OphélieLa sieste a été un gouffre noir et doux, sans rêves, un anéantissement bienfaisant. Quand j’émerge, la lumière a changé. Elle est dorée, oblique, coupante. Celle du soir. La maison est silencieuse, mais d’un silence vibrant, plein. Un bruit d’eau coule au loin, la douche peut-être. Je suis couchée sur le côté, un coussin entre les genoux, la couverture remontée jusqu’au menton. Le poids de la conversation du matin, des larmes, s’est évaporé. Il ne reste qu’une lucidité calme, un peu tremblante, et dans tout mon corps, un besoin.Un besoin de lui.Pas de paroles, pas de promesses. De peau. De preuve charnelle, immédiate, que nous sommes vivants, ensemble, malgré tout.Je pousse la couverture, m’assois lentement. Mon ventre est lourd, un globe tendu où la vie danse par intermittence. Je pose mes pieds nus sur le parquet frais. La maison de Marc… notre maison, maintenant, pour un temps. Je chemine jusqu’à la chambre.La porte est entrouverte. La salle de bain adjacente est vide,
Last Updated : 2025-12-23 Read more