Giulia Le palazzo Medici est illuminé comme un catafalque. Des centaines de torches projettent sur les façades de pierre blonde des ombres vacillantes, déformées, monstrueuses, qui transforment les invités en une procession de spectres. La musique s'échappe par les fenêtres ouvertes, un madrigal lent, presque funèbre, qui se répand dans la nuit romaine comme un parfum de décomposition. Je suis debout devant le grand portail, une main posée sur le bras de ma tante, l'autre serrant un éventail qui ne me sert à rien dans la fraîcheur nocturne. Ma robe est noire. Velours de Gênes, dentelle de Burano, perles de rivière cousues une à une sur le corsage. Une armure taillée pour séduire, pour impressionner, pour écraser. Pour la première fois de ma vie, je ne veux pas entrer. Depuis trois jours, je répète ce rôle dans ma tête. Le rôle de Giulia Farnese, la courtisane, la manipulatrice, la femme qui fait to
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