Je continue, lentement, avec une lenteur délibérée, presque cruelle, chaque mouvement est une caresse et une torture, chaque seconde une éternité de plaisir et de frustration, et je le pousse dans ses retranchements, je le mène au bord du précipice, je le fais basculer, encore et encore, sans jamais le laisser retomber, sans jamais lui donner ce qu'il attend, ce qu'il veut, ce dont il a besoin. Il crie, il gronde, il me supplie, il me maudit, il m'aime, il me hait, il me veut, il me prend, il me donne tout ce qu'il a, tout ce qu'il est, tout ce qu'il sera jamais, et moi, dans ces instants, je reprends le pouvoir, celui qu'il m'a pris sans le savoir, celui que Vernet m'a arraché avec ses menaces et son chantage, celui que l'hôtel m'a volé en me réduisant à une ombre, une silhouette, une femme de chambre invisible. Quand c'est fini, nous restons allongés l'un contre l'autre, les corps épuisés, vidés, lessivés, mais les esprits apaisés, les
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