AuréliaLes jours suivants furent étranges, suspendus. Nous vivions sous le même toit, partagions les mêmes repas, dormions dans le même lit – car Matteo était revenu le lendemain, silencieux, mais présent. Pourtant, quelque chose avait changé. Une distance, un retrait, une douleur qu'il ne montrait pas mais que je sentais.Il partait tôt, rentrait tard. Ses réunions s'allongeaient, ses absences se multipliaient. Quand il était là, il était là tout entier, mais je sentais qu'il retenait quelque chose. Comme s'il avait peur de me toucher, de me parler, de me perdre.Moi, je pensais à Adriano. À ses mains sales de terre. À ses yeux verts. À ce qu'il avait dit : « Je te désire. »Un matin, Matteo m'annonça qu'il serait en réunion toute la journée. Une affaire importante, avec des
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