Je pense au grenier, là-haut, sous les toits. À mes toiles qui m'attendent, sagement alignées contre les murs, protégées par des draps. À mes pinceaux, trempant dans des pots de confiture recyclés, leurs pointes encore humides de la peinture de la nuit dernière. À mes couleurs, ces tubes cabossés que j'achète en cachette, un à un, avec les quelques pièces que j'arrive à économiser sur le budget du ménage. À l'odeur de la térébenthine et des pigments, cette odeur qui est mon enfance, mon adolescence, ma vie entière, la seule chose qui me rattache encore à celle que j'étais avant.Je pense à la lettre de la Galleria Bianchi, cette lettre qui a changé ma vie, qui dort pliée en quatre dans une enveloppe, cachée sous une lame du parquet. « Votre travail est remarquable. Nous souhaitons vous exposer. » Mon travail. Mes œuvres. Mes nuits de solitude et de douleur, transformées en formes et en couleurs, et reconnues, admirées, désirées par un galeriste de Milan. La comm
Last Updated : 2026-06-07 Read more