Je me jette dans ses bras sans réfléchir, et mes bras se referment sur du froid, sur du brouillard, sur une présence qui n'a pas la consistance de la chair mais qui est pourtant bien réelle, bien tangible, bien vivante à sa manière. Il ne peut pas me serrer contre lui, pas vraiment, mais je sens son étreinte fantôme qui m'enveloppe, qui me protège, qui m'aime.— Une nuit par an, je répète, le visage enfoui dans le creux de son cou glacial. C'est tellement peu. C'est tellement immense.— C'est plus que ce que j'aurais jamais osé espérer. C'est plus que ce que nous avions avant. Avant, nous n'avions que la pleine lune, et tu ne pouvais même pas me toucher sans gants. Maintenant, tu peux me voir, me parler, m'aimer. Une nuit par an, c'est une éternité pour ceux qui savent attendre.Je relève la tête, et je plonge mes yeux dans les siens. Il est là, Gabriel, le fantôme du lac, l'amour de ma vie, le miracle qui m'a sauvée de la noyade et du désespoir. Il est là, et il sera là tous les ans,
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