MasukJames veut te posséder, comme il possède ses entreprises, ses maisons, ses œuvres d'art. Moi, je veux te vénérer. Je veux t'adorer. Je veux passer ma vie à genoux à tes pieds, à te contempler, à te servir. Je suis le seul qui te comprenne vraiment. Le seul qui connaisse la profondeur de ton âme, la beauté de tes blessures, la force de tes fragilités.Ne me tourne pas le dos, mon amour. Ne m'abandonne pas à cette nuit sans fin. Un mot de toi, un seul, et je pourrai survivre à tout. Les murs de cette prison s'effondreront, les gardiens disparaîtront, et nous serons réunis, comme nous aurions dû l'être depuis le premier jour.Je t'attends. Je t'attendrai toute ma vie s'il le faut. Toute l'éternité.Ton âme sœur pour toujours,Nathaniel"Mes mains tremblent si fort que le papier vib
Elle me fixe, interloquée. Elle s'attendait à une dispute, à des justifications, à une argumentation logique et implacable. Pas à une capitulation immédiate. Sa colère vacille, se fissure, hésite entre la rancune et le soulagement.— Pardon ? répète-t-elle, comme si ce mot ne faisait pas partie du vocabulaire de James Harrington.— Pardon. Je te le demande sincèrement. J'ai eu tort. Je suis un homme habitué à tout contrôler, tout le temps. C'est un défaut, je le sais. Un défaut qui m'a rendu riche et puissant, mais qui fait de moi un mari parfois insupportable. Je te promets d'essayer de changer, même si c'est difficile. Je te promets de te parler avant d'agir. Je te promets de te faire confiance.Elle déplisse lentement son poing. La lettre froissée tombe au sol. Elle fait un pas vers moi, puis un
Je la rattrape de mon bras valide, la ramène contre moi, capture à nouveau ses lèvres. La douleur est un signal lointain, une interférence que je peux ignorer. La seule réalité qui compte, c'est elle. La chaleur de son corps, le goût de sa bouche, le parfum de sa peau, les petits gémissements qu'elle laisse échapper sans même s'en rendre compte.Nous titubons vers le lit, maladroitement, comme deux adolescents qui découvrent l'amour. Ma blessure me handicape, m'empêche de la porter comme je le voudrais, de la soulever dans mes bras comme j'en ai l'habitude. Mais elle s'adapte avec une grâce infinie, guidant mes mouvements, prenant l'initiative quand je ne peux pas.Elle m'allonge sur le dos, doucement, avec des précautions infinies. Elle défait les boutons de ma chemise, un à un, avec une lenteur délibérée, ses doigts effleurant ma peau à chaque étape, chaque caresse une étincelle. Elle fait glisser le tissu sur mes épaules, le jette au loin, et ses lèvres suivent le chemin de ses doi
Je le regarde, les yeux brouillés de larmes. Il est si sérieux, si solennel, si déterminé à me convaincre. Son visage est marqué, fatigué, des rides de souffrance autour des yeux et de la bouche, mais il n'y a pas l'ombre d'un doute dans sa voix. Il ne vacille pas. Il ne négocie pas. Il affirme, comme on constate une vérité scientifique, une loi de la physique. Tu as moi. Tu as ma famille. Point final.— Je ne mérite pas..., commencé-je, mais il me coupe d'un baiser, un baiser léger, à peine une pression de ses lèvres sur les miennes, mais assez pour faire taire mes protestations absurdes.— Ne dis jamais ça. Jamais. C'est moi qui ne te mérite pas. Toi, tu es la lumière que je n'espérais plus, la chaleur que je ne savais pas chercher, la rédemption que je ne méritais pas. Avant toi, j'étais un homme de chiffres et de contrats. Maintenant, grâce à toi, je suis un homme qui aime. Et je passerai chaque jour du reste de ma vie à te prouver à quel point je t'aime, à quel point tu mérites t
AmeliaLa grille du domaine s'ouvre devant nous avec une lenteur solennelle, et c'est comme si je franchissais les portes d'un monde nouveau. Le gravier crisse sous les pneus de la voiture blindée, un bruit familier qui devrait me réconforter, mais tout a changé. Tout est différent. La façade de pierre grise de la demeure ancestrale se dresse devant moi, majestueuse et impassible, inchangée depuis des siècles, et pourtant je ne la reconnais pas. Ou plutôt, c'est moi qui ne me reconnais pas.James est à côté de moi sur la banquette arrière, le bras en écharpe, le visage encore marqué par la fatigue et la douleur. Il n'a pas voulu rester à l'hôpital plus longtemps que nécessaire. Dès que les chirurgiens ont donné leur accord, il a signé les décharges, réclamé ses vêtements, organisé notre départ comme un général planifiant une retraite. Rien ne pouvait le retenir là-bas. Il voulait me ramener à la maison.La maison. Ce mot résonne étrangement en moi. Est-ce encore ma maison, cet endroit
JamesLe silence de l'hôpital est une substance physique, un baume épais et ouaté posé sur mes tympans meurtris par les détonations. La chambre est baignée dans la lumière pâle et froide d'une aube d'hiver, un blanc laiteux qui efface les ombres et adoucit les angles. Les couloirs sont vides à cette heure indue, seulement traversés par le glissement feutré des infirmières et les visages tirés des médecins qui achèvent leur garde de nuit.Ma blessure au bras s'est révélée plus sérieuse que je ne le pensais, plus sérieuse que je ne le lui ai dit. Le couteau de chasse, cette lame centenaire qui a servi à dépecer des cerfs, était effilé comme un scalpel. Il a entaillé profondément le muscle, sectionné partiellement un tendon extenseur. Les chirurgiens ont œuvr&eac
Après le dîner, nous rentrons dans le salon.La musique est douce, une mélodie lente que je ne connais pas. James me prend dans ses bras.— Danse avec moi, murmure-t-il.Je pose ma tête sur son épaule. Ses mains sont dans m
Je me réveille en hurlant.Amelia est là, penchée sur moi, ses mains sur mon visage, ses doigts sur mes joues. Son visage est blanc, ses yeux pleins de larmes. Elle tremble. Je sens ses mains trembler.— James, qu'est-ce qui se passe ? Tu as crié, t
Je le regarde droit dans les yeux. Mes yeux sont clairs, calmes, sûrs.— C'est vous qui décidez. Vous pouvez inventer un nom. Un responsable fictif. Un employé, un sous-traitant, n'importe qui. Je veux juste qu'il croie que son accident n'en é
NathanielLe soleil se lève à peine sur la propriété quand je sors de ma chambre.La lumière est blanche, laiteuse, encore timide. Elle glisse sur les murs de pierre, caresse les vitraux du couloir, se pose sur les tableaux de famille







