Il ne dit rien.– Maintenant, dit-il, passe la première.– Je sais même pas où est la première.– À gauche et en haut. Enfonce l'embrayage.Mon pied cherche la pédale. Je la trouve du bout des orteils, l'enfonce jusqu'au plancher. Ma jambe est trop courte, je dois me tendre, mon short remonte sur ma cuisse, je sens le cuir du siège sous ma peau, la couture qui imprime sa marque.– Tire le levier vers toi et pousse vers le haut.Je pose ma main sur le pommeau. Il est rond, chaud, usé par les ans, par les mains de Samuel, par toutes les heures qu'il a passées à conduire, à penser, à s'échapper. Ma main est moite, tremblante. J'essaie de le tirer, mais il ne bouge pas.– Plus fort.J'essaie encore. Rien. Le pommeau reste figé, comme s'il se moquait de moi, comme s'il savait que je ne sais pas, que je ne su
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