LOGINElles étaient dans le salon de Judith, le carnet ouvert entre elles, les notes de la rue des Glycines étalées sur la table basse, quand le téléphone de Judith sonna.
Elle regarda l'écran. Se leva sans un mot. Alla dans le couloir, ferma à demi la porte.
Elles étaient dans le salon de Judith, le carnet ouvert entre elles, les notes de la rue des Glycines étalées sur la table basse, quand le téléphone de Judith sonna.Elle regarda l'écran. Se leva sans un mot. Alla dans le couloir, ferma à demi la porte.Élise entendit sa voix — basse, le ton d'avant le contentieux, quelque chose de plus vieux entre eux deux. Quelques phrases courtes. Un rire discret. Puis le silence d'une minute.Judith revint dans le salon avec son téléphone et le tendit vers Élise avec le naturel désarmant de quelqu'un qui passe le sel.
Il resta dans le bureau fermé longtemps après qu'elle fut partie.Il entendit ses pas dans l'escalier — ce pas qu'il connaissait depuis sept ans, régulier, sans hâte, le pas de quelqu'un qui sait où il va. Il entendit la porte d'entrée. Il entendit le portail. Puis rien.Il ne bougea pas.Il était debout au milieu de son bureau, les bras croisés, et il regardait l'endroit où elle s'était tenue — devant la porte, son sac sur l'épaule, son manteau boutonné — et il essayait de retrouver la mécanique habituelle, celle qui classait, qui calculait, qui
Elle ne l'appela pas pour prévenir.Elle prit sa voiture, traversa Villeneuve dans le froid de décembre, prit la route des hauteurs, et se gara devant la villa à dix heures vingt. Les platanes avaient perdu leurs dernières feuilles. La grille était ouverte.Elle sonna.Vanessa ouvrit — en jean, les cheveux attachés, avec une expression de quelqu'un qui ne s'attendait pas à ça mais qui n'en montrait pas trop. Elle s'effaça sans un mot, et très bas en la laissant passer :— Il est dans son
Elle appela Judith à sept heures du matin.Judith décrocha à la deuxième sonnerie avec la voix de quelqu'un qui était déjà réveillée mais qui ne l'admettrait pas.— Il est sept heures.— Je sais.— Tu n'appelles jamais à sept heures.— Je sais.Un silence de deux secondes — Judith qui lisait le ton, qu
Adrien avait reçu l'appel un vendredi matin, à huit heures dix.Le docteur Vernais — le même depuis huit ans, le seul depuis huit ans — avait une voix de médecin qui sait comment déposer les nouvelles sans les lâcher : posée, précise, avec ce dosage professionnel de la chaleur qui n'est pas de la froideur mais qui n'est pas non plus de l'amitié.— Monsieur Chevalier-Dumas. J'ai les résultats du bilan annuel. Pouvez-vous passer cette semaine ?— Dites-moi par téléphone.
Élise ne chercha pas ce soir-là.Elle rentra aux Tilleuls, mangea le dîner de sa mère, écouta son père expliquer que le merle avait développé une résistance au dispositif phase deux et qu'une phase trois était à l'étude, et elle monta dans la chambre du fond à vingt et une heures avec l'intention de dormir.Elle ne dormit pas.À minuit, elle alluma la lampe en opaline.Ce n'était pas les questions habituelles qui l'avaient réveillée — pas la rue d







