Ils passèrent devant un stand de meubles anciens. Des commodes bancales, des tables boiteuses, des fauteuils défoncés. Ophélie s’arrêta devant une petite table de chevet en merisier, toute simple, au plateau fendu et aux pieds vermoulus. — Regardez-moi ça, dit-elle. C’est affreux. — C’est magnifique, corrigea Raphaël. Regardez les assemblages. Tenons et mortaises, comme on n’en fait plus. Le bois est malade, mais il peut être sauvé. Avec un bon ponçage, un traitement contre les vers, une nouvelle couche de cire... — Vous la restaureriez ? — Bien sûr. C’est ce que je fais. Je redonne vie aux choses. Ophélie regarda la table de chevet avec une attention nouvelle. Elle était laide, c’était vrai. Abîmée, poussiéreuse, abandonnée. Mais quelque chose dans sa forme, dans la simplicité de ses lignes, dans la noblesse de son bois malmené, lui parlait. Elle avait survécu à des décennies d’indifférence, de déménagements, de propriétaires qui ne savaient pas ce qu’ils possédaient. Et elle éta
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