ALICEOn m’a dit de me préparer. Qu’il viendrait me chercher.On m’a même donné une heure précise, comme si ces chiffres alignés sur un planning pouvaient rendre l’inconnu moins terrifiant, comme si le temps, soudain découpé en tranches nettes, pouvait me protéger de ce qui allait arriver.Et puis plus rien.Alors j’attends.La chambre est silencieuse, mais ce n’est pas le silence apaisant d’une nuit d’été ou celui, feutré, d’une bibliothèque. Non, c’est un silence artificiel, stérile, qui avale les sons au lieu de les laisser vivre. Un silence de laboratoire, de blouse blanche, de mains gantées. Il pèse sur mes épaules comme une couverture trop lourde, étouffante.L’odeur du désinfectant me pique le nez, âcre et tenace. Elle imprègne tout : les draps rêches sous mes doigts, l’air que je respire, ma peau elle-même. Je me demande parfois si je vais finir par sentir le propre, le stérilisé, si cette odeur va s’incruster en moi comme une seconde peau.Je suis assise au bord du lit, les m
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