On le poussa sans ménagement vers la voiture banalisée. Avant de monter, il se tourna une dernière fois vers Ophélie, et dans ses yeux, il n’y avait plus de haine. Juste une immense fatigue. Une lassitude ancienne, qui datait peut-être de l’enfance, de cette rivalité avec son frère, de cette jalousie qui l’avait rongé toute sa vie.— Adieu, Ophélie, dit-il d’une voix sourde.— Adieu, Armel.La portière claqua, la voiture démarra, et le silence retomba sur la rue. Ophélie resta immobile un long moment, les yeux fixés sur le véhicule qui s’éloignait. Raphaël, à côté d’elle, ne disait rien. Il respectait ce silence, cette peine, cette étrange sensation de vide qui succède à la victoire.— C’est fini, murmura-t-elle enfin.— Oui. C’est fini.— C’était ma famille. Malgré tout ce qu’il a fait, c’était ma famille.— Je sais. C’est ça, le plus dur. On ne choisit pas sa famille. On la subit, on l’aime, on la déteste. Parfois les deux en même temps.— Mon père doit se retourner dans sa tombe. S
Read more