เข้าสู่ระบบLa villa avait le silence des lieux qui attendent.Pas le silence vide des maisons inhabitées, mais celui, plus étrange, des espaces préparés pour recevoir quelqu’un en crise. Les rideaux déjà tirés comme il faut, le réfrigérateur rempli, les chambres aérées, les systèmes de sécurité testés, les fleurs fraîches dans l’entrée sans qu’aucune main réellement aimante ne les ait choisies. Tout y était juste. Rien n’y était vivant.Alena passa sa première soirée à apprivoiser cette justesse.Sabine avait imposé un minimum de rituel avant de repartir vers Munich pour gérer la couverture logistique : repas léger, horaire des appels, planning médical, protocole de sécurité, numéros d’urgence. Clara, elle, avait refusé de la laisser seule avant la tombée complète de la nuit.— Tu as déjà l’air de vouloir te dissoudre dans les boiseries, dit-elle en la suivant jusqu’au salon.— Les boiseries ont l’avantage de ne pas poser de questions.— Moi aussi, si tu préfères.Alena lui jeta un regard.— Tu
L’idée, une fois prononcée, ne la quitta plus.Partir.Pas disparaître totalement — ce serait impossible, et politiquement suicidaire. Mais se retirer assez loin du siège, du manoir, des journalistes de porte cochère, des actionnaires furieux et des regards de Max pour reprendre de l’air. Garder le contrôle de la narration en s’absentant avant d’être encerclée complètement.Ce soir-là, dans le salon de Schwabing, Clara fut la première à réagir franchement.— Tu vas t’exiler ? demanda-t-elle. Comme au XIXe siècle ?— Tu préfères quoi ? Que je reste ici à servir de cible mouvante à tous les photographes de Munich ?Clara ouvrit les mains.— Je comprends la logique. Je déteste simplement ce qu’elle dit de ton monde.Sabine, elle, avait déjà basculé du côté de l’exécution.— Nous avons deux propriétés pouvant servir de retraite discrète, dit-elle en faisant apparaître une carte sur sa tablette. Un appartement à Garmisch, trop visible pour les déplacements. Et une villa en périphérie ouest
Greta ne vint jamais.À huit heures trois, le café près de l’ancien marché aux fleurs n’accueillait encore que des habitués silencieux, deux serveuses nerveuses et trois tables vides dans le fond. À huit heures huit, Clara avait déjà fini son deuxième espresso. À huit heures douze, Sabine, installée seule près de la vitrine avec un journal déplié, ne quittait plus la porte des yeux.Alena, dissimulée dans l’arrière-salle, sentit le piège se refermer sans même savoir sur qui.— Elle ne viendra pas, murmura Clara dans l’oreillette discrète.— Attends encore cinq minutes, répondit Sabine.À huit heures vingt, le téléphone d’Alena vibra enfin.Un message d’un numéro inconnu.Je suis désolée. Ne me cherchez plus.Rien d’autre.Clara jura à voix basse. Sabine ferma son journal.— Sortez, dit-elle. Maintenant. Avant que ce lieu devienne lui-même un signal.De retour dans la voiture, la frustration tomba sur elles comme une pluie froide.— Elle a eu peur, dit Clara.— Ou quelqu’un l’a récupér
Quand Alena franchit les portes de l’hôtel, l’air du soir lui sembla plus froid qu’il ne l’était vraiment.Clara la suivit de près, une main presque posée dans son dos sans la toucher. Elles traversèrent le hall trop vite pour qu’un observateur discret puisse distinguer s’il s’agissait d’une fuite ou d’un départ ordinaire. Sabine les attendait déjà dans la voiture, moteur allumé, téléphone ouvert sur plusieurs écrans de veille.À peine la portière refermée, Clara éclata :— Tu aurais pu lui dire qu’on avait une piste sur Greta.— Pour quoi faire ?— Parce qu’il sait peut-être quelque chose d’autre !— Ou parce qu’il retournera cette information contre moi avant minuit.La voiture démarra. Sabine, assise à l’avant, intervint sans se retourner.— Le plus urgent est de retrouver Greta avant eux.Alena regarda par la vitre les lumières défiler. Son cœur battait encore trop vite. Le croiser là-bas l’avait ramenée d’un coup à tout ce qu’elle tentait de tenir séparé : la nuit, le scandale, l
Max n’avait pas prévu de revenir au Kronen Club ce soir-là.C’était Lukas qui avait insisté. Un ancien serveur, silencieux depuis des semaines, venait enfin d’accepter un entretien officieux avec l’équipe sécurité — mais seulement sur place, dans un salon discret de l’hôtel, loin des convocations formelles et des enregistrements évidents. Max avait donc cédé, davantage par irritation que par méthode. Il voulait des réponses, et ses réponses se trouvaient décidément partout sauf dans sa paix mentale.Il traversa le hall avec son conseiller en retrait et aperçut immédiatement Alena.Pas d’abord parce qu’il la cherchait. Parce qu’il la reconnaîtrait désormais même dans une gare bondée, pensa-t-il avec colère.Elle était assise dans une alcôve, vêtue plus sobrement qu’à l’habitude, Clara à son côté, un directeur du salon debout devant elles. La scène, prise dans son ensemble, parlait d’elle-même : elle était venue chercher quelque chose. Elle aussi.L’ironie du moment lui donna envie de r
Clara arriva le lendemain avec deux sacs, une énergie féroce et un plan déjà presque trop détaillé.— Je refuse que tu te présentes au Kronen Club comme une héroïne tragique allant reprendre possession du lieu du crime, déclara-t-elle en déposant les sacs sur le canapé. Donc on travaille.Alena, assise à la table de la cuisine avec une tasse de thé qu’elle ne boirait probablement pas, leva un sourcil.— “Le lieu du crime”, rien que ça.— Très bien, le lieu de la catastrophe luxueuse. Appelle ça comme tu veux.Sabine, déjà là avec sa tablette et son carnet noir, ne releva même plus les formules de Clara. Elle les utilisait parfois comme on utilise un détonateur pour réveiller Alena de sa paralysie.— Nous avons peu de temps, dit-elle. Greta a disparu de l’appartement ce matin avec un arrêt maladie soudain. Son agence ne répond plus très clairement. C’est pratiquement un aveu.La mâchoire d’Alena se contracta.— Je la veux.— Nous l’aurons peut-être plus tard, répondit Sabine. Pour l’in







