Elle sourit doucement. — Vittoria. Regarde le jardin. — Je regarde. — Il y a onze personnes dans ce jardin en ce moment. Onze. Nous quatre, plus Elio qui est dans le salon, plus Sofia, plus Chiara, plus Luca, plus les deux qui manquent — Elio dans le salon, et... Elle sourit. — J'ai perdu le compte. C'est ça qui compte. Je ris. — Tu as perdu le compte. — J'ai perdu le compte. On était cinq il y a vingt-deux ans. Aujourd'hui je n'arrive plus à compter. C'est ça, avoir bien fait. Quand on ne peut plus compter, c'est qu'on a gagné. Je regarde à nouveau le jardin. Le soleil commence à décliner. La lumière tourne à l'orange. Le tilleul est immense au-dessus de nous, plus grand qu'il y a vingt-deux ans, avec des branches qui s'étendent plus loin, avec ses feuilles qui commencent à jaunir. Sofia et Chiara arrêtent leur badminton. Elles viennent vers nous. Chiara est essoufflée, ses joues sont rouges. Sofia lui tient la main. Elle nous regarde, un peu défiante et un peu tendre à l
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