La voiture traversa la Seine, quitta les larges avenues pour des rues plus étroites, plus bruyantes, plus vivantes. Ophélie ouvrit les yeux et regarda défiler les façades, les boutiques, les cafés, les passants qui se pressaient sur les trottoirs. Tout cela lui paraissait étranger, presque irréel, comme un documentaire qu’on regarderait à la télévision sans vraiment y croire.— Nous arrivons, mademoiselle, dit le chauffeur.— Très bien.Elle se redressa, vérifia son reflet dans le miroir de poche qu’elle portait toujours sur elle. Le maquillage était parfait. L’expression, impénétrable. La posture, royale. Elle était prête. Elle était toujours prête.La Bentley s’arrêta devant une façade modeste, une vitrine poussiéreuse, une porte en bois qui avait connu des jours meilleurs. Quelques journalistes étaient déjà là, appareils photo en main, caméras braquées. Ils se précipitèrent vers la voiture dès qu’elle s’immobilisa.Ophélie inspira profondément. Le sourire se mit en place, automatiq
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