Vittoria Je devrais avoir peur. Je devrais reculer. Je devrais pleurer, supplier, fuir comme une proie. C'est ce que ferait une femme raisonnable. C'est ce que ferait quelqu'un qui tient à sa vie. À la place, je le frappe. De toutes mes forces. Ma main claque contre sa joue , un bruit sec, humide, violent qui résonne dans le bureau comme un coup de fouet. Sa tête pivote sous l'impact, violemment, et une mèche de ses cheveux noirs tombe sur son front. La marque de mes doigts apparaît immédiatement, rouge vif, comme une fleur vénéneuse qui s'épanouit sur sa peau pâle. Il ne se défend pas. Il ne bronche même pas. J'attends. Je m'attends à ce qu'il lève la main à son tour. Je m'attends à ce qu'il me frappe, qu'il me crie dessus, qu'il me jette contre le mur. Je connais les hommes. Je sais ce dont ils sont capables quand on les humilie. Leonardo tourne lentement la tête vers moi. Sa joue est rouge, déjà tuméfiée. Une veine palpite à sa tempe. Mais ses yeux , ses yeux sont calmes.
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