Raphaël la rejoignait souvent, après ses heures à l’atelier. Il arrivait en fin d’après-midi, les mains encore pleines de sciure, et il retroussait ses manches pour donner un coup de main. Il n’était pas maçon, ni électricien, mais il savait tout faire de ses mains. Poser une étagère, ajuster une porte, poncer un rebord de fenêtre. Les ouvriers l’avaient adopté, l’appelaient « le chef », lui demandaient conseil pour les finitions.Un soir, alors que le soleil se couchait sur le chantier désert, ils s’assirent tous les deux sur un tas de planches, face à la grande verrière qui donnait sur la cour intérieure. Ils étaient fatigués, sales, affamés. Mais ils étaient heureux.— Regarde, dit Ophélie en désignant l’espace devant eux. Là, ce sera l’atelier de menuiserie. Avec les établis, les outils, les machines. Et là-bas, près de la fenêtre, le coin des débutants. Ceux qui n’ont jamais touché un rabot de leur vie.— Comme toi, il y a six mois.— Comme moi. Sauf que moi, j’avais un excellent
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