Il se lève. Il se rhabille en silence, dans la pénombre de la chambre, pendant que je reste allongée sur le lit, nue, incapable de bouger. Je regarde ses mouvements, la façon dont il boutonne sa chemise, dont il noue sa cravate, dont il enfile sa veste. Chaque geste est une condamnation. Chaque seconde qui passe m'éloigne un peu plus de l'innocence.Avant de partir, il s'arrête devant la porte. Il pose sa main sur la poignée, mais ne tourne pas. Il reste là, immobile, le dos tourné, comme s'il hésitait.— Vittoria ?Je ne réponds pas. Je ne tourne pas la tête. Je fixe le plafond, les taches d'humidité qui dessinent des cartes d'îles inconnues.— Quoi qu'il arrive, souviens-toi de ceci. Je t'aime. Je t'ai toujours aimée. Depuis le premier jour, depuis le premier regard, depuis ce gala où tu jouais du Chopin et où j'ai oublié
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