AlessiaTrois nuits après la nuit du canapé vert, elle revient.Je pensais qu'elle ne reviendrait plus. J'avais parlé à Davide, il avait lu Pavese, je m'étais endormie contre son épaule, et le matin, quand la lumière était entrée par la verrière, je m'étais dit : voilà, c'est passé, j'ai touché le fond, maintenant ça remonte.C'était naïf.Je ne savais pas encore que la dépression n'est pas une pente. Ce n'est pas un tunnel qu'on traverse d'un bout à l'autre en marchant droit devant. C'est une marée. Elle monte, elle descend, elle revient plus haut, elle se retire plus bas. Elle ne suit aucun calendrier. Elle ne récompense pas les efforts. Elle ne punit pas les rechutes. Elle avance et recule selon des lois qui n'appartiennent qu'à elle.Ce soir, elle est revenue.Elle est revenue vers dix-neuf heures, sans prévenir, sans raison. Davide était sorti chercher du pain — il avait fait exprès de sortir, je crois, parce que je lui avais dit je vais bien ce soir, va prendre l'air, tu tournes
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