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Chapitre 187 : Le voyage

last update Fecha de publicación: 2026-09-02 08:16:00

— Élisa

Nous partons au Portugal en mai, dix jours, sans programme. Lisbonne d'abord, puis le nord, puis n'importe où selon l'humeur. Rien de spectaculaire , c'est le mot que je répète à Clara, et qui la rassure à moitié. Des tramways jaunes qui grincent dans les ruelles, du soleil sur les azulejos, des cafés où l'on boit des bicas debout au comptoir, du linge qui sèche aux fenêtres au-dessu

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  • Jusqu'à l'obsession    Chapitre 189 : Le pacte

    — ÉlisaLa décision d'habiter ensemble prend des mois, et ces mois-là sont peut-être la chose la plus saine de toute notre histoire.Parce que nous en parlons. Vraiment. Pas comme on glisse vers une évidence, par paresse, par peur de la solitude, par habitude , mais comme on négocie un pacte entre deux pays souverains. Nous faisons des listes, presque avec humour, mais pas tout à fait. Ce qui est non négociable. Pour moi : un atelier dans l'appartement, une pièce qui soit à moi, avec une porte. Des matinées de solitude garanties. Le droit de partir quelques jours, parfois, sans rendre de comptes. Pour lui : son établi, ses horaires de marche solitaire le dimanche, le silence après vingt-deux heures.Et puis il y a la question du lieu, la plus importante de toutes, et c'est moi qui la pose :— Pas chez toi. Pas chez moi.Il comprend im

  • Jusqu'à l'obsession    Chapitre 188 : La maison vide

    — ÉlisaJ'y vais un jeudi matin, seule, sans le dire à personne. Pas à Gabriel, pas à Clara, pas à Claire. Ce n'est pas un secret , c'est une chose qui ne concerne que moi, une visite que je dois faire sans témoin, comme on retourne seul sur une tombe.L'immeuble est là, dans sa rue calme du septième, identique. La façade haussmannienne, les balcons de fer forgé, la porte cochère verte dont la peinture s'écaille exactement comme avant. Le gardien n'est plus le même , un homme jeune, que je ne connais pas, traverse la cour avec un sac de courses, et je suis soulagée de ne pas reconnaître, et de n'être pas reconnue.Je reste sur le trottoir d'en face, une dizaine de minutes. Je regarde les fenêtres du quatrième. Les rideaux ont changé. Il y a une plante sur le balcon, un géranium rouge, chose impossible du temp

  • Jusqu'à l'obsession    Chapitre 187 : Le voyage

    — ÉlisaNous partons au Portugal en mai, dix jours, sans programme. Lisbonne d'abord, puis le nord, puis n'importe où selon l'humeur. Rien de spectaculaire , c'est le mot que je répète à Clara, et qui la rassure à moitié. Des tramways jaunes qui grincent dans les ruelles, du soleil sur les azulejos, des cafés où l'on boit des bicas debout au comptoir, du linge qui sèche aux fenêtres au-dessus des rues escarpées, des sardines grillées sur des terrasses bancales, du vin vert trop frais.Et c'est exactement dans cette banalité que je découvre quelque chose d'immense.Je m'en aperçois le troisième jour, assise dans un tramway qui descend vers l'Alfama, Gabriel à côté de moi qui dort, la tête ballottée par les secousses. Je regarde les passagers, les façades, la ville, et soudain je ré

  • Jusqu'à l'obsession    Chapitre 186 : Le choix

    — ÉlisaPendant une semaine, je porte la question avec moi comme une pierre dans ma poche : est-ce que je réponds ?Il serait si facile d'écrire quatre lignes. Élégantes, mesurées, définitives. Quelque chose comme : J'ai lu ta lettre. Je te souhaite de devenir quelqu'un de bien. Ne m'écris plus. Une clôture propre, un dernier mot posé comme un couvercle sur un bocal. Il y aurait une satisfaction là-dedans, je ne me mens pas. La satisfaction de finir le chapitre par un point final de ma main. La satisfaction, peut-être, de lui montrer ma force.Claire m'écoute en parler, un soir, et elle me demande :— Pour qui tu écrirais ? Pour toi, ou pour lui ?La question me cloue. Parce que je ne sais pas. Parce que si j'écris pour moi, pour clore, alors la lettre n'est pas nécessaire , la clôture a déjà eu

  • Jusqu'à l'obsession    Chapitre 185 : Le retour d'Adrien

    — ÉlisaLa lettre arrive par l'intermédiaire de mon avocate, dans les formes, légalement, avec toutes les précautions que la justice impose. Elle est dans une enveloppe blanche, dans une enveloppe plus grande, comme un poison sous triple verre. Mon avocate me téléphone d'abord pour me prévenir : ce n'est pas une violation de l'interdiction de contact, me dit-elle, la lettre est passée par son avocat, elle est déposée, elle est autorisée, et je suis libre de la lire ou de la détruire sans l'ouvrir.Je la garde trois jours sur ma table sans y toucher. Pas par peur, je m'en rends compte avec surprise. Par prudence. Je veux choisir mon moment, être prête, être seule, être calme. Le quatrième soir, je fais du thé, je m'assois, et j'ouvre.L'écriture est la même, fine et penchée, et quelque chose en moi tress

  • Jusqu'à l'obsession    Chapitre 184 : Clara pardonne mal

    — ÉlisaJe présente Gabriel à Clara un dimanche, autour d'un déjeuner chez elle. Elle l'accueille avec cette chaleur professionnelle qu'elle réserve aux gens qu'elle jauge, et pendant deux heures, je la regarde l'observer. Je la connais par cœur, ma sœur. Je vois ses yeux qui notent tout : la manière dont il passe les plats sans se mettre en avant, la manière dont il l'écoute quand elle parle de son travail, la manière dont il ne m'interrompt jamais, dont il ne parle jamais à ma place, dont il ne corrige jamais mes propos. À la fin du repas, il débarrasse la table sans qu'on le lui demande, et je surprends le regard de Clara. Il est troublé. Presque fâché.Quand il est parti, elle m'aide à la cuisine et elle me dit, sans préambule :— Il est bien. Trop bien, peut-être.— Qu'est-ce que &cced

  • Jusqu'à l'obsession    Chapitre 34 : Mon refuge

    Elle me regarde, hoche la tête. Sophie me connaît depuis quinze ans. Elle a vu mes amours, mes déceptions, mes renoncements. Elle sait que celle-ci est différente.– Tu l'appelles comment, maintenant ?– Quoi ?– Lui.

  • Jusqu'à l'obsession    Chapitre 33 : Le cocon 2

    Je me jette dans ses bras, le mouillant complètement.– Je t'aime aussi. Même quand tu es trop protecteur. Surtout quand tu essaies de ne pas l'être.On reste comme ça, enlacés, pendant que l'eau dégouline de mes vête

  • Jusqu'à l'obsession    Chapitre 6 — L’empreinte sous la peau

    ÉlisaJe rentre chez moi en fin d’après-midi.J’ai quitté Adrien plus tard que prévu. Beaucoup plus tard. Le temps s’est dissous entre ses draps, dans ses bras, dans ses silences chargés et ses regards qui me déshabillaient encore même après la nuit.Quand je sors de son immeuble, le jour est déjà

  • Jusqu'à l'obsession    Chapitre 5 — La marque du matin

    ÉlisaJe me réveille avant lui.La lumière grise de l’aube glisse sur les draps froissés, sur nos corps encore emmêlés, sur la preuve silencieuse de la nuit que nous venons de traverser.Pendant quelques secondes, je ne bouge pas.Je sens sa respiration régulière contre ma nuque. Son bras lourd aut

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