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Chapitre 8 : Incroyable 2

Penulis: Déesse
last update Terakhir Diperbarui: 2026-02-10 19:20:00

Amelia

Elle marque une pause, ses doigts effilés jouant avec un médaillon en or à son cou.

— J’ai parlé avec nos avocats. Le testament de James est… clair. En l’absence d’enfant, son épouse est son unique héritière. À condition, bien sûr, que le mariage soit valide.

Je la regarde, incrédule.

— Il est valide. Nous l’avons signé à l’église, devant témoins.

— Oui, je sais. Le pasteur a confirmé. Mais les circonstances… le secret… Tout cela est très inhabituel. Pourquoi James vous a-t-il caché sa v
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    AméliaLe sommeil est une mer agitée où je sombre et ressuscite sans cesse, hantée par des visages flous et des voix qui se mêlent. Les murmures de James à l’autel, le ton cinglant de Gwendoline, le silence assourdissant de l’océan. Clara est descendue chercher du thé, laissant un vide protecteur à mes côtés. Dans ce demi-rêve, je suis encore dans notre petite maison de bois, et la chaleur du matin entre par la fenêtre.Le fracas est si violent qu’il déchire le voile de la fatigue. La porte de la chambre d’amis, lourde et ancienne, s’ouvre en heurtant le mur avec un bruit de tonnerre. Je me redresse d’un bond, le cœur battant à tout rompre, les yeux brûlés par les larmes et l’éblouissement de la lumière du couloir.Une silhouette se découpe dans l’embrasure, haletante. Une femme. Elle est splendide, d’une beauté ciselée et froide comme un diamant. Des cheveux châtain clair coiffés avec une perfection sévère, un tailleur-pantalon immaculé qui épouse des formes élégantes. Ses yeux, d’un

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    AmeliaElle marque une pause, ses doigts effilés jouant avec un médaillon en or à son cou.— J’ai parlé avec nos avocats. Le testament de James est… clair. En l’absence d’enfant, son épouse est son unique héritière. À condition, bien sûr, que le mariage soit valide.Je la regarde, incrédule.— Il est valide. Nous l’avons signé à l’église, devant témoins.— Oui, je sais. Le pasteur a confirmé. Mais les circonstances… le secret… Tout cela est très inhabituel. Pourquoi James vous a-t-il caché sa vraie situation ? Pourquoi ce mariage précipité, sans même en informer sa famille ?Sa voix est douce, mais chaque question est une accusation déguisée.— Je ne sais pas, je dis, et ma propre voix tremble de frustration et de peine. Il m’a dit qu’il était modeste, qu’il gérait une petite mine. Il a rencontré mon père, lui a fait les mêmes promesses. Nous avons cru à un avenir simple, heureux. Je ne savais rien de tout… ceci.Je fais un geste vague qui englobe la pièce luxueuse, le domaine invisib

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    AmeliaJe reviens à moi dans un lit inconnu, un lit vaste et trop mou, enveloppée dans des draps de soie froide. Une lumière tamisée filtre à travers de lourds rideaux de velours. Pendant un moment béni, je ne sais pas où je suis, je ne me souviens de rien. Puis la réalité me frappe à la poitrine comme un coup de poing, me volant le souffle.James. Mort. Le mensonge. Le jet. Ce château.Un gémissement m’échappe. Je tourne la tête sur l’oreiller et je vois Clara, assise dans un fauteuil à côté du lit, le visage pâle et tiré. Elle tient une tasse de thé à moitié vide. Quand elle voit mes yeux s’ouvrir, elle se penche en avant, un soulagement intense traversant ses traits.— Amelia. Te voilà. Tu nous as fait peur.— Où… ?— Dans la chambre d’amis. Enfin, c’est ce qu’ils appellent ça. C’est plus grand que toute notre maison.Je repousse les couvertures. Je suis toujours dans la robe noire, mais on a retiré mes chaussures. Mes pieds sont glacés sur le parquet sombre.— Combien de temps… ?

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    AmeliaPuis nous traversons le petit jardin, nos pieds semblant s’enfoncer dans la terre familière. Clara monte d’abord dans la voiture, me tenant la main pour m’aider. L’intérieur sent le cuir neuf et un parfum discret et froid. La portière se referme avec un clunk étouffé.Le trajet est un cauchemar feutré. Clara ne lâche pas ma main, ses doigts chauds et fermes entrelacés aux miens, glacés. Elle ne parle pas, mais son silence est actif, présent. Je regarde défiler le paysage par la fenêtre, mais je vois à peine. Je suis ancrée à sa présence.— Il nous a menti, Clara, je murmure soudain, les yeux rivés sur la route qui fuit.— Je sais, répond-elle simplement. Mais cela ne change pas ce que tu as ressenti. Ton chagrin est vrai, lui.Son pragmatisme est un baume. Il ne fait pas disparaître la trahison, mais il préserve la réalité de mon amour, de ma perte.L’aérodrome régional est petit, exclusif. Et là, sur le tarmac, se tient l’appareil. Blanc, effilé, élégant et mortifère. Son aile

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    AmeliaLes heures passent ainsi, dans le silence laborieux de la boutique, bercé par le chant des oiseaux à l’extérieur et le cliquetis occasionnel de la clochette quand un client entre. Chaque fois, je sursaute, espérant voir James franchir la porte, sourire aux lèvres, prêt à s’excuser. Mais ce n’est jamais lui.Le soleil est au zénith lorsqu’il se passe enfin quelque chose.Le téléphone, un vieil appareil accroché au mur du fond, se met à sonner. Une sonnerie stridente, impérieuse, qui déchire la quiétude du lieu.Clara, les mains pleines de mousse, me lance un regard.— Tu veux que je réponde ?Je fais non de la tête. C’est peut-être lui. C’est sûrement lui. Mon cœur se met à battre à tout rompre, un espoir fou renaissant. Je me lève, essuie mes mains sur mon tablier, et décroche le combiné lourd.— Allô ? je dis, la voix encore un peu rauque des larmes.— Puis-je parler à Mme Amelia Harrington ?Une voix de femme, âgée, ciselée par l’élégance et le chagrin, mais étrangère.— C’es

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