ClaraLe retour à la vie prend du temps. Des mois. Des années, peut-être. Je n'en suis qu'au début du chemin, et chaque pas est une victoire arrachée à la douleur, au deuil, à la tentation de tout abandonner.La première chose que je fais, en rentrant à Paris, c'est de prendre rendez-vous avec un psychiatre. Pas un psychologue, pas un thérapeute , un vrai médecin, qui peut me prescrire des médicaments si nécessaire. J'ai compris, au fond du lac, que ma souffrance n'était pas seulement morale. Elle était physique, chimique, neurologique. Mon cerveau ne produisait plus assez de sérotonine, de dopamine, de tout ce qui fait qu'on se lève le matin et qu'on trouve la force de continuer.Le diagnostic tombe rapidement : dépression sévère, stress post-traumatique aggravé par le deuil. Le médecin me prescrit des antidépresseurs et un suivi hebdomadaire. J'accepte tout sans discuter. J'ai décidé de vivre, et vivre, pour l'instant, ça veut dire accepter de se faire aider.Les premières semaines
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