Il ne répondit pas. Il se contenta de la regarder, avec cette intensité qui la faisait frissonner, et elle soutint son regard sans baisser les yeux. Quelque chose avait changé entre eux. La barrière qui les séparait s’était fissurée, et à travers les brèches, la lumière passait. — Bon, dit Raphaël en rompant le silence. Assez parlé. Vous avez encore du travail. Il faut huiler la planche, maintenant. — Huiler ? — Oui. C’est la dernière étape. Je vais vous montrer. Il sortit un flacon d’huile de lin, un chiffon propre, et lui expliqua le geste. Lent, circulaire, régulier. Elle l’écouta attentivement, posa des questions, s’appliqua de son mieux. Et quand la planche fut enfin terminée, lisse et brillante sous la lumière de la verrière, elle recula d’un pas pour l’admirer. — Alors ? demanda Raphaël. Qu’est-ce que vous ressentez ? — De la fierté. C’est idiot, non ? Être fière d’une planche. — Ce n’est pas idiot. C’est le début de la sagesse. Elle retira ses gants, dénoua son tablier,
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