La maison gémit à nouveau.Plus proche cette fois. Plus présent. Le son vient du mur lui-même, juste derrière le mot. Comme si le mot était une bouche et que le gémissement sortait de cette bouche. Comme si elle confirmait les paroles de Marc. Comme si elle disait oui, c'est moi, j'ai écrit ce mot, écoutez-moi, comprenez-moi, j'ai attendu si longtemps que quelqu'un comprenne.Nous restons tous les trois debout dans le salon, face au mot griffé sur le mur. La lune poursuit sa course lente derrière la fenêtre. Les braises meurent dans l'âtre, une à une, comme des yeux qui se ferment. L'obscurité gagne du terrain, engloutit les meubles, les tableaux, les souvenirs. Bientôt il n'y aura plus que nous, et le mot, et la respiration de la maison.— Il faut comprendre, dis-je. Ma voix est ferme, plus ferme que je ne le suis vraiment. Comprendre ce que le Compositeur veut échanger. Et contre quoi. Il ne fait rien au hasard. S'il a écrit ce mot maintenant, cette nuit, c'est qu'il veut que nous s
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