Lilith Le noir. Un noir absolu, sans début ni fin. Pendant un temps que je ne peux mesurer, je flotte dans cette obscurité, détachée de tout. Il n'y a ni douleur, ni peur, ni désir. Juste le vide. Un vide qui me connaît bien.Puis une lumière. Faible d'abord, comme une aiguille qui perce le tissu épais de l'inconscience. Elle grandit, s'intensifie, et avec elle revient le monde sous forme de sensations éparpillées.Une douleur. Immense, sourde, irradiant de ma poitrine vers mes membres. Une raideur dans tout le corps, comme si on m'avait coulée dans du béton. Une chaleur humide sur mon front, quelqu'un qui essuie ma peau avec un linge tiède.Le souffle de quelqu'un. Une présence.J'ouvre les yeux.Le plafond est celui de ma chambre, dans le manoir Moretti. Les moulures blanches, le lustre en cristal que ma mère avait choisi, les rideaux de velours rouge que j'ai toujours trouvés trop pompeux. Tout est à sa place. Mais quelque chose a changé. L'air est plus lourd, chargé d'une densité
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