AlessandraJe reste là.Le tapis, épais et rugueux contre ma joue, sent le cuir, la sueur, le sexe. L’odeur de lui. De nous. L’odeur de la défaite.Mon corps est une marée basse, un champ de ruines après le passage du tsunami. Tout palpite. Mon sexe, surtout. Un battement sourd, douloureux, honteux, qui rappelle chaque poussée, chaque frottement, chaque ordre murmuré. Une pulsation intime, un souvenir physique qui refuse de s’éteindre.Comment est-ce possible ?La question monte, lente et gluante, du fond des décombres de mon cerveau. Comment est-ce possible d’avoir ressenti… ça ? Sous la colère, sous la honte brûlante qui me cuit les joues, il y a cela : un écho de la décharge, de la perte de contrôle totale, de l’abandon obscène. Une jouissance qui m’a dévorée de l’intérieur. Je l’ai détestée. Je la déteste. Et pourtant, mon corps, ce traître, ce complice, en frémit encore.Merde.Le mot explose silencieusement dans mon crâne. C’était intense. Pas juste le sexe. La guerre. La posses
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