Elle sourit, referma les yeux, et il continua à parler, d’une voix douce et régulière, comme on raconte une histoire à un enfant pour l’endormir. Il parla du bois, des outils, des projets à venir. Il parla de la table qui les attendait à l’atelier, de la maison qu’ils chercheraient ensemble, des enfants qui danseraient un jour sur le plateau de noyer. Il parla de tout, sauf de l’opération. Parce que l’opération, c’était pour demain. Et demain, c’était encore loin. Pour l’instant, il n’y avait que le présent. Ce moment fragile, suspendu, où ils étaient ensemble. Vraiment. Enfin. Pour toujours.***Ophélie ouvrit les yeux lentement, comme si elle émergeait d’un très long sommeil. La lumière blanche des néons l’agressa d’abord, puis elle distingua le plafond de la chambre, les murs pâles, les machines qui bipaient doucement à côté d’elle. Elle sentait une présence, une chaleur familière près de sa main. Elle tourna la tête, et vit Raphaël.Il était assis sur une chaise, les coudes posés
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