai pleuré de joie. J'ai veillé sur lui quand il avait la fièvre, des nuits entières à lui éponger le front. Je l'ai consolé quand son père le rejetait, quand il voyait que tous les regards allaient vers toi. Et aujourd'hui, je le trahis. Je le livre à toi. Qu'est-ce que cela fait de moi ?— Vous ne le trahissez pas, Mère. Vous le sauvez. Vous nous sauvez tous. S'il va jusqu'au bou
AméliaIl a l’air de quelqu’un qui a répété cette scène mille fois dans sa tête. Qui a savouré chaque mot, chaque révélation, comme un vin précieux qu’il aurait gardé des années en cave.— L’accident… murmuré-je. Le jet…Je ne peux pas finir ma phrase.Il ne répond pas.Il n’en a pas besoin.Son si
AméliaSa peau, sous mon nez. Sa joue, où mes lèvres rencontrent le frottement rêche d’une barbe de plusieurs jours. Son cou, à la jonction de l’épaule, cette place que j’aimais tant. Ses lèvres , je cherche ses lèvres comme si ma vie en dépendait, comme si en les touchant je pouvais ressusciter to
AméliaLe sommeil est une mer agitée où je sombre et ressuscite sans cesse, hantée par des visages flous et des voix qui se mêlent. Les murmures de James à l’autel, le ton cinglant de Gwendoline, le silence assourdissant de l’océan. Clara est descendue chercher du thé, laissant un vide protecteur à
AmeliaJe reviens à moi dans un lit inconnu, un lit vaste et trop mou, enveloppée dans des draps de soie froide. Une lumière tamisée filtre à travers de lourds rideaux de velours. Pendant un moment béni, je ne sais pas où je suis, je ne me souviens de rien. Puis la réalité me frappe à la poitrine c







