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Chapitre 2 : l'attaque 

Author: Darkness
last update Petsa ng paglalathala: 2025-11-01 22:14:12

Angèle 

L’entretien est un duel. Il pose des questions précises, incisives, testant mes connaissances, ma résistance à la pression. Je réponds avec une assurance calculée, citant des chiffres, des tendances, proposant une analyse risquée d’une de ses acquisitions. Je vois une lueur d’intérêt, fugace, s’allumer dans son regard de glace.

— Vous avez de l’audace, mademoiselle, remarque-t-il, se penchant en avant, les mains jointes sur le bureau. Son regard parcourt mon visage, puis descend le long de mon cou, avec une lenteur délibérée. Beaucoup d’audace pour quelqu’un d’aussi… jeune.

Le sous-entendu est clair. Mon corps fait partie de l’épreuve. Un frisson de dégoût et d’excitation malsaine me parcourt. Je soutiens son regard, refusant de baisser les yeux.

— L’audace est une monnaie d’échange dans votre entreprise, je présume ? je rétorque, un léger sourire aux lèvres.

Néron Valesco sourit à son tour. Un sourire lent, dangereux, qui n’atteint pas ses yeux.

— En effet. Et je paie très cher cette monnaie-là.

La porte du bureau s’ouvre à la volée, sans coup frapper.

L’intrusion est comme un coup de tonnerre. Un homme jeune se tient sur le seuil. Il a hérité du magnétisme de son père, mais chez lui, il est transformé en une énergie sauvage et impulsive. Des cheveux noirs en désordre, un costume impeccable mais dont la veste est ouverte, la cravate desserrée. Ses yeux, d’un bleu électrique, balayent la pièce et se plantent sur moi avec une intensité qui manque de me faire tressaillir.

— Père. Désolé de te déranger, j’avais… Sa voix, plus rauque, plus jeune, mais tout aussi chargée d’autorité, s’arrête net. Il me toise, un sourcil levé, un sourire arrogant aux lèvres. … une question urgente. Mais je vois que tu es occupé.

Néron Valesco n’a pas bronché. Son visage est un masque de pierre.

— Rabis, tu connais les règles. Frappe avant d’entrer.

Rabis. Le fils.

Rabis ignore la remarque. Ses yeux n’ont pas quitté les miens. Il entre dans la pièce, approchant avec la démarche souple d’un fauve. Il sent le cuir, le bois épicé et l’arrogance.

— Et qui est votre… nouvelle recrue ? demande-t-il, le mot « recrue » traînant avec une insinuation délibérée.

— Mademoiselle Derval est candidate pour le poste de conseillère stratégique junior, répond Néron, la voix neutre.

Rabis s’arrête à côté de mon fauteuil, si près que je peux sentir la chaleur qui émane de lui. Il se penche, posant une main sur le dossier de mon siège, m’emprisonnant sans me toucher.

— Enchanté, mademoiselle Derval, dit-il, son regard bleu plongeant dans le mien avec une audace qui frise l’impudeur. Rabis Valesco. Je suis sûr que nous aurons l’occasion de… travailler ensemble. Très étroitement.

Le défi dans sa voix est palpable. Une marque de territoire. Un avertissement. Je sens un mélange de rage et de quelque chose de plus primitif, de plus dangereux, monter en moi. Je suis prise entre deux forces, deux tempéraments opposés mais également prédateurs.

Je lève les yeux vers lui, refusant de me laisser intimider. Mon cœur cogne contre mes côtes, un tambour de guerre.

— L’avenir nous le dira, monsieur Valesco, je réponds, ma voix étonnamment stable.

Néron observe la scène, un éclat indéchiffrable dans son regard gris. Il voit l’étincelle entre nous, la tension palpable. Et il n’a pas l’air mécontent.

— Je pense que l’entretien est terminé, mademoiselle Derval, annonce Néron, me ramenant à lui. Nous vous contacterons.

Je me lève, sentant le regard de Rabis sur moi, un poids presque physique qui me suit tandis que je traverse la pièce. À la porte, je me retourne pour une dernière courtoisie.

Mes yeux rencontrent ceux de Néron. Il me fixe avec une intensité dévorante, comme s’il voyait déjà à travers mes défenses, comme s’il contemplait déjà ma soumission.

Puis mon regard glisse vers Rabis, qui, adossé au bureau de son père, m’adresse un sourire carnassier, promettant sans équivoque un jeu bien différent.

Je sors du bureau, le corps vibrant, l’esprit en alerte. L’ascenseur redescend, mais je ne suis plus la même. La colère froide a été tempérée, forgée en une arme plus complexe. J’ai vu mes ennemis. L’un, un glacier calculateur qui veut me posséder. L’autre, un incendie impulsif qui veut me consumer.

J’ai allumé la mèche. Maintenant, je dois danser avec les flammes. Et alors que je retrouve l’air libre, une seule pensée m’habite, une pensée qui est à la fois une peur et une excitation terrible :

Dans cette guerre, qui de nous trois brûlera le premier ?

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