Quand elle rentra, Gabriel était déjà là, assis dans le salon, le téléphone à la main. Il ne leva pas les yeux.« Tu es sortie ? »« Oui. »« Où ça ? »« Nulle part. »Il haussa les épaules, ne posa pas d’autres questions. Elle monta se coucher. Dans la salle de bain, elle se regarda dans le miroir. Les cernes étaient plus profonds, les yeux plus ternes, les traits plus tirés. L’hébétude avait marqué son visage, comme une eau qui use la pierre.Elle ouvrit le tiroir, sortit la boîte en fer, la caressa du bout des doigts. Les preuves étaient là. Les analyses, les ordonnances, les comptes rendus. Toute la vérité. Mais elle n’avait plus la force de s’en servir. Elle la rangea, referma le tiroir.Cette nuit-là, elle ne rêva pas. Elle dormit d’un sommeil lourd, sans images, sans voix. Au matin, elle se réveilla avec la même fatigue, le même vide, la même absence. Les « vitamines » étaient sur la table. Gabriel allait partir. Elle les regarda, les prit dans sa main, les rangea dans sa poche
最終更新日 : 2026-05-03 続きを読む