La navette sentait l'essence et le plastique chaud.Après cinq jours de forêt, de lagon et d'air salé, le retour vers la civilisation avait quelque chose de légèrement brutal — comme sortir d'un rêve en pleine lumière. Les huit passagers étaient silencieux, chacun regardant s'éloigner Motu Iti depuis le pont arrière. L'île rapetissait lentement, sa ligne verte se fondant dans le bleu, jusqu'à n'être plus qu'un point sur l'horizon.Puis plus rien.Léa regardait l'eau. Mathis était debout à côté d'elle, les avant-bras posés sur le bastingage, et ils ne parlaient pas, mais c'était un silence choisi, pas subi. Le genre de silence qu'on partage quand on n'a plus besoin de remplir l'espace.À l'aéroport de Tahiti, ils échangèrent leurs numéros. Geste simple, presque banal, qui aurait pu n'être rien. Mathis entra son numéro dans le téléphone de Léa avec le même sérieux qu'il mettait à signer un contrat. Elle faillit sourire.« Ton vol, c'est quand ? demanda-t-il.- Demain matin. Je rentre ch
Dernière mise à jour : 2026-04-26 Read More