Lucien se retira. Ophélie resta seule dans son dressing, entourée de robes qui valaient chacune plusieurs mois de salaire de ses employés, et elle se rendit compte qu’elle ne savait pas comment s’habiller. C’était une sensation nouvelle. D’habitude, choisir une tenue était un acte automatique, presque mécanique. Elle ouvrait son dressing, attrapait la première robe qui lui tombait sous la main, et le résultat était toujours parfait. Elle avait ce goût inné, cette élégance naturelle qui faisaient d’elle l’une des femmes les plus photographiées de Paris. Mais ce soir-là, rien n’allait. Tout ce qu’elle essayait lui paraissait trop. Trop luxueux, trop voyant, trop héritière. Elle enfila une robe en soie bleue, se regarda dans le miroir, la retira aussitôt. Trop habillée. Elle essaya un tailleur-pantalon crème, le trouva trop sévère. Une jupe plissée, trop courte. Un chemisier en dentelle, trop transparent. Elle passa en revue sa collection de chaussures, de sacs, de bijoux, et chaque foi
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