LaurenceDans la chambre, je claque la porte, pas trop fort. Je m’adosse contre le bois, les yeux fermés, luttant pour respirer. Le lit, large, accueillant, est un champ de mines. Notre lit. Où, ce soir, il voudra sans doute me toucher. M’aimer. Et moi…Je me déshabille, évitant de regarder mon corps dans la glace de l’armoire. J’enfile un vieux pull et un jean. Des vêtements de cachette. Quand je ressors, il a mis la table, allumé des bougies. Il a sorti le vin. La scène est idyllique. Un cauchemar parfaitement mis en scène.Le dîner est un exercice de haute voltige. Je mastique, je souris, je hoche la tête. Je raconte des bribes anodines de ma journée, en omettant l’unique événement qui a tout anéanti. Je parle de la réunion, des chiffres, de la climatisation trop forte. Je mens avec une fluidité qui m’épouvante.Il parle de son jour, de ses collègues, d’un projet. Sa voix est un bruit de fond rassurant. Je le regarde. Ses mains qui manipulent la fourchette. Ses lèvres qui sourient.
Last Updated : 2026-01-25 Read more